Le rappeur Mamadou Coulibaly, connu sous le pseudonyme de Doums, a comparu une nouvelle fois devant le tribunal correctionnel de Paris ce lundi 29 juin 2026. Il est poursuivi pour « violences habituelles commises par conjoint ou ex-conjoint » à l’encontre de son ex-compagne, l’actrice Adèle Exarchopoulos. Ces faits, remontant à la période comprise entre 2017 et 2025, ont entraîné une incapacité de travail de plus de huit jours pour la victime, selon les éléments transmis par le parquet de Paris à Franceinfo - Culture.

Ce qu'il faut retenir

  • Doums est jugé pour des violences répétées sur Adèle Exarchopoulos entre 2017 et 2025, entraînant une incapacité de travail supérieure à huit jours.
  • Il encourt jusqu’à dix ans de prison et 150 000 euros d’amende, une peine pouvant être doublée en raison de la récidive.
  • L’artiste a déjà été condamné à plusieurs reprises pour des faits similaires, notamment en 2020, 2021 et 2023.
  • En février 2026, il a écopé de huit mois de prison avec sursis pour des violences conjugales sur une autre compagne.
  • L’audience de ce 29 juin pourrait faire l’objet d’un renvoi, à la demande de la défense, malgré l’opposition de la partie civile.

L’enquête initiale a été ouverte après le dépôt de plainte de la mère de son premier enfant en octobre 2024. Doums a été déféré devant un magistrat du parquet le 24 janvier 2026 à l’issue d’une garde à vue de quinze mois. Depuis lors, il était placé sous contrôle judiciaire strict : interdiction de contact avec la victime, obligation de soins, interdiction de porter une arme et pointage régulier au commissariat. Ces mesures, précisées par le parquet de Paris, devaient s’appliquer jusqu’à l’audience de ce lundi.

Côté défense, l’avocate de Doums, Me Marion Coiffier, a indiqué à Franceinfo - Culture que « l’audience du 29 juin fera malheureusement l’objet d’une demande de renvoi de sa part » pour des raisons personnelles, indépendantes de la volonté de son client. Une position qui a immédiatement suscité l’opposition de l’avocate d’Adèle Exarchopoulos, Me Marie Grimaud, selon qui « la partie civile s’y oppose fermement ». Cette dernière a par ailleurs confirmé que sa cliente avait prévu de demander le huis clos pour cette audience.

Cette procédure marque la cinquième comparution de Doums devant la justice pour des faits de violences au préjudice d’Adèle Exarchopoulos. Les premières condamnations remontent à juillet 2020, lorsque la cour d’appel avait statué sur des violences conjugales. En juin 2021, il avait de nouveau été condamné pour violences psychologiques et envoi de messages malveillants. En mai 2023, une troisième condamnation à quatre mois de prison avec sursis avait été prononcée. Ces antécédents judiciaires, cumulés à la récidive légale, alourdissent considérablement la peine encourue pour les faits reprochés entre 2017 et 2025.

Par ailleurs, Doums a été jugé en février 2026 pour des violences conjugales sur sa compagne actuelle. L’audience, tenue à huis clos à la demande des parties, s’est conclue par une condamnation à huit mois de prison avec sursis probatoire de deux ans. Pour ces faits, le rappeur a bénéficié d’une relaxe partielle concernant des violences datant de 2022, 2023 et 2024. Concernant les violences habituelles infligées à Adèle Exarchopoulos, les faits sont distincts et remontent à une période plus ancienne, mais restent couverts par la même procédure.

« Doums encourt dix ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende pour les violences habituelles commises entre 2017 et 2025, une peine qui pourrait être doublée en raison de la récidive. » — Parquet de Paris, cité par Franceinfo - Culture

Un parcours judiciaire déjà marqué par plusieurs condamnations

Les condamnations antérieures de Doums illustrent une trajectoire judiciaire déjà bien établie dans ce dossier. En juillet 2020, la cour d’appel avait confirmé une première condamnation pour violences conjugales. Un an plus tard, en juin 2021, il était à nouveau reconnu coupable, cette fois pour violences psychologiques et envoi de messages intimidants. En mai 2023, une troisième condamnation à quatre mois de prison avec sursis avait été prononcée, renforçant le dossier à charge contre l’artiste. Ces antécédents, combinés à la durée des violences alléguées et à leur répétition, expliquent l’ampleur des peines encourues pour les faits reprochés entre 2017 et 2025.

Le parquet de Créteil avait également communiqué, en février 2026, les détails de la condamnation de Doums pour des violences sur une autre compagne. L’audience, tenue à huis clos, avait abouti à une peine de huit mois de prison avec sursis probatoire de deux ans. Pour ces faits, le rappeur avait bénéficié d’une relaxe partielle concernant des violences antérieures, mais la procédure actuelle reste indépendante et concerne spécifiquement Adèle Exarchopoulos.

Une procédure complexe et des enjeux juridiques majeurs

L’affaire Doums soulève plusieurs questions juridiques complexes. D’abord, la durée des faits reprochés, s’étalant sur plus de huit ans, impose une charge probatoire lourde pour les enquêteurs. Les violences habituelles, définies par le code pénal comme des actes répétés ayant pour objet ou effet de dégrader les conditions de vie de la victime, constituent une infraction spécifique. Leur qualification dépend de la démonstration d’un schéma répétitif et de son impact sur la santé physique ou psychique de la victime. Dans ce dossier, l’incapacité de travail de plus de huit jours, attestée par des certificats médicaux, renforce la matérialité des faits.

Ensuite, la récidive légale joue un rôle central dans la détermination de la peine. En droit français, la récidive permet d’aggraver les peines encourues. Dans ce cas précis, Doums s’expose à une peine doublée par rapport à celle initialement prévue. Cette disposition, prévue par l’article 132-10 du code pénal, s’applique dès lors que les nouvelles infractions sont commises dans un délai de cinq ans après une condamnation définitive. Or, les condamnations de 2020, 2021 et 2023 sont encore récentes, ce qui alourdit considérablement la sanction encourue pour les faits de 2017 à 2025.

Et maintenant ?

Si l’audience de ce 29 juin 2026 aboutit à un renvoi, une nouvelle date sera fixée dans les semaines à venir. En revanche, si le tribunal ne fait pas droit à la demande de la défense, le procès pourrait se tenir dans la foulée, avec une décision rendue sous quelques semaines. Quelle que soit l’issue, cette procédure judiciaire, déjà marquée par plusieurs condamnations antérieures, devrait aboutir à une sanction sévère compte tenu de la récidive et de la gravité des faits reprochés. Adèle Exarchopoulos, qui a demandé le huis clos, pourrait voir sa demande acceptée ou refusée par le tribunal, ce qui déterminera en partie le déroulement de l’audience.

Cette affaire rappelle par ailleurs l’importance des mécanismes de protection des victimes de violences conjugales, notamment dans les cas de récidive. Les contrôles judiciaires stricts, comme celui imposé à Doums depuis janvier 2026, visent à prévenir de nouveaux actes de violence. Pourtant, leur efficacité dépend largement de leur application effective et du respect des obligations par les mis en cause. La question de l’efficacité des mesures de protection dans les affaires de violences conjugales reste donc un enjeu central, bien au-delà de ce dossier précis.

Enfin, cette procédure pourrait avoir des répercussions sur la carrière de Doums, bien que les condamnations pénales n’entraînent pas automatiquement des conséquences professionnelles. Toutefois, dans un secteur comme celui de la musique, où l’image publique joue un rôle clé, une condamnation pour violences conjugales pourrait influencer les partenariats, les contrats ou la perception du public. Reste à voir comment cette affaire sera perçue et comment l’artiste gérera les conséquences de ce procès.

Doums encourt jusqu’à dix ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende pour les violences habituelles commises entre 2017 et 2025. Ces peines peuvent être doublées en raison de la récidive légale, en vertu de l’article 132-10 du code pénal.

L’avocate de Doums, Me Marion Coiffier, a indiqué que cette demande de renvoi était motivée par des raisons personnelles, indépendantes de la volonté de son client. La partie civile, représentée par Me Marie Grimaud, s’y est fermement opposée.