Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) a présenté, mercredi 1er juillet 2026, les grandes lignes de son programme de travail jusqu’à l’élection présidentielle de 2027, selon BFM Business. Après des critiques récentes sur son utilité et son coût, notamment de la part de la commission des Finances de l’Assemblée nationale et de la Cour des comptes, l’institution assume désormais pleinement son rôle de conseil au long cours, tout en intégrant des avis sur le temps court.
Claire Thoury, élue présidente du Cese en mai 2026, a rappelé que l’objectif principal de l’assemblée consultative est de remettre, entre mai et juin 2027, « l’apport de la société civile organisée sur les grandes thématiques et les grands défis » identifiés par ses membres. Cette mission sera formalisée lors de la « rentrée solennelle » du Cese, prévue le 8 septembre 2026, première du genre depuis la création de l’institution en 1946. « Nous voulons réaffirmer le caractère institutionnel de cette assemblée et annoncer notre programme de travail », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse à Paris.
Ce qu'il faut retenir
- Le Cese, troisième chambre du Parlement français, a pour mission de conseiller le pouvoir public et la société civile sur les enjeux de long terme, notamment jusqu’à l’élection présidentielle de 2027.
- Sa présidente, Claire Thoury, a confirmé que l’institution combinera avis sur le temps long et temps court dans son programme de travail.
- Parmi les thèmes prioritaires figurent la dignité au travail, l’accès aux essentiels, la jeunesse, la confiance démocratique et le logement.
- Le Cese rendra un avis entre le 15 et le 17 juillet 2026 sur la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles, après avoir été saisi par la présidente de l’Assemblée nationale.
- L’institution consacrera son rapport annuel, publié à l’automne 2026, à la démographie, un sujet jugé central par sa direction.
Un rôle consultatif renforcé face aux remises en question
Le Cese, souvent surnommé la « troisième chambre » du Parlement en raison de son rôle consultatif, a vu son utilité et son financement questionnés à plusieurs reprises. En 2025, la commission des Finances de l’Assemblée nationale et la Cour des comptes avaient pointé du doigt son coût, estimant que ses avis n’étaient pas toujours suivis d’effets concrets. Pourtant, Claire Thoury assume désormais ce rôle de « chambre du temps long », tout en insistant sur la nécessité de répondre aux urgences immédiates.
« Oui, on est la chambre du temps long, et on va continuer à l’être », a-t-elle affirmé, soulignant que certaines crises, comme celles liées au climat ou aux transformations sociales, s’inscrivent dans une temporalité longue. « Notre responsabilité est d’être capable de faire les deux : temps long et temps court », a-t-elle ajouté. Cette double approche devrait se concrétiser dans le rapport annuel de 2026, consacré à la démographie, un sujet jugé stratégique pour l’avenir du pays.
Les priorités identifiées par la société civile organisée
Lors d’une réunion tenue mercredi 1er juillet 2026, les représentants des syndicats, des organisations patronales, des associations et des organismes de protection de l’environnement au sein du Cese ont dégagé plusieurs « points de convergence ». Parmi eux, la dignité au travail, l’accès aux essentiels (logement, santé, éducation), la situation des jeunes générations, la confiance dans les institutions démocratiques et la gestion des finances publiques ont été mis en avant.
Claire Thoury a d’ailleurs insisté sur l’importance de ces enjeux, déclarant : « La société civile organisée a beaucoup de choses à dire sur le débat public en ce moment ». Cette prise de position intervient alors que le débat sur le pouvoir d’achat et les inégalités sociales reste vif en France, notamment dans un contexte économique marqué par des tensions inflationnistes et des réformes structurelles.
Un avis attendu sur la loi contre les violences sexistes et sexuelles
D’ici à la mi-juillet 2026, le Cese devra rendre un avis sur la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles, saisie parallèlement par la présidente de l’Assemblée nationale et le Conseil d’État. Cet avis, qui s’appuiera sur l’expertise des membres de l’institution, portera notamment sur la faisabilité et la mise en œuvre des mesures proposées.
« Notre rôle sera de fournir une position de la société civile en matière de faisabilité, de mise en œuvre et de construction de solutions concrètes », a précisé Claire Thoury. Cet exercice illustre la volonté du Cese de s’imposer comme un acteur clé dans l’élaboration des politiques publiques, en s’appuyant sur l’expérience terrain de ses membres.
Si le Cese parvient à concilier temps long et temps court, il pourrait retrouver une place centrale dans le paysage institutionnel français. Dans le cas contraire, les débats sur sa suppression ou sa réforme risquent de resurgir, comme cela a été le cas ces dernières années.
Le Cese est souvent qualifié de « troisième chambre » en raison de son rôle consultatif auprès des deux chambres du Parlement (Assemblée nationale et Sénat). Bien qu’il ne vote pas les lois, il peut rendre des avis et des rapports sur des projets de loi ou des questions de société, ce qui lui confère une place particulière dans le processus législatif.
Le Cese compte 233 membres répartis en trois collèges : les représentants des salariés (syndicats), les représentants des entreprises et des professions indépendantes (patronat), et les représentants de la vie associative, environnementale et territoriale. Ils sont désignés pour cinq ans par décret du président de la République, sur proposition des organisations représentatives.