Alors que le Festival d’Avignon met à l’honneur la création artistique des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, président de la région, appelle à une mobilisation nationale pour défendre et renforcer la souveraineté culturelle française. Dans une tribune publiée par Libération, il défend l’idée d’une « République de la création », placée sous l’autorité directe du Premier ministre, pour contrer les menaces que représentent l’intelligence artificielle et la montée des extrêmes.

Ce qu'il faut retenir

  • Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, propose une « République de la création » pour protéger et promouvoir la culture française.
  • Cette initiative vise à renforcer l’audiovisuel public et à financer les territoires, notamment via l’investissement dans les acteurs culturels locaux.
  • Face à la montée des extrêmes et aux défis posés par l’intelligence artificielle, Bertrand souligne la nécessité de garantir l’indépendance culturelle de la France.
  • Son appel coïncide avec la présence de nombreux artistes de sa région au Festival d’Avignon, un événement majeur du paysage culturel français.

Un modèle culturel à repenser face aux fractures sociales

Dans sa tribune intitulée Pour une République de la création, Xavier Bertrand expose une vision ambitieuse pour l’avenir de la culture en France. Pour lui, la création artistique ne peut plus être considérée comme un secteur secondaire, mais doit devenir un pilier central de la politique publique. « Il s’agit d’investir dans les territoires, de financer l’audiovisuel public et de contribuer à l’indépendance culturelle de la France », a-t-il déclaré, selon Libération.

Cette proposition s’inscrit dans un contexte où les débats sur la souveraineté culturelle se multiplient, notamment face à l’influence croissante des plateformes numériques et des algorithmes, qui façonnent les pratiques artistiques et médiatiques. Bertrand met en garde contre les risques de standardisation culturelle, accentués par les outils d’IA, qui pourraient marginaliser les voix locales et indépendantes.

L’audiovisuel public et les territoires au cœur de la stratégie

Parmi les mesures phares défendues par le président des Hauts-de-France, le renforcement de l’audiovisuel public occupe une place centrale. Bertrand souligne que France Télévisions, Radio France et d’autres acteurs publics doivent être soutenus financièrement pour garantir un pluralisme médiatique et une production de qualité. « Ces institutions sont des remparts contre la désinformation et les discours extrémistes », a-t-il précisé, ajoutant que leur financement doit être sécurisé sur le long terme.

Côté territoires, Bertrand insiste sur la nécessité de décentraliser les moyens pour soutenir les artistes locaux. Les Hauts-de-France, région qu’il dirige, illustrent cette approche : des initiatives comme les résidences d’artistes ou les aides à la production y sont déjà mises en œuvre. « La culture ne doit pas être réservée aux métropoles », a-t-il rappelé, citant l’exemple du Festival d’Avignon, où des artistes de sa région sont à l’affiche cette année. Selon lui, ces politiques doivent être étendues à l’échelle nationale pour éviter une désertification culturelle des zones rurales et périurbaines.

Face à l’IA et aux extrêmes : une urgence démocratique

Le texte de Xavier Bertrand aborde également la question de l’intelligence artificielle, qu’il présente comme une menace pour la diversité culturelle. Les algorithmes, en privilégiant certains contenus au détriment d’autres, risquent de créer des bulles informationnelles et de réduire la place des œuvres indépendantes. « L’IA peut être un outil au service de la création, mais elle ne doit pas en devenir le maître », a-t-il souligné, appelant à un encadrement strict des usages de ces technologies.

Parallèlement, Bertrand s’alarme de la montée des discours extrémistes, qui instrumentalisent souvent la culture à des fins politiques. Pour lui, une politique culturelle forte est un rempart contre ces dérives. Il cite en exemple les mobilisations citoyennes autour des festivals et des lieux de création, qui restent des espaces de débat et de liberté. « La culture est un ciment de la République, et il faut la protéger comme on protège nos valeurs », a-t-il conclu dans sa tribune.

Et maintenant ?

Si la proposition de Xavier Bertrand trouve un écho parmi les acteurs culturels, son adoption dépendra largement de la volonté politique du gouvernement. Une réunion interministérielle sur la souveraineté culturelle est attendue d’ici la fin de l’année, selon des sources proches du dossier. D’ici là, les régions pourraient être appelées à présenter leurs propres plans d’action, en coordination avec l’État. Autant dire que le débat est loin d’être clos.

La question de l’indépendance culturelle française s’inscrit en effet dans un contexte européen plus large, où plusieurs pays réfléchissent à des mécanismes de protection similaires. La France, avec son modèle centralisé et son patrimoine historique, pourrait servir de laboratoire pour ces politiques. Reste à voir si les promesses de Bertrand se traduiront par des actes concrets, alors que les arbitrages budgétaires pour 2027 se préparent.

Il s’agit d’un projet visant à placer la création culturelle sous l’autorité directe du Premier ministre, avec pour objectifs principaux de renforcer l’audiovisuel public, financer les territoires et garantir l’indépendance culturelle de la France face aux menaces comme l’IA ou les extrêmes politiques.