La séance du 31 août 2026 a été l’occasion pour plusieurs experts du secteur financier de partager leur analyse des tendances et des opportunités sur les marchés, dans le cadre de l’émission BFM Bourse, présentée par Guillaume Sommerer. Selon nos confrères de BFM Business, l’émission a réuni dix intervenants issus de différentes structures, offrant un éclairage varié sur les enjeux de la rentrée boursière.

Ce qu'il faut retenir

  • 12 intervenants ont participé à l’émission BFM Bourse du 31 août 2026, dont des stratégistes, analystes financiers et directeurs de gestion.
  • La performance de l’indice S&P 500 hors valeurs liées à l’IA a atteint 12,5 % sur un an, dividendes réinvestis, selon la Data Room diffusée ce jour-là.
  • Fitch a maintenu la note souveraine de la France, un sujet abordé par Juliette Cohen, stratégiste chez CPR AM.
  • Le titre Soitec a fortement progressé après l’annonce de contrats pluriannuels avec ses clients et des projets d’Airbus.
  • Le portefeuille « BFM-Responsable » pourrait réduire son exposition aux valeurs françaises avant la présidentielle de 2027.
  • Jean-Benoît Gambet, co-fondateur de Moonshot Patrimoine, a infirmé l’idée selon laquelle « parier contre Nvidia relève de l’entêtement ».

Une émission sous le signe des analyses et des arbitrages

Comme chaque lundi, l’émission BFM Bourse a offert un décryptage des marchés à travers plusieurs segments thématiques. Selon BFM Business, l’intégralité de l’émission du 31 août, d’une durée totale de 1h48, a été diffusée en replay. Parmi les invités figuraient des représentants de Bourse Direct, Portzamparc Gestion, IDMIDCAPS, CPR AM, Delubac AM, Tikehau Capital ou encore IG France. Autant dire que la diversité des profils a permis d’aborder les sujets sous des angles complémentaires.

Le segment « Valeurs : les paris de la rentrée » a notamment mis en lumière les anticipations des investisseurs pour les prochains mois, dans un contexte marqué par l’approche de la présidentielle française de 2027. Plusieurs experts ont souligné l’importance de réévaluer les expositions sectorielles et géographiques, en fonction des risques politiques et macroéconomiques.

Les marchés américains et l’absence d’IA dans l’indice S&P 500

Dans la rubrique « La Data Room », la performance de l’indice S&P 500 hors valeurs liées à l’intelligence artificielle a retenu l’attention. Selon les données présentées, cette version de l’indice a enregistré une progression de 12,5 % sur les douze derniers mois, dividendes réinvestis. Un chiffre qui contraste avec la dynamique des géants technologiques, souvent associés à la thématique de l’IA. Cette performance pourrait refléter une forme de rattrapage des valeurs plus traditionnelles, après une année dominée par les titres technologiques.

Le débat autour de l’IA reste cependant central. Jean-Benoît Gambet, co-fondateur de Moonshot Patrimoine, a balayé l’idée selon laquelle il serait « entêté » de parier contre Nvidia. « La domination de Nvidia sur le marché des semi-conducteurs ne doit pas occulter les opportunités dans d’autres segments technologiques », a-t-il précisé lors du « Mythomètre » de l’émission.

La note française préservée par Fitch, un signal rassurant

Autre point clé de la journée : le maintien de la note souveraine de la France par l’agence Fitch, évoqué par Juliette Cohen, stratégiste chez CPR AM. Cette décision intervient alors que les perspectives de hausse des taux de la Banque centrale européenne (BCE) alimentent les discussions sur la soutenabilité de la dette publique. « Fitch a souligné la résilience des finances françaises, malgré un environnement marqué par des incertitudes budgétaires », a indiqué Cohen.

Cette annonce a été perçue comme un signal positif par les marchés, même si certains intervenants ont rappelé que les défis structurels (dette, compétitivité) restent à adresser. « La note souveraine est un élément parmi d’autres dans la stratégie d’investissement », a tempéré un autre analyste présent lors de l’émission.

Soitec en hausse : une valeur européenne à suivre

Le titre Soitec, spécialisé dans les semi-conducteurs, a connu une progression significative, portée par deux annonces majeures. D’abord, l’engagement de ses clients sur des contrats pluriannuels, garantissant une visibilité sur les revenus futurs. Ensuite, le projet d’Airbus de céder ses activités spatiales aux États-Unis, susceptible de redessiner le paysage concurrentiel du secteur.

Bertrand Lamielle, directeur général de Portzamparc Gestion, a souligné que « ces éléments confirment la pertinence de Soitec comme acteur clé dans la chaîne de valeur des semi-conducteurs ». À l’inverse, le titre Engie a reculé, en lien avec des tensions sur le marché de l’énergie et des interrogations sur sa stratégie de transition énergétique.

Le portefeuille « BFM-Responsable » face à l’élection présidentielle

Dans le cadre du segment « Valeur ajoutée », Guillaume Chaloin, directeur des gestions actions chez Delubac AM, a évoqué une possible réduction de l’exposition aux valeurs françaises au sein du portefeuille « BFM-Responsable ». Une décision motivée par l’approche de la présidentielle de 2027, qui pourrait introduire des incertitudes réglementaires et fiscales. « Les gérants responsables doivent anticiper les risques liés au cycle politique », a-t-il expliqué.

Cette stratégie s’inscrit dans une tendance plus large de prudence sur les marchés actions européens, où les valorisations restent sous haute surveillance. Les investisseurs privilégient désormais les segments moins exposés aux aléas politiques, comme les valeurs technologiques ou les industries défensives.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines s’annoncent décisives pour les marchés, avec plusieurs échéances à surveiller. D’abord, la publication des prochains indicateurs économiques aux États-Unis et en Europe, qui pourraient confirmer ou infirmer les anticipations de baisse des taux de la BCE. Ensuite, les résultats semestriels de nombreuses entreprises, notamment dans le secteur technologique, qui pourraient influencer les valorisations des grands indices.

Côté français, l’attention se portera logiquement sur les intentions des candidats à la présidentielle, dont les programmes économiques pourraient impacter directement les stratégies d’investissement. Enfin, la dynamique des semi-conducteurs, avec des acteurs comme Soitec, restera un baromètre clé pour évaluer la santé du secteur industriel européen.

La rentrée 2026 s’inscrit donc dans un contexte où la prudence et l’agilité des investisseurs seront déterminantes. Les prochains mois devraient offrir des opportunités, à condition de bien distinguer les tendances structurelles des mouvements conjoncturels.

Selon Juliette Cohen de CPR AM, Fitch a souligné la résilience des finances françaises, malgré un environnement marqué par des incertitudes. L’agence a notamment pris en compte la capacité du pays à générer des recettes fiscales et à maîtriser partiellement sa dette, tout en notant les défis structurels persistants.

Les intervenants de l’émission ont pointé du doigt plusieurs risques : une possible hausse des impôts ou des prélèvements sociaux, une volatilité accrue sur les marchés actions, et des incertitudes réglementaires pouvant affecter des secteurs clés comme l’énergie ou la finance. Guillaume Chaloin de Delubac AM a notamment évoqué une réduction de l’exposition aux valeurs françaises dans le portefeuille « BFM-Responsable » pour anticiper ces aléas.