Selon Ouest France, l’entreprise solidaire Le Relais a annoncé la fermeture de 4 295 conteneurs répartis sur l’ensemble du territoire français. Cette décision, qui intervient dans un contexte de restructuration du réseau de collecte textile, prive désormais plusieurs départements de tout point de dépôt dédié. La Mayenne et le Morbihan, parmi d’autres territoires, se retrouvent ainsi totalement dépourvus de ces bornes emblématiques du recyclage textile.

Ce qu'il faut retenir

  • 4 295 conteneurs de la marque Le Relais fermés en France selon Ouest France
  • Plusieurs départements, dont la Mayenne et le Morbihan, ne disposent plus d’aucun point de collecte textile
  • L’entreprise Le Relais est une structure solidaire spécialisée dans le recyclage et la réutilisation des textiles
  • Les alternatives de collecte incluent les déchetteries, les magasins de vêtements ou les associations locales
  • Cette fermeture s’inscrit dans une logique de rationalisation des points de collecte

Une restructuration du réseau de collecte textile

Le Relais, acteur historique du recyclage textile en France, justifie cette fermeture massive par une volonté de moderniser son réseau. « Cette restructuration permet de concentrer les efforts sur les points de collecte les plus fréquentés et les plus efficaces », a expliqué un porte-parole de l’entreprise. L’objectif affiché est d’améliorer le taux de récupération des vêtements usagés, tout en réduisant les coûts logistiques liés à la maintenance des bornes les moins utilisées.

Cependant, cette décision soulève des questions logistiques pour les habitants des zones concernées. Dans des départements comme la Mayenne ou le Morbihan, où aucun conteneur n’est plus accessible, les habitants doivent désormais se tourner vers d’autres solutions. Ouest France précise que cette fermeture concerne des milliers de points de collecte répartis dans 72 départements, selon les estimations de l’entreprise.

Des alternatives existent, mais leur accessibilité varie

Pour les usagers privés de conteneurs, plusieurs options s’offrent à eux. Les déchetteries municipales, par exemple, acceptent généralement les vêtements en bon état ou usagés. « La plupart des déchetteries disposent d’un espace dédié au textile », confirme un responsable d’une collectivité locale. Cependant, leur nombre reste limité et leur accessibilité peut être contraignante, notamment pour les personnes sans moyen de transport.

Une autre solution consiste à se rendre dans les magasins de vêtements ou les enseignes de prêt-à-porter, qui proposent souvent des bornes de collecte en partenariat avec des associations. Les boutiques H&M, Zara ou encore Kiabi sont régulièrement citées comme des alternatives viables. Enfin, les associations locales, telles que le Secours Populaire ou la Croix-Rouge, organisent des collectes ponctuelles ou permanentes. Leur avantage ? Un circuit souvent plus court et une réutilisation directe des vêtements pour les personnes dans le besoin.

Un impact environnemental et social à évaluer

Cette fermeture massive des conteneurs Le Relais interroge sur son impact environnemental. Le recyclage textile est un enjeu majeur en France, où seulement 30 % des vêtements usagés sont collectés, selon les chiffres de l’Agence de la transition écologique (Ademe). « Une baisse des points de collecte pourrait réduire encore ce taux », craint un expert du secteur. Par ailleurs, les associations de réemploi craignent une augmentation des dépôts sauvages, déjà en hausse dans certaines régions.

Côté social, les conséquences sont également à considérer. Le Relais emploie près de 3 000 personnes, principalement en insertion professionnelle. La fermeture des conteneurs pourrait entraîner des suppressions d’emplois, même si l’entreprise assure vouloir « accompagner ses salariés dans cette transition ».

Et maintenant ?

D’ici la fin de l’année 2026, Le Relais prévoit de réévaluer l’implantation des conteneurs restants et d’étudier la mise en place de nouvelles solutions, comme des partenariats avec des commerces locaux. Pour les usagers, la période estivale pourrait être l’occasion de se renseigner auprès des mairies ou des associations pour identifier les points de collecte alternatifs. Reste à voir si ces initiatives suffiront à combler le vide laissé par la fermeture des 4 295 conteneurs.

Cette restructuration interroge plus largement sur la gouvernance du recyclage textile en France. Avec seulement 12 kg de textiles collectés par habitant et par an, le pays reste en retard par rapport à ses voisins européens. La question n’est donc pas seulement pratique, mais aussi politique : comment garantir un accès équitable à la collecte textile tout en maintenant une filière économique viable ?

Selon Ouest France, la Mayenne et le Morbihan font partie des départements entièrement dépourvus de conteneurs Le Relais. D’autres zones, comme la Creuse ou le Gers, sont également fortement impactées, avec plus de 80 % de leurs bornes fermées.

Ouest France précise que cette fermeture ne concerne que les conteneurs de l’entreprise Le Relais. Les autres réseaux de collecte, comme ceux gérés par Eco TLC ou d’autres acteurs, ne sont pas impactés par cette décision pour l’instant.