Le projet de glamping de luxe « Tavolara Bay », porté par un groupe immobilier brésilien dans le nord-est de la Sardaigne, a été stoppé net par le gouvernement italien. Selon Euronews FR, les autorisations accordées en février 2026 ont été révoquées le 2 juillet, après des mois de contestation menée par les habitants, les associations environnementales et les collectivités locales.

Ce qu'il faut retenir

  • Le projet « Tavolara Bay », porté par la société brésilienne JSFH, prévoyait l’aménagement d’un glamping de luxe face à l’île de Tavolara, dans une zone classée en aire marine protégée.
  • Le gouvernement italien a retiré l’autorisation ZES accordée le 6 février 2026, mettant fin à un projet contesté depuis des mois.
  • La zone concernée est soumise à un régime d’inconstructibilité totale en vertu d’une loi nationale et d’un plan paysager régional verrouillé en 2006.
  • La présidente de la junte régionale sarde, Alessandra Todde, a saisi le tribunal administratif régional (TAR) le 8 juillet pour contester le projet.
  • Le projet prévoyait la rénovation d’une villa existante et l’installation d’une vingtaine de petites maisons amovibles, sans créer de nouvelles surfaces bâties.

Un projet immobilier controversé dans une zone protégée

Le projet « Tavolara Bay » devait s’installer sur un terrain situé à Loiri Porto San Paolo, à vingt kilomètres au sud de Porto Rotondo, face à l’île de Tavolara. Selon les informations d’Euronews FR, le site était déjà classé en aire marine protégée, où une loi nationale interdit toute construction. Pourtant, pour contourner ces restrictions, la société brésilienne JSFH avait obtenu une autorisation ZES (Zone Économique Spéciale) délivrée par le Département pour le Sud de Palazzo Chigi le 6 février 2026.

Le projet prévoyait la transformation d’une vieille villa en établissement de glamping de luxe, accompagnée de l’installation d’une vingtaine de petites maisons démontables. Aucun nouveau bâtiment n’aurait été construit, mais l’utilisation des ZES aurait permis de contourner les contraintes environnementales et paysagères en vigueur en Sardaigne. Ces normes, renforcées en 2006 par une loi régionale portée par l’ancien gouverneur Renato Soru, interdisent toute construction dans un rayon de 300 mètres à partir du rivage.

Une mobilisation citoyenne et politique sans précédent

Dès l’annonce du projet, une opposition massive s’est organisée en Sardaigne. Selon Euronews FR, les habitants, les associations environnementales et les collectifs locaux ont multiplié les manifestations et les recours juridiques pour s’opposer à l’opération. Parmi les acteurs les plus engagés figuraient le WWF, Legambiente, Italia Nostra, ainsi que des groupes comme Gruppo di intervento giuridico, Liberu ou encore Comitato Costituzione attiva Sassari.

Le maire de Loiri Porto San Paolo, Francesco Lai, a joué un rôle central dans cette contestation. Il a confirmé le 2 juillet la révocation des autorisations gouvernementales, saluant une « grande victoire pour les Sardes et pour l’environnement ». Dans un communiqué, il a précisé que « cette affaire doit servir de leçon. Aux investisseurs, avant tout : la Sardaigne n’est pas une terre de conquête ».

Un recours juridique engagé par la région Sardaigne

Face à l’ampleur de la contestation, la présidente de la junte régionale sarde, Alessandra Todde, a déposé un recours devant le tribunal administratif régional (TAR) le 8 juillet. Elle a indiqué être prête à porter le dossier jusqu’à la Cour constitutionnelle si nécessaire. Son objectif : faire annuler définitivement les autorisations ZES accordées au projet « Tavolara Bay », estimant que leur application aurait ouvert la voie à des contournements similaires des protections environnementales en Sardaigne.

Pour la dirigeante, ce recours n’est pas seulement une question juridique, mais aussi un message politique fort. Elle a souligné que « le recours aux ZES aurait été extrêmement grave, même pour un projet limité comme celui-ci, car il aurait créé un précédent dangereux pour l’ensemble du littoral sarde ».

Des analogies avec d’autres projets contestés en Europe

Selon Euronews FR, les similitudes entre le projet « Tavolara Bay » et d’autres opérations immobilières controversées en Europe n’ont pas échappé aux observateurs. Le glamping de Cala Finanza rappelle notamment le complexe que le gendre de l’ancien président américain Donald Trump, Jared Kushner, devait construire dans la lagune près de Valona, en Albanie. Ces projets, tous deux portés par des investisseurs étrangers, ont suscité une opposition massive en raison de leur impact potentiel sur les écosystèmes locaux et les paysages côtiers.

En Sardaigne, la mobilisation a pris une dimension nationale, avec l’implication de nombreuses associations et collectifs qui ont dénoncé une « spéculation immobilière déguisée en projet touristique ». Les opposants ont également pointé du doigt le risque de voir d’autres projets similaires émerger sur le littoral méditerranéen, où les contraintes environnementales sont souvent perçues comme des obstacles à contourner plutôt que comme des garde-fous à respecter.

Et maintenant ?

La révocation des autorisations ZES pour le projet « Tavolara Bay » marque une étape importante pour la défense des espaces protégés en Sardaigne. Cependant, l’audience devant le TAR le 8 juillet pourrait relancer le débat, tandis que la région sarde maintient sa volonté de contester le projet jusqu’à la Cour constitutionnelle. Pour les opposants, cette affaire pourrait aussi servir d’exemple pour d’autres régions méditerranéennes confrontées à des pressions immobilières similaires.

Reste à voir si cette décision du gouvernement italien aura un effet dissuasif sur les investisseurs étrangers, ou si d’autres projets tenteront de contourner les normes environnementales en utilisant des dispositifs comme les ZES.

En attendant, la Sardaigne conserve son statut de bastion des protections environnementales en Méditerranée, mais la vigilance des citoyens et des associations sera déterminante pour préserver ce patrimoine naturel.

Le projet a bénéficié d’une autorisation ZES délivrée par le gouvernement italien le 6 février 2026, permettant de contourner les contraintes environnementales et paysagères locales. Cependant, cette décision a suscité une opposition massive, conduisant le gouvernement à révoquer l’autorisation le 2 juillet, après seulement quatre mois.