Avec ses 15 ans, Maïmouna est lycéenne à Paris, où elle suit sa scolarité au quotidien. Son témoignage, recueilli dans le cadre d’un atelier d’écriture organisé par la Zone d’expression prioritaire (Zep), illustre une relation particulière avec l’intelligence artificielle. Selon Ouest France, cette expérience a été réalisée avec des jeunes afin de mieux comprendre leur rapport aux outils numériques.

Ce qu'il faut retenir

  • Maïmouna, 15 ans, lycéenne à Paris, partage son expérience avec l’IA dans le cadre d’un atelier organisé par la Zone d’expression prioritaire (Zep).
  • Elle décrit son utilisation de ChatGPT comme celle d’un collègue de travail, et non d’un ami.
  • L’atelier d’écriture visait à recueillir des récits de jeunes sur leur rapport aux technologies numériques.
  • Ce projet s’inscrit dans une démarche de compréhension des usages des outils d’IA chez les adolescents.

Une relation professionnelle plutôt qu’amicale avec l’IA

Pour Maïmouna, l’intelligence artificielle n’est pas un interlocuteur émotionnel, mais un outil fonctionnel. « ChatGPT est mon collègue, pas mon ami », a-t-elle déclaré lors de l’atelier. Cette distinction reflète une vision pragmatique de l’outil, utilisé pour répondre à des besoins précis plutôt que pour des échanges informels. Selon elle, cette approche permet de séparer clairement les usages professionnels ou scolaires des interactions sociales.

L’adolescente explique que cette utilisation repose sur une compréhension des limites de l’IA : elle ne remplace pas les relations humaines, mais peut compléter certaines tâches. « On ne discute pas avec elle pour rigoler ou pour partager des choses personnelles », précise-t-elle. Cette vision met en lumière une forme d’autonomie dans l’usage des outils numériques, où l’adolescente définit elle-même les contours de sa relation avec la technologie.

Un atelier pour donner la parole aux jeunes sur le numérique

La Zone d’expression prioritaire (Zep) organise régulièrement des ateliers d’écriture avec des adolescents, afin de recueillir leurs témoignages sur des sujets variés. D’après Ouest France, ces rencontres visent à donner une voix aux jeunes sur des thèmes qui les concernent directement, comme leur rapport aux réseaux sociaux, aux jeux vidéo ou, dans ce cas, à l’intelligence artificielle. L’objectif est de fournir un espace d’expression où les participants peuvent partager leurs expériences sans jugement.

Ces ateliers s’appuient sur des méthodes collaboratives, où les journalistes et les jeunes travaillent ensemble pour rédiger des récits. Maïmouna, comme les autres participants, a pu ainsi exprimer sa vision de l’IA dans un cadre structuré et encadré. « On nous donne les outils pour raconter notre histoire, et c’est important », a-t-elle souligné. Ce type d’initiative permet de mieux cerner les attentes et les craintes des adolescents face aux évolutions technologiques.

Une génération face aux défis de l’intelligence artificielle

Le témoignage de Maïmouna s’inscrit dans un contexte où l’IA occupe une place croissante dans le quotidien des jeunes. Entre usages scolaires, loisirs et interactions sociales, les adolescents doivent désormais composer avec ces outils. D’après les organisateurs des ateliers, cette génération développe une relation ambivalente avec la technologie : à la fois fascinée et critique, elle apprend à en maîtriser les codes.

Pour Maïmouna, l’essentiel réside dans la capacité à distinguer ce qui relève de l’humain et ce qui peut être délégué à une machine. « L’IA, c’est pratique pour certaines choses, mais ça ne remplace pas un vrai échange », explique-t-elle. Cette prise de conscience précoce reflète une maturité certaine dans l’usage des nouvelles technologies, où l’adolescente fait preuve d’une réflexion sur les limites et les opportunités offertes par ces outils.

Et maintenant ?

Les ateliers de la Zone d’expression prioritaire devraient se poursuivre dans les prochains mois, avec de nouveaux groupes de jeunes participants. Selon les organisateurs, ces rencontres pourraient donner lieu à des publications ou à des débats publics, afin de sensibiliser les adultes aux enjeux perçus par les adolescents. Une chose est sûre : leur rapport à l’IA, façonné par des usages quotidiens, continuera d’évoluer avec les avancées technologiques.

En attendant, Maïmouna et ses camarades poursuivent leurs réflexions, tout en continuant à utiliser ces outils dans leur vie de tous les jours. Autant dire que leur voix mérite d’être entendue, car elle éclaire d’un jour nouveau la manière dont les jeunes intègrent — ou rejettent — les innovations qui façonnent leur futur.

La Zone d’expression prioritaire (Zep) est une association qui organise des ateliers d’écriture avec des jeunes, notamment des adolescents, afin de leur donner la parole sur des sujets qui les concernent. Ces rencontres visent à recueillir des témoignages et à les publier, souvent en collaboration avec des médias locaux ou nationaux.