Pendant la vague de chaleur qui frappe la France depuis la mi-juin, les salles d'escalade non climatisées du réseau Arkose en région parisienne ont continué de fonctionner normalement. Une décision qui a plongé les employés dans un environnement de travail qualifié d'« infernal » par plusieurs d'entre eux. Selon Reporterre, qui publie cette enquête en partenariat avec Vertige Média, la direction du siège social a maintenu l'ouverture de ces espaces malgré des températures dépassant les 40 °C.
Ce qu'il faut retenir
- Les salles d'escalade Arkose en région parisienne sont restées ouvertes durant la canicule de juin 2026, malgré des températures dépassant 40 °C.
- Plusieurs salariés dénoncent des conditions de travail « insupportables » et une direction qui aurait ignoré les alertes.
- Une scène symbolique a été rapportée au parc de la Villette, où la chaleur rendait l'atmosphère irrespirable.
- Le réseau Arkose compte plusieurs sites en Île-de-France, dont celui de la Villette, ouvert depuis peu.
Des salles transformées en « fours » malgré les alertes
Jeudi 25 juin 2026, au parc de la Villette dans le 19e arrondissement de Paris, l'une des dernières salles d'escalade du réseau Arkose affichait complet. Pourtant, à l'intérieur, la température frôlait celle d'un four. « On nous a dit de continuer à travailler normalement, comme si de rien n'était », raconte un employé sous couvert d'anonymat. Selon lui, la direction n'aurait pas pris la mesure de l'urgence climatique, malgré les alertes répétées des salariés.
Les salles d'escalade, espaces souvent clos et mal isolés, deviennent des pièges à chaleur lors des épisodes caniculaires. Arkose, qui gère plusieurs sites en Île-de-France, a justifié sa décision par la nécessité de maintenir une activité économique. Pourtant, les retours des employés peignent un tableau bien différent : maux de tête, étourdissements et difficultés à respirer sont monnaie courante.
« Mon directeur m'a dit d'aller acheter des Mr. Freeze » : le déni des dirigeants
L'un des témoignages les plus frappants rapportés par Reporterre émane d'une salariée du site de la Villette. « Mon directeur m'a dit d'aller acheter des Mr. Freeze pour me rafraîchir », a-t-elle déclaré, visiblement choquée par cette réponse jugée déconnectée. Pour elle, cette phrase résume l'attitude de la direction : minimiser les risques sanitaires liés à la chaleur extrême.
Les conditions de travail dans ces salles, où l'humidité s'ajoute à la chaleur, exposent les employés à des risques accrus de déshydratation et de coups de chaleur. Malgré cela, aucun aménagement n'aurait été proposé par l'employeur, si ce n'est des ventilateurs d'appoint jugés insuffisants.
Un contexte climatique qui interroge la responsabilité des employeurs
La canicule de juin 2026 s'inscrit dans un contexte de réchauffement climatique marqué. Selon Météo-France, l'été 2026 devrait figurer parmi les plus chauds jamais enregistrés en France. Dans ce cadre, la question de la responsabilité des entreprises face aux épisodes de chaleur intense devient cruciale. Arkose, comme d'autres acteurs du secteur, se retrouve sous le feu des critiques pour son manque de prévention.
Interrogé par Reporterre, un porte-parole du groupe Arkose a indiqué que « la sécurité des salariés est une priorité », sans pour autant détailler les mesures concrètes mises en place pour limiter les risques liés aux fortes chaleurs. Une réponse qui laisse sceptiques les représentants du personnel.
Dans l'attente, les salariés des salles d'escalade Arkose continuent de travailler dans des conditions que beaucoup jugent inacceptables. La pression monte, et avec elle, les risques pour leur santé.
Selon le Code du travail, l'employeur doit prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. En cas de températures extrêmes, cela peut inclure la réduction ou l'aménagement des horaires, la mise à disposition de locaux rafraîchis ou de points d'eau, ou encore la suspension des activités les plus exposantes. Le non-respect de ces obligations peut entraîner des sanctions pénales.