Le champion du monde du 10 000 mètres Jimmy Gressier a saisi l’occasion de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB), dont la dernière édition s’est tenue fin août 2026, pour dénoncer le montant des primes allouées aux athlètes de l’ultra-trail. Selon nos confrères d’Ouest France, il a rappelé que le vainqueur d’une épreuve phare comme l’UTMB touche **20 000 €**, tandis que le dixième de la course empoche seulement **1 500 €**. Une rémunération qu’il juge insuffisante au regard des exigences physiques et de la médiatisation croissante de la discipline.

Ce qu'il faut retenir

  • Jimmy Gressier, champion du monde du 10 000 m, critique les primes de l’UTMB, jugées trop faibles pour les athlètes d’ultra-trail
  • Le vainqueur d’une épreuve majeure reçoit 20 000 €, tandis que le 10e classé touche 1 500 €
  • L’UTMB Group, organisateur de plus de 60 courses, défend son modèle en soulignant son rôle dans la professionnalisation du sport

Un salaire controversé au regard de l’engagement physique

Jimmy Gressier, qui s’est illustré dans des disciplines d’endurance sur piste, a choisi de mettre en lumière les écarts de rémunération entre les athlètes des sports d’ultra-endurance et ceux des sports plus traditionnels. D’après ses propos rapportés par Ouest France, les épreuves d’ultra-trail exigent un investissement bien supérieur à celui des compétitions sur piste, tant en termes de préparation que de risques encourus. « Les primes ne reflètent pas l’effort fourni ni la médiatisation grandissante de ces épreuves », a-t-il souligné.

Pourtant, l’UTMB, l’une des courses les plus prestigieuses au monde, attire chaque année des milliers de spectateurs et génère une couverture médiatique internationale. Avec des épreuves comme l’UTMB, le CCC ou le TDS, le groupe organisateur mise sur la visibilité pour attirer sponsors et partenaires. Mais cette médiatisation profite-t-elle équitablement aux athlètes, s’interroge Gressier ?

L’UTMB Group défend son modèle économique

Face aux critiques, l’UTMB Group, qui gère une soixantaine de courses à travers le monde, a réagi en rappelant le rôle central de ces événements dans la professionnalisation de l’ultra-trail. « Nos courses offrent une visibilité inégalée aux athlètes, ce qui leur permet de signer des partenariats ou de décrocher des sponsors », a expliqué un porte-parole de l’organisation. Selon lui, les primes directes ne représentent qu’une partie des revenus des coureurs, la majorité venant des contrats externes.

Le groupe met en avant des chiffres : plus de **10 millions d’euros** investis chaque année dans l’organisation des épreuves, incluant logistique, sécurité et communication. Une somme qui, selon eux, justifie les montants distribués aux participants. « Nous contribuons à faire de l’ultra-trail un sport à part entière, avec des athlètes qui peuvent en vivre », a-t-il ajouté.

Un débat récurrent dans l’univers de l’ultra-endurance

Le sujet des rémunérations dans l’ultra-trail n’est pas nouveau. Déjà en 2024, des coureurs s’étaient élevés contre des primes jugées dérisoires au regard des distances parcourues. La discipline, qui connaît un essor fulgurant depuis une décennie, attire des milliers de pratiquants, mais seulement une minorité d’entre eux parviennent à en vivre pleinement. Les courses les plus réputées, comme l’UTMB ou la Western States 100 aux États-Unis, offrent des primes plus élevées, mais restent inaccessibles pour la majorité des athlètes.

Certains coureurs indépendants, souvent obligés de cumuler leur activité sportive avec un emploi, pointent du doigt un système qui ne permet pas à tous de se consacrer pleinement à leur passion. « Ce n’est pas parce qu’on est un athlète de haut niveau qu’on n’a pas de charges fixes à payer », a confié un traileur professionnel sous couvert d’anonymat à Ouest France.

Et maintenant ?

Si le débat sur les primes de l’UTMB pourrait resurgir à l’approche des prochaines éditions, aucune annonce officielle n’a encore été faite concernant une revalorisation. Pour l’instant, l’UTMB Group semble privilégier une approche globale, combinant visibilité et partenariats plutôt qu’une augmentation directe des primes. Une réunion est prévue en octobre 2026 avec les représentants des athlètes pour évoquer l’avenir de la discipline.

Dans un contexte où l’ultra-trail continue de gagner en popularité, la question de la rémunération des athlètes pourrait bien devenir un enjeu majeur pour les années à venir. Reste à savoir si les organisateurs parviendront à concilier croissance économique et équité pour les coureurs.

Parmi les courses les plus lucrative figurent la Western States 100 aux États-Unis, où le vainqueur remporte environ 50 000 $, et la Hardrock 100, avec une prime de 10 000 $ pour le premier. En Europe, l’UTMB reste l’une des mieux dotées, mais d’autres épreuves comme l’Eiger Ultra Trail ou la Diagonale des Fous proposent des primes variant entre 3 000 € et 15 000 € pour les podiums.