Deux chercheurs de l’Institut Montaigne, Baptiste Larseneur et Ali Saïb, publient ce 9 juillet 2026 une tribune dans Le Monde – Education pour interroger l’utilité réelle du temps périscolaire. Selon eux, les milliards d’euros alloués chaque année à ce dispositif ne sont plus justifiés par ses résultats concrets pour les enfants.

Ce qu'il faut retenir

  • Un coût annuel de plusieurs milliards d’euros pour un dispositif dont l’utilité est remise en cause par deux chercheurs de l’Institut Montaigne.
  • Baptiste Larseneur et Ali Saïb s’interrogent sur l’absence de finalité claire du périscolaire, entre protection des enfants et offre éducative.
  • La tribune publiée dans Le Monde – Education appelle à une révision des priorités budgétaires et pédagogiques.

Un budget colossal sans justification pédagogique claire

Chaque année, l’État et les collectivités locales dépensent plusieurs milliards d’euros pour financer le temps périscolaire, ces heures encadrées avant et après l’école. Pourtant, selon Baptiste Larseneur et Ali Saïb, chercheurs à l’Institut Montaigne, cette enveloppe ne repose sur aucune évaluation précise des bénéfices apportés aux enfants. Dans leur tribune publiée ce jeudi 9 juillet dans Le Monde – Education, ils soulignent que « nous ne pouvons plus consacrer des milliards d’euros à un nombre d’heures si important sans savoir précisément ce qu’il apporte aux enfants ».

Cette critique intervient alors que le périscolaire, souvent présenté comme un outil de protection et d’épanouissement, peine à démontrer son impact réel. Les deux experts rappellent que son existence même, autrefois justifiée par des besoins sociaux ou éducatifs, semble aujourd’hui déconnectée de toute logique pédagogique ou de soutien à la parentalité.

Entre protection des enfants et offre éducative : un flou persistant

Le périscolaire a été conçu, à l’origine, pour répondre à des enjeux variés : accueil des enfants avant et après l’école, soutien aux familles, ou encore réduction des inégalités éducatives. Pourtant, selon Larseneur et Saïb, « il ne sait plus pourquoi il existe ». Autant dire que la multiplication des activités proposées – souvent sans coordination avec les programmes scolaires – ne suffit pas à légitimer un tel investissement public.

Les auteurs de la tribune pointent également le manque de cohérence entre les objectifs affichés et les moyens mis en œuvre. Si certains dispositifs visent à encadrer les enfants dans un cadre sécurisé, d’autres s’apparentent davantage à des garderies qu’à des espaces éducatifs structurants. Bref, le périscolaire cumulerait les missions sans en assumer aucune de manière satisfaisante.

Quelles pistes pour une réforme ?

Face à ce constat, Larseneur et Saïb appellent à une refonte profonde du système. Ils suggèrent notamment de recentrer le périscolaire sur des objectifs précis, comme l’aide aux devoirs ou des activités artistiques et sportives encadrées par des professionnels qualifiés. Une telle approche permettrait, selon eux, de justifier un budget aussi conséquent et de répondre aux attentes des familles.

Ils ne rejettent pas totalement le dispositif, mais plaident pour une évaluation rigoureuse de son utilité. « Il est temps de se demander si ces heures supplémentaires ne pourraient pas être mieux utilisées ailleurs dans le système éducatif », a déclaré Ali Saïb à Le Monde – Education. Une remise en question qui pourrait, à terme, impacter les financements alloués aux collectivités locales.

Et maintenant ?

Si la tribune des deux chercheurs de l’Institut Montaigne ne remet pas en cause l’existence même du périscolaire, elle ouvre un débat qui pourrait aboutir à des ajustements budgétaires dès la rentrée 2027. Une commission parlementaire pourrait être saisie d’ici la fin de l’année pour évaluer la pertinence des dépenses actuelles. Reste à voir si les conclusions de cette réflexion aboutiront à des changements concrets ou à un statu quo.

Au-delà du périscolaire, cette remise en question interroge plus largement l’efficacité des politiques publiques en matière d’éducation et d’accueil des enfants. Alors que les contraintes budgétaires se resserrent, la question de la priorisation des dépenses se pose avec une acuité croissante.

D'après les auteurs de la tribune, plusieurs milliards d’euros sont alloués chaque année par l’État et les collectivités locales, sans que le montant exact ne soit précisé dans leur texte. Ce budget inclut les financements pour les activités périscolaires, l’encadrement et les locaux.