Les députés hongrois ont adopté, ce mardi 8 juillet 2026, la dissolution de l’Office de protection de la souveraineté, à une large majorité. Cette décision marque la fin d’un organisme controversé, créé en février 2024 par le gouvernement de Viktor Orbán, alors Premier ministre, pour surveiller les entités recevant des financements étrangers. Selon Euronews FR, qui rapporte l’information, le vote intervient dans un contexte de recomposition politique du pays, après le départ d’Orbán et l’arrivée au pouvoir de Péter Magyar, figure de l’opposition.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Parlement hongrois a voté, ce 8 juillet 2026, la suppression de l’Office de protection de la souveraineté, créé en février 2024 par Viktor Orbán.
  • Cet organisme était chargé de surveiller les médias et les organisations de la société civile bénéficiant de financements étrangers.
  • Plusieurs journalistes hongrois et articles d’Euronews ont été ciblés par l’office, accusés de menacer la souveraineté nationale.
  • Le ministre Zoltán Tanács a critiqué un organisme coûteux (17 millions d’euros par an) et inefficace, dépourvu de pouvoirs juridiques réels.
  • Tous les employés de l’office seront licenciés dans les 15 prochains jours.
  • Les députés ont également adopté une loi facilitant l’accès aux archives de la police secrète communiste.

Un office créé sous Orbán pour surveiller les financements étrangers

L’Office de protection de la souveraineté a été instauré en février 2024 par le gouvernement Orbán, dans un contexte de tensions croissantes avec l’Union européenne et de restrictions accrues envers les médias indépendants. Selon Euronews FR, son objectif officiel était de « protéger la Hongrie contre les influences étrangères » en contrôlant les organisations et les journalistes recevant des fonds extérieurs. Parmi ses cibles figuraient des médias critiques, comme ceux d’Euronews, qualifiés de menaces pour la souveraineté nationale.

Les députés ont justifié sa suppression par son manque d’efficacité et son coût pour les contribuables. « Malgré son nom, cet office n’a rien accompli », a déclaré le ministre des Sciences et de la Technologie, Zoltán Tanács. « Il ne disposait d’aucun pouvoir juridique réel. La seule chose qu’il a faite, c’est de harceler les organisations de la société civile et ceux qui osaient s’élever contre les politiques du gouvernement précédent. »

Un organisme controversé, symbole des tensions politiques en Hongrie

Dès sa création, l’office avait suscité de vives critiques, tant au niveau national qu’international. Plusieurs journalistes hongrois avaient été désignés comme « agents de Kyiv ou de Bruxelles » par l’institution, une qualification qui avait nourri les craintes d’un durcissement autoritaire. Euronews FR rappelle que des articles de la chaîne avaient également été pointés du doigt pour leur couverture des relations entre la Hongrie et l’UE.

Le coût annuel de l’office, estimé à 6 milliards de forints (soit environ 17 millions d’euros), avait également alimenté les débats. Pour ses détracteurs, ces dépenses étaient disproportionnées au regard de l’absence de résultats concrets. Le gouvernement actuel, issu d’une coalition réformiste, a donc choisi de dissoudre l’institution et de licencier ses 150 employés d’ici la fin du mois.

Une ouverture sur le passé communiste : les archives de la police secrète accessibles

En parallèle du vote sur l’office, les députés hongrois ont adopté une mesure visant à ouvrir les archives de la police secrète de l’époque communiste. Cette loi impose aux services de renseignement de transmettre l’intégralité de leurs documents aux Archives nationales, où ils seront accessibles aux chercheurs. Seule une exception est prévue : l’identité des agents et informateurs pourra rester confidentielle si la sécurité nationale l’exige.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de transparence historique, alors que la Hongrie, comme d’autres pays d’Europe centrale, cherche à faire la lumière sur les méthodes de surveillance de l’ère soviétique. Elle contraste avec les politiques de restriction menées par l’ancien gouvernement Orbán, qui avait tenté de limiter l’accès à ces archives.

« Les dossiers de la police secrète communiste doivent être accessibles à tous ceux qui souhaitent comprendre notre histoire. La vérité ne doit pas rester prisonnière des coffres-forts de l’État. »
— Déclaration d’un député de l’opposition, rapportée par Euronews FR

Et maintenant ?

La dissolution de l’Office de protection de la souveraineté devrait entrer en vigueur d’ici la fin du mois de juillet 2026. Les salariés licenciés pourraient bénéficier d’un accompagnement vers d’autres secteurs, mais les modalités exactes restent à préciser. Côté archives, les premières mises à disposition des chercheurs pourraient intervenir dès le début de l’année 2027, sous réserve de la finalisation des transferts. Cette double décision pourrait marquer une nouvelle étape dans la politique mémorielle et médiatique de la Hongrie, mais son impact réel dépendra de sa mise en œuvre concrète.

Ces réformes surviennent dans un contexte où le pays tente de tourner la page de l’ère Orbán, tout en gérant les tensions avec Bruxelles. La question de l’indépendance des médias et de la liberté académique reste au cœur des débats, alors que la Hongrie prépare les prochaines élections locales et européennes.

L’office a été largement contesté pour son manque de résultats tangibles et son utilisation contre des journalistes et organisations critiques envers le gouvernement. Plusieurs médias, dont ceux d’Euronews, avaient été ciblés pour leur couverture de la Hongrie, accusée de menacer la souveraineté nationale. Son coût annuel, estimé à 17 millions d’euros, a aussi alimenté les critiques sur son utilité réelle.