Bertrand Venteau, à la tête de la Coordination rurale (CR), comparaîtra jeudi 3 septembre devant le tribunal d'Auch, dans le Gers. Il est poursuivi pour provocation publique à commettre un crime ou un délit, après des propos tenus lors de son discours d'investiture, le 19 novembre 2025. Selon Reporterre, ces déclarations ont été rapportées dans une enquête conjointe avec StreetPress publiée en février 2026.
Ce qu'il faut retenir
- Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale, sera jugé jeudi 3 septembre 2026 au tribunal d'Auch pour provocation à la haine.
- Les propos incriminés ont été tenus le 19 novembre 2025 lors de son discours d'investiture.
- Il a déclaré : « Les écolos, la décroissance veulent nous crever, nous devons leur faire la peau. »
- Une enquête conjointe de Reporterre et StreetPress avait révélé ces déclarations en février 2026.
Un discours controversé lors de l'investiture
Bertrand Venteau a pris la présidence de la Coordination rurale le 19 novembre 2025, lors d'un événement organisé au centre des congrès d'Auch. Son discours, marqué par des propos virulents, a rapidement suscité l'attention des médias. Parmi les phrases les plus commentées figure une déclaration directe : « Les écolos, la décroissance veulent nous crever, nous devons leur faire la peau. » Ces mots, tenus devant un public de professionnels du secteur agricole, ont été enregistrés et diffusés.
Selon nos confrères de Reporterre, ces propos ont été repris dans une enquête approfondie, publiée en février 2026 en collaboration avec StreetPress. L'article détaillait le contexte de ces déclarations et leur réception au sein du milieu agricole, alors que les tensions entre syndicats et mouvements écologistes s'intensifiaient.
Une plainte pour provocation à la haine
Les propos de Bertrand Venteau ont entraîné le dépôt d'une plainte pour provocation publique à commettre un crime ou un délit. Le tribunal correctionnel d'Auch examine l'affaire ce jeudi 3 septembre 2026. La défense devra s'appuyer sur les éléments du dossier, incluant les preuves écrites et audiovisuelles des déclarations incriminées. La justice devra déterminer si ces mots relèvent de la liberté d'expression ou s'ils constituent une incitation à la violence.
La Coordination rurale, syndicat agricole historique, a pour sa part adopté une position prudente. Dans un communiqué diffusé en mars 2026, elle avait indiqué que « les propos isolés ne reflètent pas la position officielle du syndicat ». Bertrand Venteau, quant à lui, n'a pas encore réagi publiquement à l'ouverture de cette procédure judiciaire.
Cette affaire intervient dans un contexte où les relations entre syndicats agricoles et mouvements écologistes sont particulièrement tendues. Les débats sur la transition écologique du secteur, notamment sur la réduction des pesticides ou la baisse des émissions de gaz à effet de serre, alimentent régulièrement des polémiques. La décision du tribunal d'Auch sera donc suivie avec attention par les acteurs des deux camps.
Bertrand Venteau risque jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende pour provocation publique à commettre un crime ou un délit, selon les dispositions de l'article 24 de la loi sur la liberté de la presse de 1881.