Longtemps pointé du doigt pour sa teneur en graisses et en calories, le beurre de cacahuètes pourrait pourtant trouver sa place dans l’alimentation des personnes diabétiques — à condition de respecter certains critères. Comme le révèle une analyse publiée par Top Santé, sa consommation n’entraîne pas systématiquement des pics de glycémie. Tout dépendrait de sa composition, de la quantité ingérée et surtout des aliments qui l’accompagnent.

Ce qu'il faut retenir

  • Le beurre de cacahuètes n’est pas interdit aux diabétiques, mais son impact dépend de sa composition et de sa consommation.
  • Les versions industrielles riches en sucres ajoutés sont à éviter, contrairement aux recettes 100 % cacahuètes.
  • Associé à des aliments à faible index glycémique, il limite les risques de hausse brutale de la glycémie.
  • Les spécialistes recommandent de privilégier les beurres de cacahuètes sans additifs ni huiles hydrogénées.

Une composition variable qui change la donne

Si le beurre de cacahuètes est souvent déconseillé en raison de sa densité calorique, son impact sur la glycémie n’est pas systématiquement négatif, selon les experts interrogés par Top Santé. La clé réside dans sa composition : un produit contenant uniquement des cacahuètes écrasées, sans sucre ajouté ni huile de palme, présente un profil bien différent des versions industrielles. « Les versions standardisées du commerce sont souvent ultra-transformées », explique le Dr Martin Leblanc, endocrinologue. « Elles intègrent des sucres ou des émulsifiants qui, eux, favorisent les pics glycémiques ».

La quantité et les associations alimentaires, deux critères déterminants

Même avec un beurre de cacahuètes « pur », la modération reste de mise. Les nutritionnistes recommandent de limiter la portion à 10 à 15 grammes par prise, soit l’équivalent d’une cuillère à soupe. « Le beurre de cacahuètes est riche en lipides », précise la nutritionniste Sophie Durand. « Il apporte environ 600 kcal pour 100 grammes ». Pour éviter une augmentation trop rapide du taux de sucre dans le sang, il est conseillé de l’associer à des aliments à faible index glycémique, comme des légumes ou des protéines. Autant dire que tartiner une tranche de pain blanc de beurre de cacahuètes sucré équivaut à un cocktail glycémique explosif.

Quels beurres de cacahuètes privilégier et éviter ?

Face à la multitude de références disponibles en supermarché, les consommateurs doivent apprendre à décrypter les étiquettes. Les versions à privilégier sont celles composées à 100 % de cacahuètes, sans aucun additif. À l’inverse, il faut se méfier des produits contenant des sucres ajoutés (sirop de glucose, sucre de canne), des huiles hydrogénées ou des sels en excès. « Un beurre de cacahuètes industriel peut contenir jusqu’à 15 % de sucres », révèle une enquête menée par Top Santé. « Certains mélanges intègrent même des graisses trans, néfastes pour le système cardiovasculaire ».

« Le beurre de cacahuètes est une excellente source de protéines végétales et de bonnes graisses, mais il ne doit pas être considéré comme un aliment anodin. Son impact dépend de la manière dont on le consomme. »
— Dr Martin Leblanc, endocrinologue

Et maintenant ?

Les recherches sur les effets du beurre de cacahuètes chez les diabétiques devraient se poursuivre, notamment pour affiner les recommandations. Une étude clinique, prévue pour début 2027, pourrait apporter de nouvelles données sur l’impact à long terme de sa consommation régulière. En attendant, les spécialistes appellent à une vigilance accrue sur les étiquettes, tout en rappelant que l’équilibre alimentaire global reste le facteur le plus déterminant pour gérer le diabète.

Reste que, pour les amateurs de beurre de cacahuètes, il est possible de concilier plaisir et santé. En optant pour des versions naturelles et en contrôlant les quantités, ce produit peut s’intégrer sans risque dans un régime adapté. Un exemple parmi d’autres de ces aliments diabolisés à tort, qui méritent parfois un réexamen de leurs vertus.