Un jeune homme de 22 ans originaire du Soudan a péri dimanche 31 août dans le Pas-de-Calais après avoir tenté de sauter sur un camion depuis le toit d’un péage de l’autoroute A26, à Setques. Selon le parquet de Saint-Omer, confirmé par le Figaro, l’accident s’est produit dans la nuit de samedi à dimanche vers 2h40, alors que l’individu tentait de rejoindre clandestinement l’Angleterre.

Ce qu'il faut retenir

  • Un migrant soudanais de 22 ans est décédé après une chute du toit du péage de Setques (Pas-de-Calais) sur l’A26.
  • L’homme a tenté de s’accrocher à un camion vers 2h40 dans la nuit de samedi à dimanche, mais a chuté sur la chaussée.
  • Transporté dans un état grave au CHU de Lille, il est décédé dans l’après-midi du même jour.
  • Une autre personne a réussi à sauter sur le même véhicule quelques instants plus tôt.
  • L’enquête a conclu à un accident après examen des images de vidéosurveillance.
  • Depuis janvier 2026, au moins 16 migrants ont péri en mer et trois autres sur terre en tentant de rejoindre le Royaume-Uni.

L’individu, dont l’identité n’a pas été divulguée, se trouvait sur le toit du péage de Setques, situé sur l’axe majeur de l’A26 reliant la France à l’Angleterre. Selon les éléments recueillis par le parquet de Saint-Omer, « un homme de 22 ans d’origine soudanaise, candidat à l’exil, a chuté du haut du toit du péage », précise le communiqué transmis à l’Agence France-Presse. Les images de vidéosurveillance, analysées par les enquêteurs, montrent qu’il « avait tenté de sauter sur le toit d’un camion, sans y parvenir, tombant sur la route à l’arrière du véhicule », ajoute la même source.

Transporté en urgence au CHU de Lille dans un « état grave avec pronostic vital engagé », le jeune homme n’a pas survécu. Son décès a été constaté dimanche après-midi, moins de 24 heures après l’accident. Ces circonstances tragiques rappellent les risques encourus par les migrants cherchant à franchir la Manche par voie terrestre, malgré les dispositifs de sécurité renforcés autour des ports de Calais et du tunnel sous la Manche.

Une tentative de passage clandestin parmi d’autres

Selon les informations rapportées par le Figaro, une seconde personne aurait réussi à s’accrocher au même camion quelques instants avant la chute mortelle. Cette présence simultanée souligne la fréquence des tentatives de passage clandestin dans cette zone, où les migrants tentent régulièrement leur chance malgré les contrôles policiers accrus. Ces dernières années, les traversées maritimes clandestines à bord d’embarcations de fortune se sont cependant multipliées, devenant le principal mode opératoire pour rejoindre le Royaume-Uni.

Les autorités françaises et britanniques ont renforcé les mesures de surveillance ces derniers mois. Pourtant, les tentatives de passage par voie terrestre persistent, notamment dans le Pas-de-Calais, où la pression migratoire reste forte. Les dispositifs déployés – barrières, caméras thermiques et patrouilles – n’ont pas dissuadé tous les candidats à l’exil, certains préférant tenter leur chance sur des camions en mouvement plutôt que de s’engager dans une traversée maritime périlleuse.

Une enquête close, un drame aux conséquences familiales

Après analyse des images de vidéosurveillance, les enquêteurs ont conclu que l’accident relevait d’un « cas d’accident », selon les termes du parquet de Saint-Omer. En conséquence, l’enquête a été classée sans suite. Le corps de la victime a été restitué à ses proches, mettant fin aux investigations judiciaires. Cette décision intervient alors que les associations humanitaires alertent régulièrement sur les dangers encourus par les migrants dans leur quête d’une vie meilleure.

Le drame de Setques s’inscrit dans un contexte plus large de risques mortels pour les personnes en situation de migration. Depuis le début de l’année 2026, au moins 16 personnes ont péri au large des côtes françaises lors de tentatives de traversée maritime, tandis que trois autres ont trouvé la mort sur le sol français en tentant de rejoindre le Royaume-Uni. Ces chiffres, compilés par l’Agence France-Presse à partir de sources officielles, illustrent l’ampleur des dangers auxquels s’exposent les migrants dans leur parcours.

Et maintenant ?

Les autorités locales et nationales pourraient renforcer les contrôles aux abords des péages de l’A26, tout en maintenant la pression sur les réseaux de passeurs actifs dans la région. La question de l’accueil des migrants et de la gestion des flux migratoires entre la France et le Royaume-Uni devrait rester au cœur des discussions politiques dans les mois à venir, notamment avec la tenue prochaine de réunions bilatérales entre Paris et Londres. La priorité reste la prévention des drames humains, mais les solutions durables peinent à émerger.

Ce décès rappelle également l’urgence d’une approche européenne concertée pour gérer les migrations, alors que les traversées clandestines continuent de faire des victimes. Les associations demandent depuis longtemps des mesures plus protectrices, mais les réalités politiques et sécuritaires freinent souvent les avancées.

Les tentatives par voie terrestre persistent en raison de plusieurs facteurs. D’abord, certains migrants estiment que les contrôles policiers sont moins stricts sur les routes que dans les ports ou les gares maritimes. Ensuite, les réseaux de passeurs continuent de proposer des solutions, bien que risquées. Enfin, la traversée maritime en embarcation de fortune est extrêmement dangereuse, avec des risques de noyade ou de renvoi par les autorités britanniques, ce qui pousse certains à tenter leur chance par d’autres moyens.