La directrice de la rédaction de Konbini a annoncé à ses équipes que les journalistes devront désormais intégrer des contenus publicitaires dans leurs productions. Cette mesure, révélée par Libération, intervient après le rachat du média par Alexandre Yazdi, également patron de l’éditeur de jeux vidéo Voodoo, opéré à la mi-mai.

Ce qu'il faut retenir

  • Le rachat de Konbini par Alexandre Yazdi, patron de Voodoo, a été finalisé à la mi-mai 2026.
  • Plusieurs salariés décrivent un « sentiment de terreur » depuis cette prise de contrôle, selon Libération.
  • La direction a annoncé l’obligation pour les journalistes de produire des contenus publicitaires.
  • Des craintes existent quant à la pérennité des postes et à l’indépendance éditoriale.

Un changement de direction marqué par l’opacité

Selon plusieurs témoignages recueillis par Libération, l’arrivée d’Alexandre Yazdi à la tête de Konbini s’est accompagnée d’une gestion perçue comme brutale par les salariés. « Tout le monde flippe, personne n’est à l’abri », confie un employé sous couvert d’anonymat. Les méthodes de management mises en place depuis le rachat, survenu à la mi-mai, seraient à l’origine d’un climat de tension inédit au sein de la rédaction.

Parmi les premières décisions prises figure la suppression progressive de l’indépendance éditoriale, au profit d’une logique commerciale. La directrice de la rédaction a officiellement informé les équipes qu’elles devront désormais inclure des contenus publicitaires dans leurs articles et reportages. Une orientation qui contraste fortement avec la ligne éditoriale historique du média, centrée sur l’actualité culturelle et numérique.

Des craintes pour l’avenir des postes et de la ligne éditoriale

Les salariés s’interrogent sur la viabilité à long terme de leur mission. « On ne sait pas ce qui nous attend dans trois mois », explique un journaliste. Les rumeurs d’un possible recentrage vers des sujets plus commerciaux, voire d’un licenciement collectif, alimentent un sentiment d’insécurité. Certains employés évoquent même une « chasse aux sorcières » pour écarter ceux qui refuseraient de se plier aux nouvelles directives.

D’après Libération, cette situation n’est pas isolée. Plusieurs médias ayant récemment changé de mains ont connu des restructurations similaires, avec des réductions d’effectifs ou des mutations brutales de leur ligne éditoriale. La question de l’indépendance des rédactions face aux actionnaires se pose avec une acuité particulière dans un contexte de concentration des médias.

« Le patron de Voodoo a pris le contrôle du média en y faisant régner un sentiment de terreur. » — Libération

Konbini dans l’écosystème des médias français

Konbini s’est imposé ces dernières années comme un acteur incontournable de l’information en ligne, notamment auprès des jeunes publics. Avec plus de 10 millions de visiteurs uniques par mois avant le rachat, le média bénéficiait d’une audience solide et d’une réputation de sérieux dans la couverture de l’actualité culturelle, gaming et lifestyle. Son repositionnement sous l’égide d’Alexandre Yazdi soulève des questions sur l’avenir de son modèle économique et de son lectorat.

Cette opération s’inscrit dans une tendance plus large de rapprochement entre les industries du jeu vidéo et des médias. Voodoo, connu pour ses jeux mobiles à succès comme *Helix Jump* ou *Baseball Boy*, diversifie ainsi ses activités dans l’édition de contenus. Reste à savoir si cette stratégie portera ses fruits, ou si elle se traduira par une perte d’authenticité pour Konbini.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines devraient apporter des éclaircissements sur l’ampleur des changements à venir. Une réunion générale est prévue début septembre pour préciser les modalités de la nouvelle organisation. Les salariés espèrent obtenir des garanties sur la préservation de leurs postes, tandis que la direction pourrait officialiser sa stratégie commerciale. Pour l’heure, le suspense reste entier sur l’avenir de ce média emblématique.

Quant à Alexandre Yazdi, il n’a pas encore réagi publiquement aux critiques internes. Sa gestion future de Konbini sera scrutée de près, notamment par les observateurs du secteur médiatique.