OpenAI mise sur l’explosion de ses recettes publicitaires pour séduire les investisseurs à l’approche de son entrée en Bourse, prévue d’ici la fin de l’année, selon BFM Business. L’éditeur de ChatGPT revendique un chiffre d’affaires annualisé d’un milliard de dollars pour ce segment, seulement 190 jours après le lancement des publicités aux États-Unis, un rythme de croissance inédit pour l’entreprise encore largement déficitaire.
Cette performance intervient alors que la société dirigée par Sam Altman tente de justifier sa valorisation colossale de 852 milliards de dollars, un montant qui pourrait encore évoluer lors de son introduction en Bourse. Mi-août, BFM Business rapportait que OpenAI table sur un chiffre d’affaires global de 40 milliards de dollars en 2026, soit le double de l’exercice précédent et vingt fois plus qu’en 2023. Pourtant, malgré cette dynamique, l’entreprise reste dans le rouge et devrait le rester « plusieurs années encore », selon ses propres estimations.
Ce qu'il faut retenir
- Un milliard de dollars de revenus publicitaires annualisés en moins de 200 jours après le lancement aux États-Unis.
- OpenAI prévoit un chiffre d’affaires global de 40 milliards de dollars en 2026, soit une multiplication par 20 en trois ans.
- La valorisation de l’entreprise s’élève à 852 milliards de dollars avant son entrée en Bourse.
- Malgré cette croissance, OpenAI reste déficitaire et le restera « plusieurs années ».
- Le déploiement des publicités a été étendu en France et dans 30 pays européens depuis le 24 août.
- Un recentrage stratégique sur les outils professionnels, comme Codex, qui compte désormais 5 millions d’utilisateurs hebdomadaires.
Une stratégie publicitaire pour aligner OpenAI sur les géants du secteur
Pour séduire les investisseurs, OpenAI mise sur la publicité, un modèle économique que l’entreprise entend aligner sur celui de Google ou Meta. Depuis le 10 mai aux États-Unis, les messages publicitaires sont intégrés dans la version gratuite et les abonnements à bas prix de ChatGPT. Cette évolution a été pilotée par Fidji Simo, ancienne responsable de la division produits et publicités de Meta, qui a annoncé sa démission en juillet pour raisons de santé. BFM Business souligne que cette réorientation s’inscrit dans une refonte plus large de l’entreprise, marquée par la fermeture de Sora, son application de vidéos courtes, et l’abandon de son projet de chatbot érotique.
Ce recentrage sur les outils professionnels porte déjà ses fruits : Codex, l’outil de génération de code d’OpenAI, revendique désormais cinq millions d’utilisateurs actifs par semaine, contre trois millions en avril dernier. Une croissance qui illustre la volonté de l’entreprise de se positionner comme un acteur incontournable dans le domaine de l’IA professionnelle, plutôt que de se disperser sur des marchés de niche ou grand public.
La concurrence d’Anthropic, un défi supplémentaire pour OpenAI
Le calendrier serré d’OpenAI s’explique aussi par la montée en puissance de son concurrent direct, Anthropic. En mai, ce dernier a annoncé un chiffre d’affaires de 47 milliards de dollars, soit 7 milliards de plus qu’OpenAI selon les projections 2026. Plus inquiétant encore, Anthropic envisage d’atteindre la rentabilité dès 2028, soit deux ans avant ce que prévoit OpenAI. « La guerre est déclarée » entre Apple et OpenAI, titrait alors BFM Business, soulignant l’intensité de la compétition dans le secteur de l’IA générative.
Pour combler l’écart, OpenAI a entamé une réorganisation en profondeur dès l’hiver dernier. Outre la fermeture de Sora et l’abandon du projet de chatbot érotique, l’entreprise a recentré ses efforts sur les outils professionnels et accéléré le déploiement de sa stratégie publicitaire. Une stratégie risquée, mais nécessaire pour justifier une valorisation qui, si elle se confirme, pourrait dépasser les 2 000 milliards de dollars lors de l’introduction en Bourse, un record dans le secteur technologique.
Un modèle encore fragile malgré la croissance des revenus
Malgré les chiffres impressionnants, OpenAI reste un géant aux pieds d’argile. Si ses revenus publicitaires progressent à un rythme soutenu, ils ne suffisent pas à compenser les coûts colossaux liés au développement de ses modèles d’IA, à leur entraînement et à leur maintenance. BFM Business rappelle que la société a accumulé des pertes importantes depuis sa création, un héritage qui pèse sur sa crédibilité financière.
Par ailleurs, l’entreprise doit désormais gérer les attentes des investisseurs tout en faisant face à une concurrence de plus en plus agressive. Anthropic, mais aussi Mistral AI en Europe ou encore les géants chinois comme Baidu, ne comptent pas laisser OpenAI dominer le marché sans réagir. Dans ce contexte, la réussite de son introduction en Bourse dépendra de sa capacité à démontrer que sa croissance est durable et que son modèle économique, désormais adossé à la publicité, peut générer des profits à long terme.
Parallèlement, l’extension de la publicité à la France et à l’Europe depuis le 24 août ouvre un nouveau front pour OpenAI, qui devra convaincre les utilisateurs européens de l’acceptabilité de ce modèle, déjà controversé outre-Atlantique. Enfin, la guerre technologique avec Anthropic et les autres acteurs du secteur pourrait s’intensifier, avec des annonces stratégiques attendues d’ici la fin de l’année.
Reste à voir si OpenAI parviendra à transformer sa croissance fulgurante en un modèle économique pérenne, ou si cette valorisation record ne sera qu’un mirage éphémère.
La publicité permet à OpenAI de diversifier ses sources de revenus, traditionnellement dépendantes des abonnements et des partenariats. En adoptant ce modèle, l’entreprise s’aligne sur les géants comme Google ou Meta, qui génèrent l’essentiel de leurs profits grâce à la publicité. Pour une entrée en Bourse réussie, OpenAI doit montrer qu’elle peut attirer des annonceurs à grande échelle, même si ses pertes actuelles restent élevées.
Outre ses pertes financières persistantes, OpenAI doit faire face à une concurrence accrue, notamment d’Anthropic, qui pourrait capter des parts de marché. La régulation des IA, en particulier en Europe, et l’acceptation par les utilisateurs d’un modèle publicitaire dans un outil comme ChatGPT constituent également des défis majeurs. Enfin, une valorisation trop élevée pourrait décevoir les investisseurs lors de l’introduction.