Alors que la Chine célébrait mercredi 1ᵉʳ juillet 2026 le 105ᵉ anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois (PCC), son secrétaire général et président Xi Jinping a multiplié les annonces pour renforcer l’institution et consolider son emprise sur le pays. Selon RFI, il s’est engagé à moderniser l’armée, à éradiquer la corruption au sein du parti et à réaffirmer la souveraineté chinoise sur Taïwan. Dans le même temps, une nouvelle loi sur « l’unité ethnique », entrée en vigueur ce même jour, cristallise les tensions avec les minorités et l’île rivale.

Ce qu'il faut retenir

  • Xi Jinping a réaffirmé la volonté de moderniser l’armée chinoise et d’en faire une force « forte et invincible » lors de son discours pour le 105ᵉ anniversaire du PCC.
  • Le président a réitéré l’objectif d’éradiquer la corruption au sein du parti, sans préciser de mesures concrètes.
  • La Chine a annoncé vouloir « reprendre le contrôle de Taïwan », une rhétorique habituelle mais qui s’accompagne de tensions régionales accrues.
  • Une loi sur « l’unité ethnique », effective depuis le 1ᵉʳ juillet 2026, est perçue comme un outil de cohésion nationale par Pékin, mais dénoncée comme une tentative d’assimilation forcée par les défenseurs des droits humains.
  • Taïwan et plusieurs organisations internationales critiquent cette loi, la qualifiant de menace pour l’autonomie des minorités et de moyen de pression extraterritoriale.

Un discours martial pour un parti historique

Dans un discours retransmis en direct à travers le pays, Xi Jinping a souligné l’importance de maintenir une armée « forte et moderne », capable de « défendre la sécurité nationale et les intérêts stratégiques de la Chine ». Selon RFI, il a évoqué la nécessité de « gagner toutes les batailles » et de « préserver la stabilité sociale ». Ce message s’inscrit dans une logique de renforcement du contrôle du PCC sur les institutions militaires, un pilier de son pouvoir. Les observateurs notent que ces déclarations interviennent à un moment où Pékin multiplie les démonstrations de force en mer de Chine méridionale et autour de Taïwan.

Xi Jinping a également rappelé l’engagement du parti à lutter contre la corruption, un fléau qui mine la crédibilité des dirigeants depuis des années. Sans annoncer de mesures spécifiques, il a insisté sur la nécessité de « purger les éléments corrompus » pour restaurer la confiance dans le PCC. Cette rhétorique n’est pas nouvelle, mais elle prend une résonance particulière à l’approche du 20ᵉ congrès du parti, prévu en 2027, où Xi Jinping pourrait briguer un troisième mandat historique.

Taïwan et les minorités au cœur des tensions

Autant dire que la question de Taïwan reste un sujet brûlant. Xi Jinping a réaffirmé, comme il le fait régulièrement, que la Chine « ne renoncerait jamais à l’usage de la force » pour « résoudre la question taïwanaise ». Ces propos interviennent alors que les relations entre Pékin et Taipei se dégradent depuis l’élection, en janvier 2024, d’un président taïwanais perçu comme pro-indépendance par la Chine. Les manœuvres militaires chinoises autour de l’île se sont intensifiées ces derniers mois, avec des exercices réguliers près des côtes taïwanaises.

Parallèlement, la nouvelle loi sur « l’unité ethnique », effective depuis hier, cristallise les critiques. Officiellement présentée comme un outil pour « renforcer la cohésion nationale » et « protéger les droits des minorités », elle est accusée par les ONG et Taïwan de servir de prétexte à une assimilation forcée. Des organisations comme Human Rights Watch dénoncent une législation qui « criminalise les expressions culturelles non conformes » et étend le contrôle de Pékin sur les régions autonomes comme le Xinjiang ou le Tibet. — Autant dire que cette loi risque d’alimenter les tensions internes comme externes.

Une loi controversée et ses implications internationales

Adoptée en mars 2026 par le Congrès national du peuple, la loi sur « l’unité ethnique » prévoit notamment de renforcer les « valeurs socialistes » dans les programmes scolaires et d’encadrer strictement les pratiques religieuses. Pour Pékin, il s’agit de « préserver l’unité du pays face aux forces centrifuges ». Mais pour les défenseurs des droits humains, c’est une nouvelle étape dans la répression des minorités, notamment les Ouïghours, les Tibétains et les Mongols, déjà soumis à une surveillance accrue.

Taïwan, de son côté, a vivement réagi en qualifiant cette loi de « menace directe à la sécurité régionale ». Le gouvernement de Taipei a annoncé qu’il « ne tolérerait aucune ingérence dans ses affaires intérieures » et a appelé la communauté internationale à condamner cette mesure. Les États-Unis, par la voix du département d’État, ont également exprimé leur préoccupation, sans pour autant annoncer de sanctions pour l’heure.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir une escalade des tensions, notamment autour de Taïwan, où les exercices militaires chinois devraient se poursuivre. Le congrès du PCC en 2027 sera un moment clé : Xi Jinping, s’il confirme sa candidature à un troisième mandat, devra afficher des résultats tangibles sur les dossiers économiques et sécuritaires. Côté international, la communauté internationale pourrait durcir le ton face à la loi sur « l’unité ethnique », notamment si des rapports accablants sur les violations des droits humains sont publiés d’ici la fin de l’année. Enfin, la modernisation de l’armée chinoise, déjà bien engagée, devrait s’accélérer, avec des répercussions potentielles sur l’équilibre des forces en Asie-Pacifique.

Ces déclarations et cette nouvelle loi laissent peu de place à l’apaisement. Entre affirmation de puissance et répression interne, la Chine de Xi Jinping trace une ligne de plus en plus ferme, qui pourrait redéfinir les équilibres régionaux pour les années à venir.

La loi prévoit notamment de renforcer l’enseignement des « valeurs socialistes » dans les écoles, d’encadrer strictement les pratiques religieuses et culturelles des minorités, et de criminaliser les expressions considérées comme non conformes à l’idéologie nationale. Elle étend aussi les pouvoirs des autorités centrales dans les régions autonomes comme le Xinjiang ou le Tibet, où la surveillance et les restrictions se sont déjà intensifiées ces dernières années.