L’Union internationale de patinage (ISU) a annoncé, dans un communiqué publié le 7 juillet 2026, l’autorisation progressive du retour des athlètes russes et bélarusses aux compétitions internationales placées sous son égide, à partir de la saison 2026-2027. Selon Euronews FR, cette décision s’accompagne de restrictions strictes, visant notamment à exclure ceux ayant un lien direct ou indirect avec l’invasion russe en Ukraine.
Ce qu'il faut retenir
- Les patineurs russes et bélarusses pourront concourir sous statut neutre dès l’automne 2026, à condition de ne pas soutenir l’invasion de l’Ukraine ni d’appartenir aux forces armées russes.
- L’absence totale de symboles nationaux (drapeaux, hymnes) sera exigée pour les athlètes, entraîneurs et encadrement en compétition.
- Une société externe vérifiera le respect des conditions via une analyse des réseaux sociaux et des positions publiques des participants.
- Plusieurs fédérations sportives internationales ont déjà assoupli leurs sanctions, certaines allant jusqu’à autoriser un retour plein et entier avec drapeau et hymne.
- L’Ukraine et la Lituanie ont qualifié cette décision d’« hypocrite et honteuse », estimant qu’elle bafoue le respect dû aux victimes du conflit.
Des restrictions strictes pour un retour sous statut neutre
À compter du mois de septembre 2026, les patineurs de vitesse et artistiques russes et bélarusses pourront de nouveau fouler la glace des compétitions internationales organisées sous l’égide de l’ISU. La fédération justifie cette décision par le respect de deux recommandations émises par le Comité international olympique (CIO) en décembre 2025 et mai 2026. La première préconisait la levée des restrictions pour les athlètes mineurs, tandis que la seconde rappelait le principe de « neutralité politique », stipulant que les sportifs ne doivent pas être pénalisés en raison des actions de leur gouvernement.
Cependant, l’ISU a assorti ce retour de conditions précises. Seront exclus de la compétition ceux ayant servi dans l’armée ou les services de sécurité russes, participé aux opérations militaires en Ukraine ou soutenu, directement ou indirectement, l’invasion. Les symboles nationaux seront également bannis lors des épreuves, y compris pour les entraîneurs et le personnel encadrant. Un document devra être signé par les athlètes et leurs accompagnateurs, attestant de leur adhésion à l’ensemble des règles. Le contrôle de leur application sera confié à une société externe, chargée d’analyser leurs prises de position publiques, leurs comptes sur les réseaux sociaux ou encore leur présence à des événements propagandistes.
Une décision progressive qui s’inscrit dans une tendance plus large
Cette levée partielle des sanctions contre les athlètes russes et bélarusses s’inscrit dans un mouvement plus large observé depuis quelques mois. Plusieurs fédérations sportives internationales ont en effet commencé à assouplir les mesures prises après le début de la guerre en Ukraine. Certaines, comme celles du judo, du taekwondo ou de la gymnastique, sont allées jusqu’à autoriser un retour complet des sportifs de ces deux pays, avec drapeau et hymne, dans toutes les catégories d’âge. D’autres, comme celle des Jeux olympiques d’hiver 2026 à Milan-Cortina, ont opté pour une solution intermédiaire : une participation sous bannière neutre.
L’ISU, elle, maintient une ligne plus restrictive. La fédération a prévenu qu’elle se réservait le droit de durcir ou d’assouplir les règles en fonction de l’évolution de la situation. Dans son communiqué, elle évoque explicitement la nécessité de préserver la « sécurité et l’intégrité » des compétitions. Pour autant, des zones d’ombre subsistent. Le CIO, dans ses recommandations, a souligné que des questions juridiques et antidopage restaient en suspens concernant la Russie, sans pour autant lever totalement les restrictions à ce stade.
Kyiv et Vilnius dénoncent une décision « sans conscience »
La réaction de l’Ukraine et de la Lituanie n’a pas tardé. Les présidents de la Fédération ukrainienne de patinage artistique et de la Fédération lituanienne ont publié une déclaration commune qualifiant la décision de l’ISU d’« hypocrite et honteuse ». Dans un texte diffusé le 8 juillet 2026, ils estiment que le retour des athlètes russes et bélarusses, même sans symbole national, constitue une insulte aux sportifs ukrainiens et aux victimes de la guerre.
« Des athlètes représentant l’État agresseur sont à nouveau autorisés à participer aux compétitions internationales de patinage artistique – telle est la décision du Conseil de l’ISU. Ils reviennent sans drapeau ni hymne, mais cette décision a été prise sans conscience, sans espoir et sans respect pour celles et ceux qui ont combattu et continuent de se battre pour la liberté. C’est de l’hypocrisie. C’est une honte. C’est une infamie. »
Les deux responsables soulignent que cette décision ignore délibérément le contexte géopolitique et les souffrances endurées par l’Ukraine depuis plus de deux ans. Pour eux, autoriser la participation de ces athlètes équivaut à normaliser l’invasion russe, tout en niant la légitimité des revendications ukrainiennes.
En attendant, les premières compétitions concernées par cette levée partielle des restrictions devraient se tenir dès l’automne prochain. Reste à voir si cette décision parviendra à concilier les impératifs sportifs et les enjeux géopolitiques qui traversent désormais le mouvement olympique.