Avec une croissance soutenue de 4 % du nombre de visiteurs internationaux à fin mai 2026, l’Égypte maintient son ambition de renforcer son secteur touristique, malgré un contexte géopolitique tendu au Moyen-Orient. Selon Le Figaro, le pays mise sur des investissements massifs dans ses infrastructures, notamment ses aéroports et ses capacités hôtelières, pour atteindre une hausse annuelle de 5 à 7 % d’ici la fin de l’année. Une performance qui contraste avec les craintes initiales liées à la guerre déclenchée fin février 2025, ayant provoqué un ralentissement des réservations vers les destinations méditerranéennes.

Ce qu'il faut retenir

  • L’Égypte a enregistré une croissance de 4 % du nombre de visiteurs à fin mai 2026, avec une projection de 5 à 7 % pour l’année.
  • Les visiteurs français ont augmenté de 22 % depuis janvier, après un bond de 31 % en 2025.
  • Le gouvernement égyptien investit plusieurs milliards de dollars dans des projets hôteliers et aéroportuaires, notamment sur la côte nord.
  • L’objectif est d’atteindre 30 millions de visiteurs d’ici 2030, contre 19 millions en 2025.
  • La région des pyramides de Guizeh prévoit la création de 20 000 à 25 000 chambres d’hôtel d’ici 2030.

Une reprise contrastée malgré les tensions régionales

Le ministre égyptien du Tourisme et des Antiquités, Sherif Fathy, a confirmé cette dynamique lors d’un entretien à l’AFP à Paris. « Nous avons enregistré à fin mai une croissance de 4 % et nous pensons terminer l’année avec une progression de 5 à 7 % », a-t-il déclaré. Ce rebond s’explique en partie par l’attrait du nouveau Grand Musée égyptien du Caire, ouvert en 2025, qui a attiré des milliers de visiteurs supplémentaires.

Pourtant, la situation reste fragile. La guerre au Moyen-Orient a initialement provoqué un arrêt des réservations, en particulier en provenance des pays du sud méditerranéen. Sherif Fathy reconnaît que « la progression est plus lente en 2026 en raison de l’impact lié à la perception de certains touristes ». Le principal frein reste cependant le coût élevé du carburant, qui a poussé les compagnies aériennes à privilégier des destinations plus proches pour réduire leurs dépenses.

Des investissements colossaux pour moderniser les infrastructures

Pour relancer la fréquentation, l’Égypte mise sur des investissements massifs. Sherif Fathy, qui a également dirigé la compagnie EgyptAir et le ministère de l’Aviation civile, assure que le gouvernement a mis en place des mesures incitatives pour les compagnies aériennes, comme la réduction des charges aéroportuaires. Ces efforts visent à améliorer la connectivité du pays, notamment avec l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud et l’Asie, des marchés où l’offre reste insuffisante.

Côté hébergement, des milliards de dollars de projets immobiliers et hôteliers sont en cours, principalement portés par le secteur privé. La côte nord du pays concentre une grande partie de ces investissements, avec une modernisation attendue des infrastructures touristiques. À proximité des pyramides de Guizeh, un vaste programme de rénovation est également en cours, incluant la création de zones dédiées aux hôtels, aux loisirs et aux espaces culturels.

Un équilibre à trouver entre développement et préservation du patrimoine

Cette expansion touristique soulève des questions sur la préservation des sites historiques, parmi les plus prestigieux au monde. L’Égypte abrite en effet la pyramide de Khéops, seule merveille de l’Antiquité encore debout, ainsi que des centaines de sites archéologiques. Sherif Fathy a souligné l’importance de limiter le surtourisme dans des zones sensibles comme le plateau de Guizeh, où un minimum de 20 000 à 25 000 chambres d’hôtel sont prévues d’ici 2030. « Nous visons un développement maîtrisé pour préserver notre patrimoine », a-t-il précisé.

Pourtant, certains projets suscitent des controverses. En 2024, la rénovation controversée de la pyramide de Mykérinos, sur le plateau de Guizeh, avait provoqué une vague de critiques de la part d’égyptologues et de citoyens, qui y voyaient une atteinte à l’intégrité du site. Sherif Fathy a rassuré sur la volonté du gouvernement de concilier attractivité touristique et protection du patrimoine, tout en reconnaissant que les débats restent vifs.

« Nous travaillons à faire venir davantage de compagnies aériennes vers ces destinations. Si nous les ouvrons davantage, le nombre de visiteurs augmentera encore bien plus. »
Sherif Fathy, ministre égyptien du Tourisme et des Antiquités

Et maintenant ?

D’ici 2030, l’Égypte table sur une fréquentation record de 30 millions de visiteurs par an, un objectif ambitieux qui dépendra de plusieurs facteurs. La reprise progressive des vols long-courriers, notamment depuis l’Amérique et l’Asie, sera déterminante. Par ailleurs, la stabilité géopolitique dans la région, ainsi que la capacité du pays à gérer les impacts environnementaux et sociaux du surtourisme, resteront des enjeux majeurs. Les prochaines annonces sur les projets hôteliers et les nouvelles infrastructures aéroportuaires, prévues d’ici fin 2026, pourraient donner un nouvel élan au secteur.

Pour l’heure, l’Égypte mise sur une croissance continue de son tourisme, malgré les défis persistants. Entre développement économique et préservation de son héritage historique, le pays devra trouver un équilibre pour faire de ce secteur un levier durable de prospérité.

Le tourisme représente environ 12 % du produit intérieur brut (PIB) de l’Égypte. Avec des sites archéologiques parmi les plus célèbres au monde, comme les pyramides de Guizeh, le pays dépend fortement de cette manne économique pour soutenir sa croissance et son développement.

Les principaux freins identifiés par les autorités égyptiennes sont le coût élevé du carburant, qui limite les capacités des compagnies aériennes, ainsi que la perception de l’instabilité géopolitique dans la région, qui peut dissuader certains voyageurs.