Plusieurs groupes armés ont commis des violences graves à l’encontre des populations civiles au Mali à la fin du mois d’avril, selon un rapport de l’ONG Human Rights Watch, relayé par France 24. Ces exactions, incluant des attaques armées, des pillages systématiques et des incendies de villages, impliqueraient à la fois les jihadistes du JNIM, leurs alliés touaregs, l’armée malienne ainsi que ses supplétifs russes de l’Africa Corps.
Ce qu'il faut retenir
- Des exactions graves commises contre des civils au Mali fin avril, impliquant plusieurs groupes armés et forces de sécurité.
- Les jihadistes du JNIM et leurs alliés touaregs, ainsi que l’armée malienne et l’Africa Corps, sont pointés du doigt.
- Les violences incluent attaques armées, pillages et incendies de villages entiers.
Des violences systématiques documentées par Human Rights Watch
L’ONG Human Rights Watch a rassemblé des témoignages et des preuves confirmant la perpétration de graves abus contre des civils au Mali à la fin du mois d’avril. Selon l’organisation, ces exactions visaient délibérément des populations sans défense, avec des méthodes incluant des attaques armées, des pillages massifs et la destruction par le feu de villages entiers. Ces actes, qualifiés de « graves abus », s’inscrivent dans un contexte de conflit prolongé où les acteurs armés se disputent le contrôle du territoire.
Les données recueillies par l’ONG révèlent que ces violences n’ont pas épargné les zones reculées, où les populations civiles se retrouvent souvent prises au piège entre les différentes factions armées. Human Rights Watch a précisé que ces exactions constituent une violation flagrante du droit international humanitaire.
Les acteurs du conflit pointés du doigt
D’après les investigations menées par Human Rights Watch, plusieurs groupes et forces militaires seraient responsables de ces exactions. Parmi eux, les jihadistes du JNIM – affiliés à Al-Qaïda – ainsi que leurs alliés, des rebelles touaregs, figurent en première ligne. Ces derniers, bien que parfois en opposition avec les groupes jihadistes, sont également impliqués dans des violences ciblant les civils.
Côté forces gouvernementales, l’armée malienne est accusée de participer à ces exactions, parfois directement, parfois via ses supplétifs. Ces derniers incluent notamment les mercenaires de l’Africa Corps, une entité russe opérant au Mali depuis plusieurs années. Leurs méthodes, souvent brutales, sont désormais documentées par des organisations de défense des droits humains.
« Ces exactions contre les civils au Mali représentent une escalade alarmante de la violence dans un conflit déjà meurtrier. Les responsables doivent rendre des comptes. »
— Un porte-parole de Human Rights Watch, cité par France 24
Un contexte de conflit prolongé et de fragilité institutionnelle
Le Mali traverse une crise sécuritaire sans précédent depuis le coup d’État de 2020 et l’instabilité politique qui a suivi. La présence de groupes armés, souvent liés à des réseaux terroristes transnationaux, a transformé une partie du pays en zone de non-droit. Les autorités maliennes, soutenues par des partenaires internationaux comme la Russie via l’Africa Corps, peinent à rétablir l’ordre et à protéger les populations civiles.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que les ressources locales s’amenuisent et que les structures étatiques restent fragiles. Les populations, déjà affectées par des années de conflit, subissent désormais une intensification des violences, aggravée par l’absence de mécanismes efficaces de protection.
Ces exactions rappellent que la crise malienne, loin d’être résolue, s’aggrave avec le temps. La question reste entière : comment protéger efficacement les civils dans un pays où l’État peine à exercer son autorité ?