Selon Ouest France, la productrice et dirigeante de Banijay France, Alexia Laroche-Joubert, s’est exprimée en faveur de l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans la production audiovisuelle, sans obligation de la mentionner explicitement dans les programmes. Cette position, qui s’inscrit dans un contexte de débats croissants sur l’éthique et la transparence dans les médias, intervient alors que sa société, Banijay France, intègre déjà cette technologie depuis plusieurs mois dans ses processus de création.

Ce qu'il faut retenir

  • Alexia Laroche-Joubert, productrice et PDG de Banijay France, soutient l’usage de l’IA dans les programmes télévisés sans obligation de mention.
  • Sa société utilise déjà l’IA depuis « plusieurs mois » dans ses productions.
  • Cette prise de position intervient dans un débat public sur la régulation et l’éthique de l’IA dans les médias.
  • La question de la transparence et des droits d’auteur se pose avec l’intégration croissante de ces outils.

Une position claire en faveur de l’IA sans mention obligatoire

Lors d’une intervention rapportée par Ouest France, Alexia Laroche-Joubert a défendu l’idée que l’utilisation de l’IA dans les programmes télévisés ne devrait pas systématiquement faire l’objet d’une mention explicite. Pour la productrice, l’objectif est de ne pas alourdir les processus de création avec des contraintes supplémentaires, alors que la technologie est déjà intégrée dans certains aspects de la production. Elle a souligné que Banijay France utilise l’IA depuis plusieurs mois, sans que cela ne soit systématiquement signalé aux téléspectateurs.

« Arrêtons de parler de l’IA à tout bout de champ », a-t-elle déclaré, ajoutant que cette technologie doit être considérée comme un outil parmi d’autres dans la boîte à outils des créateurs. Sa position reflète une volonté de normaliser son usage, tout en évitant de créer une confusion ou une méfiance inutile auprès du public.

Un débat public en pleine intensification

La question de l’IA dans les médias ne se limite pas à la France. À l’échelle internationale, les régulateurs et les professionnels s’interrogent sur la manière de concilier innovation technologique et protection des droits d’auteur, ainsi que sur la transparence envers les consommateurs. En Europe, des discussions sont en cours pour encadrer l’utilisation de l’IA générative, notamment dans les secteurs culturels et artistiques.

En France, le gouvernement a récemment lancé une consultation sur l’IA, avec pour objectif de définir un cadre éthique et juridique. Les professionnels du secteur, comme Alexia Laroche-Joubert, sont donc amenés à prendre position sur un sujet qui pourrait redéfinir les règles du jeu dans l’audiovisuel. Pour l’instant, aucune réglementation n’impose de mention spécifique pour les contenus générés ou modifiés par l’IA.

Les implications pour l’industrie audiovisuelle

L’intégration de l’IA dans la production télévisuelle soulève plusieurs enjeux. D’un côté, elle permet d’optimiser certains processus, comme le montage, la traduction automatique ou la création d’effets spéciaux. De l’autre, elle pose des questions sur l’authenticité des contenus et la protection des créateurs humains. Certains syndicats et associations, comme la Guilde française des scénaristes, ont déjà exprimé leurs craintes quant à une utilisation abusive de ces outils au détriment des métiers traditionnels.

Alexia Laroche-Joubert a tenu à rassurer sur ce point. Pour elle, l’IA n’est qu’un outil au service de la créativité, et non un remplacement des talents humains. « L’IA ne fait pas tout, elle assiste », a-t-elle précisé. Elle a également rappelé que Banijay France continue de miser sur des productions humaines, tout en explorant les possibilités offertes par la technologie.

Et maintenant ?

Les prochains mois devraient voir se multiplier les discussions entre professionnels, régulateurs et pouvoirs publics sur l’encadrement de l’IA dans les médias. Une réunion au niveau européen est prévue pour la fin de l’année 2026, avec pour objectif de proposer des lignes directrices communes. En France, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pourrait également se saisir du sujet pour émettre des recommandations à destination des chaînes et des producteurs.

Quant à Banijay France, l’entreprise compte poursuivre ses expérimentations avec l’IA, tout en observant l’évolution du cadre réglementaire. Rien n’indique, pour l’instant, que l’obligation de mentionner son utilisation sera instaurée, mais le débat reste ouvert.

Cette prise de position d’Alexia Laroche-Joubert illustre les tensions actuelles entre innovation et tradition dans un secteur en pleine mutation. Si l’IA s’impose peu à peu comme un acteur clé de la production audiovisuelle, la question de sa transparence et de son éthique reste au cœur des préoccupations.

Selon les informations rapportées par Ouest France, Banijay France utilise principalement l’IA pour des tâches techniques comme le montage automatique, la traduction instantanée ou la création d’effets spéciaux. Aucune précision n’a été donnée sur des programmes où l’IA jouerait un rôle central dans le scénario ou la réalisation.