Alors que la campagne pour l’élection présidentielle de 2027 s’annonce déjà mouvementée, les professionnels de la gestion d’actifs ajustent leurs stratégies. Guillaume Chaloin, directeur des gestions actions chez Delubac AM, a détaillé ce lundi 31 août les raisons d’un allègement progressif de l’exposition aux valeurs françaises au sein du portefeuille « BFM Responsable ».

D’après nos confrères de BFM Business, cette révision s’inscrit dans un contexte d’incertitude politique croissante, à quelques mois d’un scrutin où les enjeux économiques occuperont une place centrale. L’émission BFM Bourse, présentée par Guillaume Sommerer, a servi de cadre à cette analyse, diffusée chaque jour de la semaine sur BFM Business.

Ce qu'il faut retenir

  • Allègement stratégique : le portefeuille « BFM Responsable » réduit progressivement son exposition aux valeurs françaises avant la présidentielle.
  • Analyse de Guillaume Chaloin : le directeur des gestions actions chez Delubac AM a expliqué cette décision dans BFM Bourse ce 31 août.
  • Contexte politique : l’incertitude entourant l’élection présidentielle de 2027 pousse les investisseurs à la prudence.
  • Autres sujets traités : Fitch maintient la note de la France, ID Logistics est mis en avant, et Soitec bénéficie d’un rebond après des annonces positives.

Une stratégie d’investissement dictée par le calendrier électoral

L’approche de la présidentielle française pousse certains gestionnaires à adopter une posture plus défensive. Guillaume Chaloin, interrogé par BFM Bourse, a indiqué que le portefeuille « BFM Responsable » procédait à un « désengagement partiel » des valeurs tricolores, sans pour autant les exclure totalement. « On observe une volatilité accrue en période préélectorale, surtout quand les programmes économiques des candidats divergent fortement », a-t-il expliqué. Cette prudence vise à limiter les risques liés à une possible volatilité des marchés en cas de victoire d’un candidat aux orientations radicalement différentes.

Cette stratégie s’inscrit dans une tendance plus large de diversification géographique, où les gérants privilégient des actifs moins exposés aux aléas politiques nationaux. « L’idée n’est pas de quitter le marché français, mais de réduire temporairement son poids dans les portefeuilles », a précisé Chaloin. Les gestionnaires restent attentifs aux indicateurs économiques, tout en intégrant le facteur politique dans leurs modèles d’investissement.

Fitch maintient la note de la France, mais les investisseurs restent prudents

Parallèlement, Juliette Cohen, stratégiste chez CPR AM, a commenté le maintien de la note française par l’agence Fitch, annoncé également ce lundi 31 août. Selon elle, cette décision reflète la résilience des finances publiques, malgré un endettement élevé. « Fitch souligne la capacité de la France à maintenir sa crédibilité sur les marchés, mais rappelle que la trajectoire de la dette reste un point de vigilance », a-t-elle déclaré dans BFM Bourse.

La question d’une éventuelle hausse des taux par la Banque centrale européenne (BCE) a également été abordée. Cohen a rappelé que « l’inflation, bien qu’en baisse, reste supérieure à l’objectif de 2 % de la BCE ». Les investisseurs surveillent de près les signaux envoyés par l’institution monétaire, dont la prochaine réunion est prévue le 12 septembre 2026. Dans ce contexte, la prudence domine, même si la note souveraine française est préservée.

ID Logistics et Soitec : deux valeurs mises en lumière par les analystes

Parmi les titres français suivis de près, ID Logistics a retenu l’attention de Léo Mansour, analyste financier chez IDMIDCAPS. Dans BFM Bourse, il a souligné la résilience du groupe, spécialisé dans la logistique, et son positionnement dans un secteur porteur. « ID Logistics bénéficie d’une demande soutenue dans l’e-commerce et d’une diversification géographique solide », a-t-il indiqué. Ces atouts en font une valeur appréciée des gestionnaires responsables, conformément aux critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) du portefeuille « BFM Responsable ».

De son côté, Soitec a connu un rebond spectaculaire après les déclarations de son directeur général, qui a confirmé l’engagement de plusieurs clients sur des contrats pluriannuels. Bertrand Lamielle, directeur général de Portzamparc Gestion, a analysé cette dynamique dans BFM Bourse. « Le titre profite de l’optimisme autour du secteur des semi-conducteurs et de la transition énergétique », a-t-il commenté. Lamielle a également évoqué le projet d’Airbus de céder ses activités spatiales aux États-Unis, un dossier qui pourrait indirectement bénéficier à Soitec, acteur clé de l’industrie microélectronique européenne.

Vinci et Engie : deux valeurs sous pression

En revanche, le trafic autoroutier de Vinci a confirmé son ralentissement, comme l’a rappelé Joffrey Ouafqa, directeur des gestions chez Auris Gestion, lors du débrief de la séance du 28 août sur BFM Bourse. Cette tendance, observée depuis plusieurs mois, s’explique en partie par la baisse du pouvoir d’achat et la réduction des déplacements professionnels. « Les données montrent un essoufflement de la reprise post-Covid », a-t-il noté.

Côté Engie, le titre a subi une pression vendeuse, selon Lamielle. Les raisons ? « Un environnement réglementaire moins favorable et des incertitudes sur la stratégie énergétique française », a-t-il détaillé. Ces éléments illustrent la volatilité accrue des valeurs liées à la transition énergétique, où les politiques publiques jouent un rôle clé.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines s’annoncent décisives pour les investisseurs. La publication des premiers indicateurs économiques du mois de septembre, ainsi que les annonces de la BCE, pourraient renforcer ou atténuer la prudence actuelle. Les gestionnaires de portefeuilles devraient affiner leurs positions en fonction des sondages et des programmes économiques des candidats à la présidentielle. Une chose est sûre : la volatilité devrait rester élevée jusqu’à l’élection.

Dans ce contexte, les émissions comme BFM Bourse offrent aux professionnels et aux investisseurs particuliers des analyses actualisées pour naviguer au mieux dans un marché en mutation. Les prochains épisodes, à retrouver du lundi au vendredi sur BFM Business, aborderont notamment les opportunités dans les terres rares et l’évolution des « tech stocks », deux thématiques qui pourraient rebattre les cartes dans les mois à venir.

En attendant, les acteurs du marché gardent un œil rivé sur l’actualité politique et monétaire, deux variables qui pourraient redéfinir les équilibres boursiers à l’approche du rendez-vous électoral de 2027.

Les périodes préélectorales sont souvent marquées par une volatilité accrue, en raison des incertitudes liées aux programmes économiques des candidats. Les investisseurs privilégient alors une approche plus défensive pour limiter les risques, comme l’a expliqué Guillaume Chaloin de Delubac AM dans BFM Bourse.