À l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo (RDC), célébré dans la nuit du 29 au 30 juin 2026, le président Félix Tshisekedi a abordé dans un message à la nation les tensions entourant le projet de référendum constitutionnel porté par la majorité présidentielle. Selon RFI, le chef de l’État a rappelé que « dans une démocratie, aucune question d’intérêt national ne doit être confisquée ni interdite de réflexion », alors que son initiative suscite de vives critiques de la part de l’opposition.
Ce qu'il faut retenir
- Projet de référendum constitutionnel : la majorité au pouvoir propose une modification de la Constitution, ce qui alimente les craintes d’un troisième mandat pour le président Tshisekedi.
- Position du président : Félix Tshisekedi affirme que les questions d’intérêt national ne doivent pas être « confisquées » et doivent pouvoir être discutées ouvertement.
- 66e anniversaire de l’indépendance : célébré dans la nuit du 29 au 30 juin 2026, cet événement a servi de cadre à l’allocution présidentielle.
- Accusations de l’opposition : plusieurs formations politiques reprochent au chef de l’État de vouloir instrumentaliser la Constitution pour prolonger son mandat.
Un message présidentiel dans un contexte politique tendu
Lors de son allocution, le président Félix Tshisekedi a évoqué les débats autour du projet de référendum constitutionnel, présenté comme un moyen de moderniser les institutions. D’après RFI, il a insisté sur la nécessité de ne pas écarter de réflexion les questions jugées stratégiques pour le pays. Cette prise de position intervient alors que l’opposition, regroupée notamment autour de figures comme Martin Fayulu ou Moïse Katumbi, dénonce une manœuvre politique visant à contourner la limitation du nombre de mandats.
Le chef de l’État a également rappelé l’importance de la démocratie en RDC, tout en évitant de mentionner explicitement les craintes d’un troisième mandat. Pourtant, la modification de la Constitution reste au cœur des controverses, certains y voyant une tentative de pérenniser le pouvoir en place.
Des accusations de confiscation du débat démocratique
Les détracteurs du projet estiment que le président cherche à « confisquer » le débat en limitant les possibilités de contestation. Comme le rapporte RFI, l’opposition accuse la majorité de vouloir imposer une réforme constitutionnelle sans consultation large, ce qui pourrait fragiliser la stabilité politique du pays. Ces tensions s’ajoutent à un climat social déjà fragilisé par des crises économiques et sécuritaires récurrentes.
Dans son discours, Félix Tshisekedi n’a pas directement répondu aux accusations de manipulation politique, préférant insister sur la nécessité de « ne pas interdire de réflexion » aux citoyens. Une posture qui laisse planer le doute sur ses intentions réelles, d’autant que la Constitution actuelle limite à deux le nombre de mandats présidentiels.
Un anniversaire de l’indépendance marqué par les divisions
La célébration du 66e anniversaire de l’indépendance de la RDC a été l’occasion pour le président de tenter de rassembler la nation autour d’un discours d’unité. Pourtant, les divisions politiques ont largement éclipsé les commémorations officielles. RFI souligne que les festivités, bien que protocolaires, se sont déroulées dans un contexte de polarisation accrue entre le pouvoir et l’opposition.
Alors que le gouvernement met en avant les progrès économiques et les réformes en cours, les critiques pointent du doigt la gestion des ressources naturelles et la persistance de l’instabilité dans l’est du pays. Ces enjeux, déjà complexes, se trouvent désormais exacerbés par la crise constitutionnelle.
En attendant, le débat reste ouvert : jusqu’où une démocratie peut-elle tolérer des réformes constitutionnelles controversées sans remettre en cause son équilibre institutionnel ?