Le premier long-métrage du réalisateur portugais Pedro Cabeleira, « Entroncamento », sort ce mercredi 8 juillet 2026 sur les écrans français. Selon Le Monde, ce polar plonge le spectateur dans une banlieue grise et désolée de Lisbonne, où les ombres des gangsters misogynes s’étirent au gré des nuits sans étoiles. Un décor que Cabeleira connaît intimement, ayant grandi dans cette même cité périphérique.
Ce qu'il faut retenir
- « Entroncamento », premier long-métrage de Pedro Cabeleira, sort en France le 8 juillet 2026
- Le film dépeint un milieu de gangsters misogynes dans une banlieue morose de Lisbonne
- Pedro Cabeleira a puisé son inspiration dans son enfance passée à Entroncamento, une ville de la périphérie lisboète
- Le réalisateur mise sur des plans nocturnes pour sublimer son récit sombre
- Le film est salué pour sa description crue et réaliste d’un univers criminel et marginal
Un polar ancré dans une réalité sociale
Pedro Cabeleira ne cache pas son ambition avec « Entroncamento ». Le film s’attache à explorer les rouages d’un milieu criminel où la violence et le mépris envers les femmes se mêlent à la loi du silence. D’après Le Monde, le réalisateur a choisi de situer son récit dans une ville de la périphérie de Lisbonne, un cadre qui n’est pas anodin. Entroncamento, où Cabeleira a passé une partie de son enfance, incarne pour lui un symbole de cette banlieue oubliée, où les rêves s’effritent au contact d’un quotidien sans issue.
Le choix de la nuit comme toile de fond n’est pas un hasard. Les plans nocturnes, souvent baignés d’une lumière bleutée et artificielle, renforcent l’atmosphère oppressante du film. « La nuit, c’est le moment où tout se joue, où les règles changent et où les masques tombent », a expliqué le réalisateur au Monde. Cabeleira y voit une métaphore de la marginalité, où les personnages évoluent dans un entre-deux, ni tout à fait dans la légalité, ni tout à fait en dehors.
Une œuvre nourrie par l’expérience personnelle
Pour Pedro Cabeleira, « Entroncamento » est bien plus qu’un simple film policier. Il s’agit d’un travail de mémoire et de transmission, où le passé du réalisateur se mêle à la fiction. Dans une interview accordée à Le Monde, il a précisé : « J’ai voulu montrer cette réalité telle que je l’ai vécue, sans fard ni édulcorant. Ce n’est pas un film sur les gangs, c’est un film sur les gens qui y vivent, qui y survivent. »
Le film s’appuie sur des dialogues crus et des scènes brutales, où la misogynie n’est pas un thème secondaire mais un pilier de l’intrigue. Les personnages féminins, souvent relégués au rang d’objets ou de victimes, incarnent cette violence structurelle. « Le milieu criminel que je dépeins est profondément patriarcal, a souligné Cabeleira. Les femmes y sont soit des trophées, soit des cibles. »
Une réception critique encore en suspens
Alors que « Entroncamento » commence à circuler dans les salles françaises, les premières critiques soulignent à la fois la force visuelle du film et son ancrage réaliste. Comme le rapporte Le Monde, certains critiques saluent la manière dont Cabeleira évite les clichés du genre policier pour offrir une plongée sans concession dans un univers qu’il connaît de l’intérieur.
Cependant, d’autres voix pointent un scénario parfois inégal, où la densité des thèmes abordés pourrait perdre le spectateur. « Le film oscille entre une peinture sociale puissante et un récit parfois trop ambitieux, a noté un critique du Monde. Reste à voir si le public saura apprécier cette complexité. »
Quant au public, il aura jusqu’au 15 juillet pour découvrir « Entroncamento » dans les salles françaises. Une tournée en avant-première est organisée dans plusieurs villes, dont Lisbonne, où le film sera projeté en présence du réalisateur.
Oui, le réalisateur a tourné une partie des scènes à Entroncamento, la ville de la périphérie lisboète où il a grandi. Il a expliqué à Le Monde s’être inspiré de son enfance pour recréer l’atmosphère du film.