Mardi 7 juillet 2026 à 8h, quelque 386 312 élèves de terminale générale découvriront leurs résultats au baccalauréat. Si l’obtention du diplôme ne fait plus débat depuis plusieurs années, l’enjeu réside désormais dans la mention obtenue, symbole encore bien ancré dans la société française. Selon le Figaro, qui a analysé les taux de mentions « très bien » et « félicitations du jury » entre 2022 et 2025, certains établissements se distinguent par des performances remarquables.

Ce qu'il faut retenir

  • 16,4 % des candidats au bac général ont obtenu une mention « très bien » en 2025, contre 7 % en 2010.
  • Deux facteurs clés expliquent ces excellents résultats : un accompagnement pédagogique renforcé et une sélection rigoureuse à l’entrée.
  • 2 200 lycées généraux ont été évalués par le Figaro sur la période 2022-2025.
  • 16/20 est la note minimale pour obtenir la mention « très bien », tandis que 18/20 permet d’accéder aux « félicitations du jury ».
  • La mention au bac n’impacte pas Parcoursup, mais reste valorisée financièrement dans certains secteurs.

Depuis la réforme du baccalauréat en 2022, la procédure d’évaluation a évolué, mais la quête de l’excellence perdure. D’après le Figaro, les établissements les plus performants combinent un encadrement pédagogique exigeant et une sélection drastique à l’admission. « La mention obtenue au bac ne compte pas sur Parcoursup, mais elle conserve une valeur symbolique forte dans l’imaginaire collectif », rappelle un expert cité par le quotidien.

Pour établir son classement, le Figaro a compilé les données de près de 2 200 lycées généraux sur quatre ans. Deux indicateurs ont été retenus : le taux de mentions « très bien » (16/20) et celui des « félicitations du jury » (18/20). Ces performances reflètent, pour partie, la capacité des établissements à accompagner leurs élèves vers l’excellence.

Une progression historique des mentions « très bien »

La démocratisation des mentions « très bien » est l’un des changements majeurs observés depuis une décennie. En 2025, 16,4 % des candidats au baccalauréat général ont obtenu cette distinction, contre seulement 7 % en 2010. Cette hausse s’explique par plusieurs facteurs : l’assouplissement des critères d’évaluation, une préparation plus ciblée des élèves, mais aussi une inflation des notes dans certains établissements.

Cependant, cette tendance ne se vérifie pas uniformément sur le territoire. Certains lycées, souvent perçus comme des « filières d’élite », affichent des taux de mentions « très bien » bien supérieurs à la moyenne nationale. « Ces établissements misent sur un double levier : une exigence académique élevée et une sélection drastique dès l’entrée en seconde », explique un responsable pédagogique interrogé par le Figaro.

Les lycées les plus performants sur la période 2022-2025

Parmi les établissements les plus cités pour leurs résultats, le lycée Louis-le-Grand à Paris figure en tête des classements établis par le Figaro. Avec un taux de mentions « très bien » approchant les 30 % sur la période, l’établissement parisien confirme sa réputation d’excellence. D’autres lycées parisiens, comme Henri-IV ou Saint-Louis-de-Gonzague, affichent des performances comparables.

En région, le lycée Blaise-Pascal à Clermont-Ferrand et le lycée Poincaré à Nancy se distinguent également. Ces établissements, souvent plébiscités par les familles aisées, combinent des effectifs réduits et des programmes exigeants. « Notre objectif n’est pas seulement de faire réussir nos élèves, mais de les amener vers les meilleures mentions », précise la proviseure de l’un de ces lycées.

Les résultats varient également selon les académies. En Île-de-France, la concentration de lycées d’excellence est plus marquée qu’en province, où certains établissements ruraux peinent à rivaliser avec les performances des grands lycées urbains. « La géographie scolaire joue un rôle clé dans l’accès à l’excellence », souligne un analyste de l’Éducation nationale.

Mentions « très bien » et « félicitations du jury » : quelles différences ?

Si la mention « très bien » (16/20) est déjà un objectif ambitieux, les « félicitations du jury » (18/20) représentent un graal encore plus rare. Selon le Figaro, moins de 2 % des candidats parviennent à décrocher cette distinction chaque année. Les lycées les plus performants affichent des taux de « félicitations » pouvant atteindre 5 à 8 % de leurs bacheliers.

« Les élèves qui obtiennent des félicitations du jury ont généralement suivi un parcours sans faute, avec une constance remarquable dans leurs résultats », explique un professeur de terminale. Pour y parvenir, certains établissements mettent en place des dispositifs spécifiques, comme des stages de préparation intensifs en première et terminale.

Ces dispositifs, bien que coûteux, s’avèrent rentables pour les familles. Certaines banques accordent en effet des primes financières aux bacheliers obtenant une mention « très bien » ou « félicitations », pouvant aller jusqu’à plusieurs centaines d’euros. « C’est une forme de reconnaissance symbolique, mais qui peut aussi avoir un impact concret sur le budget des ménages », note un conseiller bancaire.

Et maintenant ?

La publication des résultats du bac 2026, prévue le 7 juillet, pourrait confirmer ou infirmer certaines tendances observées ces dernières années. Les prochains classements, attendus pour l’automne 2026, devraient préciser si la concentration des mentions « très bien » dans les lycées d’élite s’accentue. Pour l’heure, la question reste ouverte : faut-il voir dans cette hiérarchisation des lycées une preuve d’excellence ou une source d’inégalités croissantes ?

L’enjeu pédagogique et social reste entier. Si les mentions « très bien » se démocratisent, leur répartition géographique et sociale continue de soulever des débats. Les prochaines réformes de l’Éducation nationale, attendues pour 2027, pourraient-elles rééquilibrer cette dynamique ?

Non. Depuis la réforme Parcoursup, les établissements d’enseignement supérieur sélectionnent les candidats bien avant l’obtention des résultats du baccalauréat. La mention reste cependant valorisée sur le plan symbolique et financier, notamment pour l’obtention de bourses ou de primes bancaires.