Alors que le nombre d’États ayant aboli la peine de mort continue de croître, Emmanuel Macron a dénoncé, ce mardi 8 juillet 2026, une « forte recrudescence » des exécutions dans les pays où elle reste en vigueur, à l’occasion du 9e congrès mondial contre la peine de mort organisé à Paris. Selon Euronews FR, le président français a souligné « un contexte paradoxal » : si 114 pays ont désormais abandonné la peine capitale, 2 707 exécutions ont été recensées en 2025 dans seulement 17 États, un chiffre en hausse significative.
Ce qu'il faut retenir
- 1 639 exécutions en Iran en 2025, le nombre le plus élevé depuis 1989, selon l’ONG Iran Human Rights.
- Parmi les pays les plus actifs dans les exécutions figurent la Chine, l’Arabie saoudite, l’Irak et l’Iran, d’après les statistiques de l’ONG Ensemble contre la peine de mort.
- Des projets de rétablissement de la peine de mort sont en cours en Israël et dans plusieurs pays du Sahel, notamment au Burkina Faso.
- La France réaffirme son engagement contre la peine de mort, un an après la panthéonisation de Robert Badinter.
- Lancement de l’Alliance mondiale pour les droits de l’Homme par le Haut-Commissaire de l’ONU, Volker Türk, soutenue par Paris.
Une hausse des exécutions dans un contexte d’augmentation des États abolitionnistes
Le 9e congrès mondial contre la peine de mort, qui se tient du 8 au 10 juillet 2026 à la Maison de la Radio à Paris, s’ouvre dans un « contexte paradoxal », comme l’a indiqué l’Élysée. D’un côté, le nombre d’États ayant aboli la peine capitale atteint un record avec 114 pays en 2026. De l’autre, les exécutions dans les pays qui la maintiennent ont fortement augmenté : 2 707 personnes exécutées en 2025 dans seulement 17 États, selon les données compilées par l’ONG Ensemble contre la peine de mort.
Parmi les pays les plus actifs dans ce domaine, la Chine, l’Arabie saoudite, l’Irak et surtout l’Iran se distinguent. Dans ce dernier pays, 1 639 exécutions ont été recensées en 2025, un niveau inédit depuis 1989, d’après l’ONG Iran Human Rights. « La peine de mort reste encore, dans de nombreuses régions du monde, une réalité », a constaté Emmanuel Macron lors de son discours.
Israël et le Sahel dans le viseur : des projets de rétablissement inquiètent Paris
Le président français a exprimé son « inquiétude » face aux initiatives visant à rétablir ou étendre l’application de la peine capitale dans plusieurs régions. En Israël, le Parlement a adopté en mars 2026 un texte autorisant la peine de mort à l’encontre des Palestiniens reconnus coupables d’attentats « terroristes ». Au Burkina Faso, le rétablissement de la peine capitale dans le code pénal a été annoncé en décembre 2025. « Certains poussent avec des textes de loi proposés que, je l’espère, les cours suprêmes, en indépendance et en conscience, auront à juger », a déclaré Macron, sans citer explicitement ces deux pays.
« La peine de mort n’a jamais rendu une société plus sûre. Jamais. Parce qu’elle ne dissuade pas. C’est faux. Cela a été montré, observé, mesuré », a-t-il affirmé. « Elle n’a jamais eu la valeur dissuasive que certains pouvoirs, souvent autoritaires, qui la défendent voudraient lui accorder. Elle peut être une arme, elle n’est jamais un bouclier. » Ces propos, tenus lors de son allocution, s’inscrivent dans une critique plus large des régimes autoritaires, souvent pointés du doigt pour leur recours systématique à la peine capitale.
Des avancées notables, mais une abolition « jamais acquise »
Malgré ce constat alarmant, Emmanuel Macron a salué les récentes abolitions en Zambie et au Zimbabwe, ainsi que les réformes engagées dans d’autres pays depuis le dernier congrès mondial, qui s’était tenu à Berlin en 2022. « Ces décisions nous rappellent qu’aucune fatalité n’attache durablement un peuple à la peine de mort et que l’abolition n’est pas un idéal lointain », a-t-il souligné. Un an après la panthéonisation de Robert Badinter, figure historique de l’abolition en France, le président a rappelé que « l’abolition de la peine de mort n’est jamais acquise ».
Pour lui, le combat abolitionniste reste « une bataille pour la dignité humaine et éminemment contemporaine ». Une position qui s’inscrit dans la continuité de la politique française en matière de droits humains, souvent en première ligne sur ce dossier.
L’Alliance mondiale pour les droits de l’Homme lancée à Genève
À la veille du congrès parisien, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’est entretenu avec Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme. Lors de cette rencontre à Genève, Barrot a réaffirmé « l’engagement de la France en faveur de la promotion et de la protection des droits de l’Homme, partout dans le monde ». Il a également apporté son « plein soutien » aux travaux du Haut-Commissariat, « pour documenter les violations des droits de l’Homme, lutter contre l’impunité et assurer une mise en œuvre effective du droit international ».
Par ailleurs, Jean-Noël Barrot a salué le lancement de l’Alliance mondiale pour les droits de l’Homme, une initiative portée par Volker Türk. Face aux « attaques contre le multilatéralisme, l’ordre international et les droits de l’Homme dans ce qu’ils ont d’universel », la France s’est engagée à y participer activement. « Nous porterons des actions concrètes en faveur des droits fondamentaux, de la dignité humaine et de l’État de droit », a précisé le Quai d’Orsay.
La question de l’effectivité des mesures abolitionnistes et de leur application concrète dans les pays réticents restera au cœur des débats. Les prochaines étapes dépendront en grande partie de la capacité des défenseurs des droits humains à convaincre les gouvernements encore attachés à la peine capitale.
Selon les données compilées par l’ONG Ensemble contre la peine de mort, les pays ayant procédé au plus grand nombre d’exécutions en 2025 sont la Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite et l’Irak. L’Iran se distingue particulièrement avec 1 639 exécutions, un chiffre record depuis 1989, d’après l’ONG Iran Human Rights.
La France considère que la peine de mort n’a aucune valeur dissuasive et qu’elle porte atteinte à la dignité humaine. Cette position s’inscrit dans la continuité de l’abolition, effective depuis 1981, et de l’héritage de Robert Badinter, artisan de cette réforme. Emmanuel Macron a rappelé lors du congrès que « l’abolition n’est jamais acquise » et que son combat reste une « bataille pour la dignité humaine ».