Le parquet allemand a officiellement accusé, jeudi 7 juillet 2026, les autorités ukrainiennes d’avoir planifié et ordonné le sabotage des gazoducs Nord Stream 1 et Nord Stream 2 en septembre 2022. Selon Le Figaro, cette révélation intervient au lendemain de l’inculpation d’un premier suspect, Serhii K., présenté comme un militaire ukrainien ayant participé à l’élaboration du projet. Les infrastructures, reliant la Russie à l’Allemagne via la mer Baltique, avaient été endommagées par des explosions, un événement qui avait provoqué une crise énergétique en Europe et une montée des tensions entre Moscou et les pays occidentaux.
Ce qu'il faut retenir
- Un suspect identifié : Serhii K., un militaire ukrainien, est accusé d’avoir contribué à l’élaboration d’un plan visant à détruire les gazoducs Nord Stream 1 et 2, selon le communiqué du parquet allemand.
- Une accusation portée contre Kiev : Les autorités ukrainiennes sont directement pointées du doigt pour avoir commandité ces sabotages, qui auraient été exécutés à l’explosif.
- Un sabotage intervenu en 2022 : Les explosions ayant endommagé les pipelines sont survenues en septembre 2022, peu après le début de l’invasion russe en Ukraine.
- Un contexte géopolitique tendu : L’incident avait provoqué une crise énergétique en Europe et accru les tensions entre la Russie, l’Ukraine et les pays occidentaux, notamment l’Allemagne.
Un suspect inculpé et des accusations lourdes
Le parquet fédéral allemand a détaillé, dans un communiqué rendu public jeudi, les accusations portées contre Serhii K. Ce dernier, présenté comme un militaire ukrainien, aurait, « à la demande des autorités ukrainiennes », participé à l’élaboration d’un plan visant à détruire les deux gazoducs Nord Stream. Les explosions survenues en septembre 2022 avaient été attribuées à des charges explosives placées sur les pipelines sous-marins, causant d’importants dégâts matériels et une interruption prolongée des livraisons de gaz russe vers l’Europe. L’enquête allemande, menée depuis plusieurs années, semble désormais aboutir à des conclusions précises sur les responsabilités de ce sabotage.
Serhii K. n’est pas le seul visé par cette procédure. Le parquet a indiqué que d’autres militaires ukrainiens auraient été impliqués dans la conception et la mise en œuvre du projet. Ces révélations soulèvent des questions sur le rôle exact joué par l’État ukrainien dans cet événement, alors que Kiev avait toujours nié toute implication dans le sabotage. Les autorités ukrainiennes n’ont pas encore réagi officiellement à ces accusations, mais cette affaire promet de relancer les tensions diplomatiques autour du conflit russo-ukrainien.
Un contexte géopolitique déjà explosif
L’annonce du parquet allemand survient dans un contexte où les relations entre l’Ukraine et la Russie restent extrêmement tendues, plus de quatre ans après le début de l’invasion russe. Les gazoducs Nord Stream, construits pour acheminer le gaz russe vers l’Europe via la mer Baltique, avaient été au cœur de controverses bien avant leur sabotage. Berlin et plusieurs capitales européennes avaient accusé Moscou d’utiliser l’énergie comme levier politique, une allégation rejetée par la Russie. Le sabotage de 2022 avait non seulement provoqué une crise énergétique majeure, mais aussi exacerbé les divisions au sein de l’Union européenne sur la manière de gérer les relations avec Moscou.
L’Allemagne, en particulier, avait été fortement touchée par la rupture des livraisons de gaz russe, ce qui avait accéléré sa transition énergétique et sa recherche de fournisseurs alternatifs. Les accusations portées contre l’Ukraine pourraient donc avoir des répercussions bien au-delà de la sphère judiciaire, en alimentant les débats sur la crédibilité des différentes parties dans ce conflit énergétique et militaire. Les Européens, déjà divisés sur leur stratégie face à la guerre en Ukraine, pourraient voir leurs positions se radicaliser.
Les implications pour l’Ukraine et l’Europe
Si les accusations du parquet allemand sont confirmées, elles pourraient avoir des conséquences majeures pour l’Ukraine, déjà engagée dans une guerre contre la Russie depuis 2022. Kiev risque de voir sa réputation encore davantage entachée, alors que le pays tente de mobiliser le soutien occidental pour sa défense. Les États-Unis et plusieurs pays européens avaient déjà exprimé des doutes sur la transparence de l’Ukraine concernant d’autres affaires impliquant des citoyens ukrainiens à l’étranger, notamment dans des tentatives de déstabilisation présumées.
En Europe, cette affaire pourrait relancer les discussions sur la sécurité des infrastructures énergétiques et la nécessité de renforcer leur protection. Plusieurs pays, dont la Suède et le Danemark, avaient mené des enquêtes sur les explosions de 2022, mais les résultats n’avaient pas permis d’identifier clairement les commanditaires. L’implication d’un État, comme le suggère désormais l’Allemagne, ouvre une nouvelle dimension dans ce dossier, avec des enjeux juridiques et diplomatiques bien plus larges.
Cette révélation intervient alors que les tensions en mer Baltique restent vives, avec une présence militaire accrue des deux côtés. Les gazoducs Nord Stream, bien que hors service depuis 2022, pourraient encore servir de cibles symboliques ou stratégiques dans les mois à venir. La communauté internationale devra donc suivre de près l’évolution de cette affaire, qui risque de redessiner les équilibres énergétiques et diplomatiques en Europe.
Selon Le Figaro, l’enquête allemande s’appuie sur des éléments recueillis auprès d’un suspect, Serhii K., qui aurait avoué avoir agi sur ordre des autorités ukrainiennes. Les investigations auraient permis d’établir un lien direct entre Kiev et la planification du sabotage, bien que l’Ukraine n’ait jamais reconnu sa responsabilité.