Le Parti socialiste, Place publique et la Gauche républicaine et socialiste ont officialisé leur accord pour organiser une primaire commune afin de désigner un candidat unique pour affronter la présidentielle de 2027. Selon nos confrères du Figaro, ce scrutin, prévu les week-ends des 9-10 et 16-17 octobre 2026, vise à incarner une gauche sociale-démocrate et non mélenchoniste. Alors que le PS avait atteint en 2022 son score historique le plus bas avec seulement 1,7 % des voix pour Anne Hidalgo, l’enjeu est de taille pour cette alliance qui souhaite peser face aux autres forces politiques.

Ce qu'il faut retenir

  • La primaire se tiendra sur deux week-ends consécutifs en octobre 2026, avec un droit de vote élargi aux militants et aux citoyens payant un droit d’entrée de 15 euros.
  • Six candidats ont déjà officialisé leur participation, dont Olivier Faure, Raphaël Glucksmann et Ségolène Royal.
  • François Hollande et Bernard Cazeneuve ont d’ores et déjà annoncé leur refus de participer à ce scrutin.
  • L’objectif affiché est de rassembler une « dream team » de la gauche républicaine pour éviter un nouvel échec face à l’extrême droite.

Olivier Faure : le premier secrétaire en quête d’une revanche électorale

Après des semaines de suspense, Olivier Faure a officiellement lancé sa candidature lors du journal télévisé de TF1 le 30 août 2026. Le premier secrétaire du PS, âgé de 58 ans, a expliqué vouloir « porter une France plus juste » et « tout reconstruire » après « 10 années d’un immense gâchis ». C’est la première fois que ce député de Seine-et-Marne brigue l’Élysée. Il a annoncé la sortie prochaine d’un ouvrage intitulé La loi du plus juste, qui servira de socle à sa campagne. Faure, qui n’avait pas participé à la primaire de 2021 (perdue face à Anne Hidalgo), mise sur un discours de rupture pour incarner une nouvelle dynamique au sein du parti.

Raphaël Glucksmann : l’eurodéputé en tête des sondages et des soutiens

Le fondateur de Place publique a officialisé sa candidature le 23 août 2026, lors d’une intervention télévisée où il a évoqué une « boule dans le ventre » face à l’état de la nation. À 46 ans, l’eurodéputé mise sur son ancrage européen et rassemble déjà des figures majeures de la gauche, comme l’ancien candidat écologiste Yannick Jadot, la présidente de région Carole Delga ou encore Boris Vallaud, chef des députés PS à l’Assemblée nationale. Glucksmann, qui se positionne comme une alternative à l’extrême gauche, entend capitaliser sur cette dynamique pour séduire un électorat au-delà des clivages traditionnels.

Ségolène Royal : l’expérience au service d’un retour en première ligne

À 73 ans, Ségolène Royal, finaliste de la présidentielle en 2007, compte bien faire valoir son expérience pour se distinguer dans cette primaire. Lors des universités d’été du PS à Blois fin août 2026, elle a rappelé ses multiples mandats — ministre, députée, présidente de région — pour justifier sa légitimité. « Je connais à la fois le local, le global, l’appareil d’État », a-t-elle souligné, insistant sur la nécessité de « reconstruire la solidité de l’État ». Son discours, à la fois pédagogique et combatif, vise à séduire un électorat nostalgique de son passage à Matignon.

Jérôme Guedj et Philippe Brun : les outsiders qui veulent bousculer la donne

Député PS de l’Essonne, Jérôme Guedj, 54 ans, a présenté sa candidature dès février 2026. Il défend une gauche « républicaine, universaliste et laïque », en opposition frontale avec La France insoumise. Dans un message publié sur X le 31 août, il a appelé à éviter « les jeux d’appareil et les querelles de personnes », prônant la formation d’une « dream team » inclusive. De son côté, Philippe Brun, député de l’Eure âgé de 34 ans, se positionne comme un « anti-Glucksmann » en mettant en avant une « révolution productive » pour redonner du pouvoir d’achat aux Français. Critique envers le ticket d’entrée de 15 euros, il a lancé une « caisse populaire » pour aider les électeurs modestes à participer au scrutin.

Les figures absentes : Hollande, Cazeneuve et Bouamrane tournent le dos à la primaire

François Hollande a réitéré son refus de participer à cette primaire lors des universités d’été du PS à Blois. L’ancien président de la République a indiqué qu’un « moment de vérité » était attendu en décembre 2026, où il envisage de créer une « union sacrée des démocrates » dépassant les clivages partisans. De son côté, Bernard Cazeneuve, qui a quitté le PS en 2022 après l’alliance avec LFI, prépare une candidature en marge du parti. Il prône la formation d’une « coalition des engagés » pour « éviter le pire » — à savoir, selon lui, une victoire de Marine Le Pen. Enfin, Karim Bouamrane, maire PS de Saint-Ouen, a expliqué son retrait par le caractère « fermé » de la primaire, réservée aux militants ou aux nouveaux adhérents payant 15 euros. « On ne va pas atteindre les deux millions de participants comme en 2011 », a-t-il tempéré.

Et maintenant ?

La campagne pour cette primaire s’annonce serrée, avec deux figures principales — Faure et Glucksmann — qui pourraient s’affronter dès le premier tour. Les sondages, encore rares à ce stade, donnent Glucksmann en tête, mais Faure compte sur son ancrage historique au PS pour mobiliser l’électorat traditionnel. Reste à voir si ce scrutin parviendra à fédérer une gauche divisée, alors que l’échéance présidentielle de 2027 se profile à l’horizon. Une chose est sûre : le vainqueur devra impérativement éviter l’écueil de 2022 pour espérer peser dans la course à l’Élysée.

Alors que les candidatures se multiplient, cette primaire pourrait aussi servir de test pour évaluer la capacité du PS et de Place publique à s’unir durablement. Les prochaines semaines seront cruciales, avec des débats attendus sur les programmes et les alliances possibles pour rassembler au-delà des clivages. Une chose est certaine : le vainqueur devra incarner bien plus qu’un simple candidat — il devra porter l’espoir d’une gauche unie, face à un paysage politique de plus en plus fragmenté.

Le droit de vote est ouvert aux adhérents des partis organisateurs (PS, Place publique, Gauche républicaine et socialiste) ainsi qu’aux personnes s’acquittant d’un droit d’entrée de 15 euros. Ce montant, fixé pour élargir la participation, a suscité des critiques, notamment de la part de Philippe Brun, qui a mis en place une « caisse populaire » pour aider les électeurs modestes à voter.

En 2022, Anne Hidalgo avait obtenu le plus mauvais score de l’histoire du PS avec seulement 1,7 % des voix, illustrant la crise profonde du parti. Cette primaire vise donc à éviter un nouvel échec en 2027 en désignant un candidat unique pour incarner une gauche sociale-démocrate et non mélenchoniste. L’enjeu est de taille : regagner la confiance des électeurs et peser face à l’extrême droite.