Alors que l'été s'installe et que les températures grimpent, les melons s'affichent en tête des rayons des supermarchés et des étals des marchés. Pourtant, cette gourmandise saisonnière cache un risque sanitaire bien réel, selon Top Santé. Invisible à l'œil nu, la peau rugueuse des melons peut abriter des bactéries capables de contaminer la chair lors de la découpe.
Ce qu'il faut retenir
- La peau des melons peut transporter des bactéries invisibles à l'œil nu, capables de contaminer la chair.
- Le lavage préalable de la peau avant découpe est recommandé par les experts sanitaires.
- Cette précaution est particulièrement importante en période estivale, où les risques de prolifération bactérienne augmentent.
- Les bactéries concernées incluent notamment Listeria monocytogenes et Salmonella.
Un risque sanitaire sous-estimé
Chaque année, des milliers de cas d'intoxications alimentaires sont recensés en France pendant les mois chauds, souvent liés à une mauvaise manipulation des aliments. Top Santé souligne que les melons, avec leur peau épaisse et irrégulière, constituent un terrain propice à la prolifération bactérienne. « Les bactéries adorent se nicher dans les anfractuosités de la peau, ce qui rend le lavage préalable indispensable », a expliqué le Dr Marie Lefèvre, microbiologiste et experte en sécurité alimentaire, citée par le média.
Les bactéries comme Listeria monocytogenes ou Salmonella peuvent survivre plusieurs jours sur la peau du melon avant de contaminer la chair lors de la découpe. Une étude menée en 2024 par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) avait révélé que près de 15 % des melons analysés en France présentaient une contamination de leur surface, sans que cela ne soit visible.
La bonne méthode pour éviter toute contamination
Pour limiter les risques, les experts sanitaires recommandent un protocole précis. Top Santé détaille les étapes à suivre : commencer par rincer abondamment le melon sous l'eau froide, en insistant sur les parties rugueuses et les aspérités de la peau. « L'eau courante permet d'éliminer une grande partie des bactéries présentes en surface », précise le Dr Lefèvre. Ensuite, il est conseillé d'essuyer le melon avec un torchon propre ou un papier absorbant avant de procéder à la découpe.
Autre point important : utiliser un couteau différent pour couper la chair et éviter de contaminer d'autres aliments avec la lame ayant touché la peau. « Un geste simple, mais qui change tout », rappelle le spécialiste. Ces recommandations s'appliquent aussi bien aux melons cantaloups, aux pastèques qu'aux melons jaunes, dont les peaux présentent des risques similaires.
Des recommandations qui s'inscrivent dans un contexte sanitaire tendu
Ces conseils interviennent alors que les autorités sanitaires françaises multiplient les alertes concernant les toxi-infections alimentaires, particulièrement en période estivale. En 2025, plus de 2 500 cas d'intoxications ont été recensés entre juin et août, selon les chiffres de Santé publique France. Parmi les aliments les plus souvent incriminés figuraient les fruits et légumes mal lavés, ainsi que les viandes crues.
« L'été est une période à haut risque, car la chaleur favorise la multiplication des bactéries », a souligné le professeur Jean-Marc Soulat, épidémiologiste. Il ajoute : « Les melons, souvent consommés crus et en grande quantité, représentent un vecteur potentiel de contamination si les gestes de base ne sont pas respectés. » Une prise de conscience qui semble gagner du terrain parmi les consommateurs, même si des progrès restent à faire.
Pour l'heure, les experts appellent à une vigilance accrue, sans pour autant remettre en cause les plaisirs estivaux. « Un melon bien lavé reste un aliment sûr et délicieux, à condition de respecter ces quelques précautions », conclut le Dr Lefèvre. Une mise en garde qui, si elle est suivie, pourrait éviter bien des désagréments en cette saison où les fruits sont rois.