Washington a décidé de ne pas reconduire l’accord de libre-échange en vigueur avec Ottawa et Mexico, selon Le Monde. Une nouvelle session de négociations est déjà prévue avec le Mexique le 20 juillet, mais aucune date n’a été communiquée pour les discussions avec le Canada. Cette décision marque un tournant dans les relations commerciales nord-américaines, alors que l’administration américaine réévalue ses partenariats économiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Les États-Unis refusent de prolonger l’accord de libre-échange en vigueur avec le Canada et le Mexique, d’après Le Monde.
  • Une rencontre bilatérale avec le Mexique est programmée pour le 20 juillet 2026.
  • Aucune date n’a été fixée pour entamer les discussions avec le Canada.
  • Cette décision s’inscrit dans une révision plus large de la politique commerciale américaine.

Un accord commercial en suspens

L’administration américaine a officiellement fait savoir qu’elle ne reconduirait pas l’actuel traité de libre-échange nord-américain (ALENA), remplacé en 2020 par l’accord USMCA (United States-Mexico-Canada Agreement). Cependant, les États-Unis bloquent désormais tout processus de renouvellement, selon Le Monde. Cette position intervient dans un contexte de tensions persistantes sur les droits de douane et les règles d’origine industrielle.

Côté mexicain, les autorités se disent prêtes à négocier, mais Washington impose désormais des conditions plus strictes. « Nous allons défendre nos intérêts, mais nous restons ouverts au dialogue », a déclaré un responsable du ministère de l’Économie mexicain, cité par Le Monde. En revanche, aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée à Ottawa.

Le Canada dans l’attente d’une réponse

Contrairement au Mexique, le Canada n’a pas encore obtenu de date pour engager des discussions avec les États-Unis. Ottawa attend une clarification sur la stratégie américaine, d’autant que l’USMCA doit théoriquement rester en vigueur jusqu’en 2036. « Nous sommes prêts à discuter, mais nous avons besoin de savoir quand et comment », a indiqué une source diplomatique canadienne sous couvert d’anonymat.

Les milieux économiques des deux pays s’inquiètent déjà des conséquences. Les exportations canadiennes vers les États-Unis, qui représentent près de 75 % de son commerce extérieur, pourraient être perturbées si aucune solution n’est trouvée. « Une rupture des échanges aurait un impact immédiat sur les chaînes d’approvisionnement », prévient un analyste du Conference Board du Canada.

Les enjeux d’une renégociation

Cette situation s’inscrit dans une dynamique plus large de remaniement des alliances commerciales américaines. Depuis 2024, Washington a multiplié les pressions sur ses partenaires pour renégocier des accords jugés déséquilibrés. Avec le Mexique, les discussions porteront notamment sur les normes environnementales et les salaires minimums dans l’industrie automobile, deux sujets sensibles pour l’administration actuelle.

Pour le Canada, les enjeux sont tout aussi cruciaux. Le pays cherche à protéger son secteur énergétique et ses exportations agricoles, tout en évitant une escalade protectionniste. « Nous allons tout faire pour éviter un conflit commercial, mais nous ne céderons pas sur nos lignes rouges », a précisé un conseiller du Premier ministre canadien.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes. Si aucune date n’est fixée pour le Canada, les observateurs s’attendent à ce que les États-Unis durcissent leur position d’ici la fin de l’été. Une réunion des ministres du Commerce nord-américains pourrait être organisée en septembre, mais rien n’est encore acté. Bref, le suspense reste entier sur l’avenir de l’USMCA et des échanges transfrontaliers.

Cette décision américaine s’ajoute à une série de mesures protectionnistes qui pourraient redessiner la carte du commerce mondial. Les entreprises nord-américaines, déjà fragilisées par les incertitudes, devront s’adapter rapidement à ce nouveau paysage.

L’United States-Mexico-Canada Agreement (USMCA) est l’accord de libre-échange qui a remplacé l’ALENA en 2020. Il renforce les règles d’origine dans l’automobile, introduit de nouvelles normes environnementales et encadre les droits de douane.