Mercredi 9 juillet 2026, le Conseil de sécurité des Nations unies a organisé une réunion à New York sur les violences sexuelles liées aux conflits, sous la présidence de la République démocratique du Congo (RDC). Selon RFI, plusieurs délégations ont plaidé pour un recours plus systématique aux sanctions ciblées contre les auteurs de ces crimes, soulignant l’urgence d’une réponse internationale coordonnée.
Ce qu'il faut retenir
- Une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, présidée par la RDC, s’est tenue mercredi 9 juillet 2026 à New York pour discuter des violences sexuelles en contexte de conflit.
- Plusieurs pays ont appelé à des sanctions ciblées contre les auteurs de ces crimes, jugées insuffisantes à ce jour.
- La présidence congolaise a mis en avant la nécessité d’une action renforcée pour lutter contre ces violences systémiques.
Un sujet récurrent à l’ordre du jour des Nations unies
Les violences sexuelles liées aux conflits figurent depuis des années parmi les priorités du Conseil de sécurité. La session de ce mercredi s’inscrit dans une série de discussions visant à évaluer l’application des résolutions existantes, comme la résolution 1325 de 2000, qui reconnaît l’impact spécifique des conflits armés sur les femmes et les filles. Pourtant, malgré ces textes, les acteurs humanitaires et les ONG alertent régulièrement sur l’impunité persistante des auteurs de ces crimes. La RDC, en tant que présidente tournante du Conseil ce mois-ci, a donc choisi d’en faire un axe central de ses travaux.
Lors de l’ouverture des débats, le ministre congolais des Affaires étrangères a rappelé que « ces violences constituent une arme de guerre » et que leur prévention doit être une priorité absolue. Il a également souligné l’importance d’une collaboration accrue entre les États membres pour identifier et sanctionner les responsables, qu’ils soient militaires, miliciens ou groupes armés.
Des sanctions ciblées, une mesure réclamée depuis longtemps
Parmi les pays ayant pris la parole, la France a réitéré son soutien à l’adoption de mesures restrictives contre les individus et entités impliqués dans ces crimes. Son représentant a indiqué que « les sanctions ciblées doivent être utilisées sans hésitation », en citant l’exemple des régimes de sanctions mis en place contre des groupes comme Boko Haram ou l’État islamique en Irak et en Syrie. L’Allemagne et le Royaume-Uni ont également plaidé pour une approche plus ferme, estimant que l’impunité actuelle encourage la persistance de ces actes.
Ces appels interviennent alors que des rapports récents, notamment ceux de l’Organisation des Nations unies et d’Amnesty International, documentent une recrudescence des violences sexuelles dans plusieurs zones de conflit, comme le Soudan, la République centrafricaine ou encore le Myanmar. Selon ces sources, les victimes sont souvent des civiles, et les auteurs agissent en toute impunité dans des zones où l’État est faible ou absent.
Un défi juridique et politique
La mise en œuvre de sanctions ciblées se heurte cependant à des obstacles juridiques et politiques. Certains États membres de l’ONU craignent que ces mesures ne soient perçues comme une ingérence dans leur souveraineté ou n’entraînent des conséquences humanitaires pour les populations civiles. D’autres soulignent le manque de preuves suffisantes pour identifier les responsables, notamment dans des contextes où les crimes sont commis par des groupes non étatiques difficilement traçables.
Le secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des questions humanitaires a reconnu ces difficultés, tout en insistant sur le fait que « l’inaction coûte plus cher que l’action ». Il a rappelé que les sanctions, lorsqu’elles sont bien calibrées, peuvent permettre de geler des avoirs ou d’interdire des voyages à des individus identifiés comme responsables de ces crimes. Il a appelé à un renforcement des mécanismes de collecte de preuves, en collaboration avec la Cour pénale internationale (CPI) et les tribunaux régionaux.
Cette réunion s’inscrit dans un contexte où les violences sexuelles en temps de guerre restent un fléau persistant, malgré les engagements internationaux. Autant dire que l’enjeu dépasse largement le cadre de la RDC ou des pays directement touchés : il engage la crédibilité même des institutions multilatérales face à des crimes qui, pour beaucoup, restent impunis.