Les consommateurs pourront bientôt connaître l’origine exacte de la viande contenue dans leurs plats transformés, selon Franceinfo - Santé. Une mesure adoptée par les sénateurs et qui pourrait s’appliquer prochainement à l’ensemble des produits transformés comme les lasagnes, les hachis Parmentier ou les croque-monsieur.
Cette obligation s’inspire des règles déjà en vigueur dans les restaurants, où la provenance des viandes doit être affichée. Une transparence que réclame depuis des années la filière bovine française, soucieuse de valoriser ses produits face à une concurrence étrangère accrue. La loi est actuellement en discussion au Parlement et pourrait être adoptée dans les semaines à venir.
Ce qu'il faut retenir
- L’obligation d’indiquer l’origine de la viande dans les plats transformés, comme les lasagnes ou les cordons-bleus, a été votée par les sénateurs.
- Pour chaque produit, il faudra préciser le pays de naissance, d’élevage et d’abattage de l’animal.
- Actuellement, un poulet sur deux et un bœuf sur quatre consommés en France sont importés.
- Cette mesure existe déjà dans la restauration et est saluée par la filière viande française.
Une mesure réclamée depuis des années par la filière française
L’affichage de l’origine de la viande dans les produits transformés n’est pas une nouveauté pour les consommateurs fréquentant les restaurants. Depuis plusieurs années, les établissements ont l’obligation d’indiquer la provenance des viandes servies à leurs clients. Une transparence qui pourrait désormais s’étendre à tous les produits transformés vendus en supermarché, selon Franceinfo - Santé.
Cette initiative répond à une demande historique de la filière bovine française, qui cherche à se différencier face à une concurrence internationale forte. « C’est une grande avancée pour le consommateur, et ce sera aussi pour la filière une grosse information en termes de quantité de viande intégrée dans les plats transformés », a déclaré Emmanuel Bernard, président de la section bovine de l’Association Nationale Interprofessionnelle du Bétail et des Viandes (Interbev).
Des produits transformés souvent méconnus du consommateur
Pour les consommateurs, il est parfois difficile de connaître l’origine exacte de la viande contenue dans les plats transformés. Aujourd’hui, l’étiquette se contente souvent d’indiquer simplement « viande bovine » ou « viande de volaille » sans préciser si elle est française ou importée. Une situation qui peut prêter à confusion, comme en témoignent plusieurs consommateurs interrogés par Franceinfo.
« Pour connaître l’origine de la viande exactement, bien sûr, c’est intéressant de savoir », confie l’une d’elles. Une autre ajoute : « C’est un peu trompeur. Parce qu’on aimerait bien être au courant de ce qu’on mange. C’est important. » Actuellement, près d’un bœuf sur quatre et un poulet sur deux consommés en France proviennent de l’étranger, selon les dernières statistiques disponibles.
Une obligation déjà appliquée dans les restaurants
Depuis plusieurs années, les restaurants ont l’obligation d’afficher l’origine des viandes qu’ils servent. Dans certains établissements, cette information est même mise en avant de manière visible, comme le montre l’exemple du restaurant « L’Atelier du marché » à Paris. « Là, c’est le pavé de rumsteck. Et ça vient d’Espagne », explique Arnaud Sauvé, le propriétaire du restaurant.
Pour lui, cette transparence a un impact direct sur les choix des clients : « L’origine France peut avoir un effet malgré tout. Les gens peuvent préférer et favoriser une viande d’origine française plutôt qu’une viande d’origine étrangère. » Une pratique qui pourrait désormais s’appliquer à l’ensemble des produits transformés vendus en grande surface.
« C’est une grande avancée pour le consommateur, et ce sera aussi pour la filière une grosse information en termes de quantité de viande intégrée dans les plats transformés. »
Emmanuel Bernard, président de la section bovine de l’Association Nationale Interprofessionnelle du Bétail et des Viandes (Interbev)
Un débat parlementaire en cours
La mesure, adoptée par le Sénat, est actuellement en discussion à l’Assemblée nationale. Si elle est votée, elle pourrait entrer en vigueur dans les prochaines semaines. Les sénateurs ont validé cette proposition dans le cadre d’une volonté plus large de renforcer la transparence sur l’origine des produits alimentaires, après les scandales sanitaires qui ont émaillé le secteur ces dernières années.
Pour la filière française, cette obligation représente une opportunité de mieux valoriser ses produits. « Ce sera aussi pour la filière une grosse information en termes de quantité de viande intégrée dans les plats transformés », a souligné Emmanuel Bernard. Une donnée qui pourrait permettre aux consommateurs de privilégier les produits locaux, tout en offrant une meilleure visibilité à la production française.
Cette avancée s’inscrit dans un mouvement plus large de transparence alimentaire, encouragé par les pouvoirs publics et les associations de consommateurs. Reste à voir comment les industriels réagiront face à cette nouvelle contrainte, et si les consommateurs modifieront leurs habitudes d’achat en conséquence.