Des attaques massives de missiles et de drones russes ont visé la capitale ukrainienne Kiev tôt ce jeudi 2 juillet 2026, causant la mort d’au moins 13 personnes et faisant plusieurs dizaines de blessés. Selon BMF - International, ces frappes surviennent après les mises en garde du président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui avait évoqué la veille une « frappe massive » en préparation par Moscou.
Ce qu'il faut retenir
- Au moins 13 morts et des dizaines de blessés à Kiev après des frappes russes combinant missiles et drones.
- Les autorités ukrainiennes accusent la Russie de cibler délibérément des zones résidentielles, endommageant des immeubles et des infrastructures civiles.
- Le président Zelensky a annoncé son retour immédiat à Kiev après avoir été informé d’une « frappe massive » en préparation, évoquant une stratégie russe en préparation depuis plusieurs semaines.
- Les frappes ont touché 28 sites, principalement des bâtiments résidentiels et des infrastructures médicales, dont un poste d’ambulances endommagé.
- Cette attaque intervient après une précédente frappe massive russe le 2 juin, ayant fait 23 morts, dont 7 à Kiev.
Le bilan provisoire des victimes, initialement estimé à 8 morts par Timour Tkatchenko, responsable de l’administration militaire de Kiev, a été révisé à la hausse dans la matinée. « Une fois de plus, l’ennemi vise délibérément des zones résidentielles et tue des civils », avait-il dénoncé sur Telegram, soulignant l’ampleur des dégâts dans les immeubles résidentiels.
Les attaques, qui se sont prolongées sur plusieurs heures, ont provoqué des explosions successives dans différents quartiers de la ville. Des journalistes de l’AFP sur place ont rapporté avoir entendu des détonations en cascade, suivies de l’apparition de fumées épaisses et de flammes dans l’hypercentre de Kiev. Les services d’urgence, pompiers et ambulances, sont rapidement intervenus pour maîtriser les incendies et porter assistance aux victimes.
Dans les rues, les habitants, habitués aux alertes aériennes, ont cette fois encore cherché refuge dans les abris souterrains, certains portant des matelas sous le bras. Kateryna Koval, une habitante de Kiev, a confié à l’AFP avoir repris l’habitude de se réfugier systématiquement : « Après les dernières attaques, j’ai décidé d’y aller parce qu’il y a eu tout simplement trop de frappes sur des sites civils lors de l’attaque récente. »
Les autorités locales ont recensé 28 sites touchés, principalement des immeubles résidentiels et des infrastructures civiles. Vitali Klitschko, maire de Kiev, a précisé que cinq professionnels de santé avaient été blessés dans le district de Chevtchenkivskyï, dont un ambulancier dans un état critique. « Le toit d’un immeuble résidentiel de grande hauteur est en feu » dans un autre quartier, tandis que des personnes restent bloquées dans un bâtiment de neuf étages endommagé.
« Bien sûr, la situation peut toujours empirer, mais je ne pense pas qu’ils puissent nous intimider. » — Kateryna Kucheriava, médecin habitant Kiev
Cette attaque s’inscrit dans un contexte de tensions accrues entre l’Ukraine et la Russie. Le 2 juin dernier, une frappe russe massive, impliquant 656 drones et 73 missiles, avait déjà fait 23 morts, dont 16 à Dnipro et 7 à Kiev, blessant une cinquantaine d’autres personnes. Depuis plusieurs mois, Kiev intensifie ses frappes en territoire russe et dans les zones occupées par Moscou, alors que les négociations sous médiation américaine pour mettre fin au conflit sont au point mort.
Le 18 juin, une attaque ukrainienne massive avait notamment touché une raffinerie majeure près de Moscou, provoquant des explosions et un incendie spectaculaire. Ces échanges de frappes illustrent l’escalade militaire continue, près de quatre ans après le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022.
Des frappes délibérées contre les civils
Selon les premières investigations, les missiles russes ont ciblé des zones résidentielles densément peuplées, confirmant une stratégie déjà observée lors des précédents bombardements. Les dégâts matériels sont importants : des immeubles de plusieurs étages endommagés, des incendies difficiles à maîtriser, et des infrastructures médicales touchées, comme en témoigne le poste d’ambulances endommagé dans le district de Chevtchenkivskyï.
Les habitants, bien que résilients, expriment une lassitude croissante face à cette insécurité permanente. « La situation est difficile, mais on s’habitue à tout, même à la peur », a confié une résidente de Kiev sous couvert d’anonymat. Les autorités locales appellent à nouveau la population à respecter les consignes de sécurité et à se rendre sans délai dans les abris en cas d’alerte.
Contexte et réactions internationales
La veille de ces frappes, Volodymyr Zelensky, alors en déplacement à Dublin, avait prévenu que « Vladimir Poutine préparait cette frappe massive contre l’Ukraine depuis un certain temps déjà ». Il avait appelé les Ukrainiens à « redoubler de prudence pour se protéger », soulignant l’imminence d’une escalade militaire.
Cette attaque survient alors que les relations entre Kiev et ses partenaires occidentaux restent tendues. Malgré les livraisons continues d’armes, les discussions pour un cessez-le-feu ou des négociations de paix piétinent. Les frappes russes du 2 juin et celles de ce 2 juillet montrent que Moscou maintient une pression constante sur les centres urbains ukrainiens, malgré les condamnations internationales.
Ces attaques rappellent que, près de quatre ans après le début du conflit, la guerre en Ukraine n’est pas près de s’éteindre. Les populations civiles, prises au piège entre les lignes de front et les bombardements, paient un lourd tribut dans ce conflit qui s’enlise.
Reste à voir si cette nouvelle escalade pourra relancer les discussions diplomatiques ou, au contraire, entraîner une réponse encore plus forte des belligérants.
Selon les analystes, ces frappes répondent à une stratégie délibérée visant à semer la terreur parmi la population civile et à affaiblir le moral des Ukrainiens. En ciblant des immeubles et des infrastructures médicales, Moscou cherche à maximiser l’impact psychologique et à perturber la vie quotidienne, tout en testant les capacités de défense ukrainiennes. Ces attaques sont souvent suivies de déclarations de responsables russes justifiant ces actions par la nécessité de « démilitariser » l’Ukraine.