Alors que le gouvernement doit annoncer de nouvelles mesures d’aide dès cette semaine, le syndicat Jeunes Agriculteurs (JA) alerte sur l’urgence d’un plan ambitieux pour éviter une « catastrophe agricole » en 2027. Lors de sa conférence de rentrée, lundi 1er septembre 2026, l’organisation a formulé plusieurs propositions, dont la création d’une « contribution générale sur l’impôt » inspirée de l’« impôt sécheresse » de 1976. Selon BFM Business, cette demande s’inscrit dans un contexte marqué par un été de sécheresse historique ayant mis à rude épreuve le secteur.

Ce qu'il faut retenir

  • Une attente « énorme » de la part des agriculteurs, selon le secrétaire général des JA, Loïc Scalabrino, qui craint une hausse des cessations d’activité si les aides ne sont pas à la hauteur.
  • Le syndicat propose notamment une contribution exceptionnelle sur l’impôt, calquée sur le modèle de 1976, pour financer des investissements structurels face au changement climatique.
  • 30 000 à 35 000 fermes pourraient disparaître sans mesures d’urgence, entraînant des conséquences territoriales et économiques majeures.
  • Parmi les pistes évoquées : la prise en charge des cotisations MSA, des prêts à taux zéro pour les jeunes agriculteurs installés depuis moins de cinq ans, et un livret d’épargne dédié.
  • Les JA, alliés à la FNSEA, seront reçus par le Premier ministre Sébastien Lecornu le 14 septembre 2026 pour présenter leurs propositions.
  • Le syndicat insiste sur la nécessité de « souveraineté alimentaire », soulignant que l’agriculture doit s’adapter rapidement aux défis climatiques.

Un « besoin de concret et de rapide » face à l’urgence

Avec un été 2026 marqué par des records de sécheresse et de canicules, les agriculteurs sont « suspendus » aux annonces gouvernementales prévues pour jeudi 4 septembre, date à laquelle le gouvernement doit détailler son plan d’aides. Loïc Scalabrino, secrétaire général des JA, a prévenu sans détour : « On a une attente énorme. Il y a un besoin de ces aides si, en 2027, on ne veut pas avoir un énorme pourcentage d’agriculteurs en cessation d’activité. Si on n’a pas un plan ambitieux, on va droit vers une catastrophe agricole. » Le syndicat réclame des mesures immédiates, soulignant que le temps presse.

Les JA rappellent que un exploitant sur deux arrive à l’âge de la retraite, une situation qui aggrave les tensions sur le renouvellement des générations. Jocelyn Dubost, président des JA depuis juin 2026, a insisté sur cette urgence : « Il est hors de question de laisser un jeune sur le bord du chemin. » L’alliance avec la FNSEA, principale organisation agricole française, renforce la légitimité de ces revendications.

Des propositions ciblées pour soutenir le secteur

Pour faire face à la crise, les Jeunes Agriculteurs ont présenté un « livre blanc » de solutions à court et moyen terme. Parmi les mesures phares, le syndicat suggère :

  • La prise en charge des cotisations sociales agricoles (MSA), afin de soulager les exploitations les plus fragilisées.
  • Des prêts garantis par l’État à taux zéro pour les jeunes agriculteurs installés depuis moins de cinq ans, afin de faciliter leur installation et leur adaptation aux nouveaux défis climatiques.
  • La création d’un livret d’épargne dédié aux agriculteurs, pour leur permettre de constituer une réserve financière en période de crise.
  • Une contribution générale sur l’impôt, inspirée de l’« impôt sécheresse » de 1976, pour financer des investissements structurels (bâtiments d’élevage mieux isolés, matériel d’irrigation adapté, etc.).
  • Une participation des entreprises émettrices de gaz à effet de serre au réensemencement des prairies, afin de compenser leur impact environnemental.

« C’est un enjeu de société », a souligné Jocelyn Dubost. « Si demain on veut continuer à avoir une souveraineté alimentaire, une agriculture, il faut agir maintenant. » Le syndicat estime que l’inaction aurait un coût bien plus élevé : « Si 30 000 à 35 000 fermes disparaissent, cela coûtera aussi cher, ce sera des territoires enfrichés, avec des effets en cascade. »

Un rendez-vous politique clé le 14 septembre

Les propositions des JA devraient être présentées directement au Premier ministre Sébastien Lecornu lors d’un entretien prévu le 14 septembre 2026. Ce face-à-face s’annonce déterminant, alors que le gouvernement cherche à concilier soutien au secteur et contraintes budgétaires. Selon BFM Business, l’exécutif devrait annoncer dès jeudi 4 septembre une première salve de mesures, mais les JA espèrent un plan plus ambitieux, incluant des financements pérennes.

Le syndicat rappelle que le changement climatique n’est plus une menace lointaine, mais une réalité quotidienne pour les agriculteurs. « Autant dire que les étés à venir seront tout aussi difficiles, si ce n’est plus », a averti Loïc Scalabrino. « Il faut des solutions qui s’inscrivent dans la durée, pas seulement des rustines. »

« Si l’État ne bouge pas, il va y avoir de la casse. Avec les canicules successives, les producteurs de maïs sont en souffrance. » — Témoignage d’un agriculteur, cité par BFM Business.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront largement des annonces gouvernementales de jeudi 4 septembre. Si le plan présenté ne répond pas aux attentes des JA, le syndicat pourrait intensifier sa pression, notamment via des mobilisations locales ou des actions ciblées. Par ailleurs, la réunion avec le Premier ministre le 14 septembre pourrait déboucher sur des engagements concrets, voire sur des ajustements du projet de loi de finances pour 2027. Le secteur agricole, déjà fragilisé, reste en première ligne face aux défis climatiques.

La question d’un financement pérenne se pose également : entre une contribution exceptionnelle et des mesures structurelles, le gouvernement devra arbitrer rapidement. Quoi qu’il en soit, les JA ont clairement posé le débat : sans réponse à la hauteur, c’est toute une filière qui risque de payer le prix fort.

L’« impôt sécheresse » de 1976 était une contribution exceptionnelle prélevée sur les revenus pour financer des aides aux agriculteurs touchés par une sécheresse historique. Les JA proposent d’en recréer une version moderne, adaptée aux enjeux climatiques actuels, afin de mobiliser des fonds rapidement et de manière ciblée.

Les agriculteurs attendent les annonces gouvernementales prévues pour jeudi 4 septembre 2026. Ensuite, les JA seront reçus par le Premier ministre Sébastien Lecornu le 14 septembre pour présenter leurs propositions. D’ici la fin de l’année, le projet de loi de finances 2027 pourrait intégrer certaines de ces mesures.