La crise commerciale qui opposait le Népal à l’Inde concernant les exportations de thé s’est conclue cette semaine par un apaisement des tensions, selon Le Figaro. Après plusieurs semaines d’incertitude et de restrictions imposées par New Delhi, la production et l’exportation de thé népalais ont repris leur cours normal, comme l’a confirmé mardi le secteur productif local.
« Toutes les fabriques de thé ont rouvert », s’est réjoui Dilli Ram Shrestha, président de l’association des producteurs Suryodaya Orthodox, auprès de l’AFP. Cette reprise marque la fin d’une période de suspension des activités pour plus de 80 producteurs népalais, contraints à l’arrêt mi-juin faute de débouchés commerciaux suffisants.
Ce qu'il faut retenir
- Fin des restrictions : L’Inde a levé progressivement ses contrôles renforcés sur les importations de thé népalais, passés de 100 % à 20 % des volumes testés la semaine dernière.
- Impact économique : Plus de 3 000 familles népalaises dépendent directement de cette filière, représentant un chiffre d’affaires annuel de 27 millions de dollars pour 15 600 tonnes exportées.
- Dépendance commerciale : L’Inde absorbe plus de 80 % des exportations de thé du Népal, un partenaire qui représente 63 % de ses importations totales (8,6 milliards de dollars par an).
- Zones affectées : Les plantations des régions d’Ilam et de Jhapa, dans l’est du Népal, ont été particulièrement touchées par ces mesures.
Une crise née de contrôles sanitaires controversés
Tout a commencé début mai, lorsque les autorités indiennes ont exigé que l’intégralité des envois de thé en provenance du Népal fasse l’objet de tests sanitaires à leur arrivée. Ces nouvelles exigences, motivées officiellement par des préoccupations de sécurité alimentaire, ont été perçues comme une barrière déguisée par le gouvernement népalais et les acteurs du secteur.
Les conséquences ont été immédiates : dès mi-juin, plus de 80 producteurs ont dû suspendre leurs activités, faute de pouvoir écouler leur marchandise. Selon Netra Prasad Subedi, porte-parole du ministère népalais de l’Industrie et du Commerce, New Delhi a finalement assoupli ses exigences la semaine dernière, en ramenant le taux de contrôles à 20 % du volume total.
Un secteur vital pour l’économie népalaise
Le thé occupe une place centrale dans l’économie du Népal, notamment dans les régions montagneuses de l’est du pays. Les plantations d’Ilam et de Jhapa, où sont cultivées certaines des plus anciennes variétés de thé du pays, emploient directement ou indirectement près de 3 000 familles. La saison de récolte, qui coïncidait avec l’imposition des restrictions indiennes, a été particulièrement affectée.
« Ces contrôles sont intervenus en pleine période de récolte, ce qui a aggravé la situation », a expliqué Dilli Ram Shrestha. « Grâce à l’assouplissement récent, nous avons pu écouler les stocks accumulés et relancer la production. » Le secteur table désormais sur une reprise progressive de ses exportations vers son principal client.
L’Inde, premier partenaire commercial du Népal
Les échanges commerciaux entre les deux pays sont stratégiques. L’Inde représente 63 % des importations du Népal, pour un montant annuel de 8,6 milliards de dollars, selon la Banque mondiale. À titre de comparaison, la Chine, deuxième partenaire, ne représente que 13 % des échanges, avec 1,8 milliard de dollars.
Cette dépendance économique expose le Népal à des risques en cas de tensions commerciales, comme celle qui vient de se résoudre. Le thé, produit phare du pays, contribue à hauteur de 27 millions de dollars au chiffre d’affaires annuel du pays, pour un volume d’exportation de 15 600 tonnes, selon les données du Bureau national du thé et du café.
La reprise des activités des fabriques de thé marque donc un soulagement pour les producteurs, mais le secteur devra désormais composer avec une concurrence accrue et une demande mondiale en constante évolution. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’impact réel de cette crise sur la filière.
Selon les autorités indiennes, ces contrôles sanitaires supplémentaires étaient justifiés par des préoccupations liées à la sécurité alimentaire. Cependant, cette mesure a été perçue comme une barrière commerciale déguisée par le gouvernement népalais et les producteurs locaux, dans un contexte de tensions commerciales récurrentes entre les deux pays.