Alors que le Tour de France 2026 s’élance depuis Barcelone, la Coupe du monde de football, qui se déroule en Amérique du Nord, s’impose comme un sujet de conversation incontournable dans le peloton. Selon Franceinfo - Sport, coureurs, staffs techniques et même certains supporters présents sur le parcours suivent avec assiduité les matchs, malgré des horaires parfois tardifs. Le quart de finale opposant la France au Maroc, programmé jeudi à 22 heures, concentre particulièrement l’attention, alors que les coureurs tentent de concilier passion pour le ballon rond et préparation de l’épreuve cycliste.
Ce qu’il faut retenir
- Le quart de finale France-Maroc, prévu jeudi à 22 heures, est l’un des matchs les plus attendus par le peloton, malgré l’heure tardive du coup d’envoi.
- Plusieurs coureurs français, comme Hugo Page (Cofidis) ou Matîs Louvel (NSN), ont annoncé qu’ils suivraient la rencontre en direct, quitte à sacrifier un peu de repos.
- Les horaires des matchs, parfois décalés en soirée ou en nuit, obligent les coureurs à adapter leur emploi du temps entre entraînement, récupération et visionnage.
- La Coupe du monde est aussi un sujet de rivalité au sein des équipes internationales, où les supporters des différentes sélections se croisent dans le paddock.
- Des hymnes, des maillots de sélection et des chants comme le « viking row » norvégien ont rythmé les étapes, rappelant la présence du Mondial dans l’ambiance du Tour.
Des horaires contraignants, mais une passion intacte
Le calendrier du Tour de France 2026 a été pensé pour éviter les chevauchements avec la compétition footballistique, mais certains matchs, comme le quart de finale France-Maroc, tombent à des horaires incompatibles avec une nuit de sommeil complète. À Lannemezan, au départ de la 5e étape mercredi 8 juillet, plusieurs coureurs français ont pourtant assuré qu’ils feraient une entorse à leur routine pour ne pas manquer l’affrontement. « C’est un peu plus tôt [que les matchs précédents], c’est quand même à 22 heures, donc forcément on regardera », a expliqué Hugo Page (Cofidis). « Ce n’est pas très sérieux, mais je pense qu’on va suivre tout le match quand même. La Coupe du monde, c’est tous les quatre ans, on profite. »
Matîs Louvel (NSN), lui, a prévu d’être « normalement devant la télé » : « Comme les matchs vont être à des horaires un peu plus acceptables, je vais pouvoir regarder ceux qui vont suivre, et j’espère jusqu’à la finale. » Le coureur, originaire de Seine-Maritime, a même anticipé sa soirée en programmant sa routine de récupération de manière à terminer ses massages et son repas à temps pour s’installer devant son écran. « J’espère avoir fini tout ça pour pouvoir me poser tranquille dans mon lit devant le match », a-t-il précisé.
Entre matchs surprises et stratégies d’équipe
L’organisation même des matchs influence les habitudes des coureurs. Quentin Pacher (Groupama-FDJ United), qui avait déjà regardé en groupe le match Argentine-Égypte dans le bus après l’arrivée à Foix, résume bien la situation : « À 22 heures, on peut regarder la première période. En espérant qu’ils aient fait le break à la fin [de la première période]. » Mais il reste lucide : « Bon, on voit bien avec les matchs qu’on a vus hier, Argentine-Égypte [victoire de l’Argentine 3-2 après avoir été menée 2-0], que ça peut vite changer. Donc je ne sais pas comment on va faire. »
Pour Tiesj Benoot (Decathlon-CMA CGM), l’occasion se présente plus tard dans la semaine : « [La Belgique] joue à 21 heures vendredi, donc je vais pouvoir les regarder. » Cette flexibilité horaire permet à certains coureurs de profiter pleinement des matchs de leur pays, même si d’autres, comme Isaac Del Toro ou Torstein Traeen, ont dû renoncer à suivre les rencontres de leur sélection en raison d’horaires trop tardifs.
La Coupe du monde s’invite dans l’ambiance du Tour
La présence du Mondial ne se limite pas aux écrans des coureurs. Dans les villages départ et les paddocks, l’ambiance est marquée par la diversité des maillots de sélection, portés par les supporters présents. L’hymne officiel de la compétition, interprété par Shakira et Burna Boy, a même retenti dans les enceintes de la caravane publicitaire lors de la deuxième étape à Tarragone. Interrogé par l’organisation pour un contenu sur les réseaux sociaux, Remco Evenepoel a d’ailleurs plaisanté : « Pour la course ou pour le foot ? »
Les rivalités entre nations se sont également exprimées au sein des équipes. Hugo Page, qui évolue à Cofidis aux côtés de Belges et d’Espagnols, a souri en évoquant les échanges entre coéquipiers : « Ça chambre un petit peu forcément. On a annoncé que l’équipe de France allait gagner, mais bon, on verra bien. On espère en tout cas. » Benjamin Thomas, pistard chez Cofidis, a pour sa part salué le collectif affiché par les Bleus : « Elle fait plaisir, l’équipe de France. Il y a des joueurs exceptionnels, mais personne ne se croit au-dessus des autres. Ce qui est beau, c’est le collectif, ça respire le foot ! »
Des supporters et des nations en représentation
La ferveur autour de certaines sélections a marqué les esprits. À Granollers, après la victoire de la Norvège face au Brésil, les supporters norvégiens ont fait entendre leur « viking row », un chant devenu emblématique de la sélection, notamment lors du passage de l’équipe Uno-X, qui compte six coureurs norvégiens. Un engouement qui contraste avec les nuits blanches de certains, comme Matîs Louvel, qui avait coutume d’écouter la radio pour s’endormir avant de consulter les résumés le lendemain matin : « Quand les matchs sont à 23 heures, c’est toujours le moment où je me couche. »
Alex Baudin (EF Education) a confirmé cette tendance : il suit généralement « les résultats le lendemain matin », malgré son envie de suivre les matchs clés de la phase finale. Mathieu van der Poel, Franco-Néerlandais éliminé avec les Pays-Bas dès les seizièmes de finale, a pour sa part parié sur une victoire française : « J’ai déjà dit il y a quelque temps que la France allait devenir championne du monde, donc j’espère avoir le bon pronostic. » Avec le décalage horaire, l’occasion est idéale pour les spectateurs européens de suivre la course l’après-midi et le football en soirée.
La Coupe du monde de football et le Tour de France, deux compétitions aux rythmes opposés, cohabitent ainsi dans une coexistence qui mêle passion, rivalité et adaptation. Si le vélo reste roi, le ballon rond s’invite dans les conversations, les écrans et même les chants, rappelant que le sport, sous toutes ses formes, sait fédérer bien au-delà des pelotons.