L’indice S&P 500, excluant les valeurs liées à l’intelligence artificielle, affiche une performance de 12,5 % sur la période d’un an glissant, jusqu’au 31 août 2026. Selon nos confrères de BFM Business, cette performance a été décryptée lors de l’émission BFM Bourse diffusée ce lundi, mettant en lumière les dynamiques sectorielles et les stratégies d’investissement à l’approche de la rentrée.
Le rendement est d’autant plus notable qu’il intègre la réinvestissement des dividendes, soulignant la résilience des entreprises traditionnelles face à un environnement marqué par des tensions géopolitiques et des ajustements monétaires. Autant dire que les investisseurs continuent de privilégier certaines valeurs « ex-IA » malgré la volatilité persistante sur les marchés.
Ce qu'il faut retenir
- Performance annualisée de 12,5 % pour l’indice S&P 500 excluant les valeurs technologiques liées à l’IA, dividendes réinvestis.
- Analyse détaillée dans BFM Bourse, émission quotidienne présentée par Guillaume Sommerer.
- Parmi les intervenants : stratégistes, analystes financiers et responsables de gestions actions issus de plusieurs sociétés de gestion.
- Maintien de la note française par Fitch évoqué comme un facteur de stabilité pour les investisseurs.
- Prise de position sur des valeurs comme Soitec, ID Logistics et Engie, avec des analyses sectorielles approfondies.
Un indice S&P 500 « ex-IA » qui défie les attentes
L’indice S&P 500, lorsqu’on en retire les entreprises les plus exposées à l’intelligence artificielle, affiche une progression de 12,5 % sur un an. Ce chiffre, communiqué par BFM Business, contraste avec les performances spectaculaires des géants technologiques comme Nvidia ou Meta, souvent cités pour leurs rendements élevés. Éric Lewin, stratégiste actions chez Bourse Direct, a souligné lors de l’émission que cette performance reflétait « une diversification géographique et sectorielle » des portefeuilles, notamment dans les secteurs de l’industrie, de la santé et des services financiers.
Cette résilience s’explique en partie par la capacité des entreprises traditionnelles à générer des flux de trésorerie stables, même en période de hausse des taux. « On observe une rotation des capitaux vers des valeurs moins volatiles, capables de résister aux chocs inflationnistes », a précisé Léo Mansour, analyste financier chez IDMIDCAPS, lors de son intervention dans l’émission.
Les experts décryptent les enjeux de la rentrée financière
La séance du 31 août 2026 a été rythmée par les analyses de plusieurs experts, invités dans BFM Bourse pour évoquer les défis et opportunités de la rentrée. Parmi eux, Bertrand Lamielle, directeur général de Portzamparc Gestion, a analysé la hausse du titre Soitec, liée aux engagements de ses clients sur des contrats pluriannuels. Une dynamique qui s’inscrit dans un contexte plus large de demande accrue pour les semi-conducteurs, notamment dans les secteurs de l’aérospatial et de la défense.
Côté macroéconomique, Juliette Cohen, stratégiste chez CPR AM, a rappelé que le maintien de la note française par l’agence Fitch, annoncé le même jour, constituait un signal positif pour les investisseurs. « La crédibilité de la France sur les marchés reste intacte, malgré les incertitudes liées à la future présidentielle », a-t-elle déclaré. Un point de vue partagé par Alexandre Baradez, chef analyste chez IG France, qui a évoqué les perspectives d’une possible hausse des taux de la BCE d’ici la fin de l’année.
Les valeurs sous le feu des projecteurs
Plusieurs titres ont fait l’objet d’analyses détaillées lors de l’émission. Soitec, spécialiste des matériaux semi-conducteurs, a vu son cours s’envoler après les annonces de son directeur général concernant des contrats pluriannuels avec des clients majeurs. Une performance saluée par Bertrand Lamielle, qui y voit « le signe d’une reprise durable dans le secteur des technologies avancées ».
À l’inverse, Engie a subi une baisse de son titre, attribuée à des facteurs conjoncturels, notamment la cession envisagée par Airbus de ses activités spatiales aux États-Unis. Guillaume Chaloin, directeur des gestions actions chez Delubac AM, a expliqué que cette opération pourrait « redessiner la carte des acteurs européens du spatial », avec des répercussions sur les sous-traitants locaux.
Autre valeur mise en avant, ID Logistics, dont la performance a été saluée par Léo Mansour. L’analyste a mis en avant la croissance organique du groupe dans la logistique, un secteur « moins exposé aux cycles économiques que d’autres industries ».
Les anticipations pour les prochains mois
L’émission a également permis d’aborder les défis à venir pour les marchés, notamment l’impact de l’approche de la présidentielle française sur les valeurs domestiques. Dans le portefeuille « BFM-Responsable », une réduction de l’exposition à la France est envisagée « pour limiter les risques liés à l’incertitude politique », a indiqué Guillaume Chaloin. Une stratégie qui pourrait inspirer d’autres gestionnaires dans les semaines à venir.
Côté taux, Raphaël Thuin, directeur des stratégies de marchés de capitaux chez Tikehau Capital, a rappelé que la BCE pourrait adopter une posture plus restrictive dès septembre 2026. « Les marchés anticipent une hausse des taux directeurs, mais son ampleur reste incertaine », a-t-il nuancé. Une incertitude qui pèse sur les valorisations des actifs à long terme.
Autant dire que la rentrée financière s’annonce riche en rebondissements, avec une attention particulière portée aux valeurs capables de concilier croissance et résilience dans un environnement encore incertain.
Plusieurs facteurs expliquent cette performance : d’abord, la capacité des entreprises traditionnelles à générer des flux de trésorerie stables, moins dépendantes des cycles de financement que les start-up technologiques. Ensuite, la diversification sectorielle de cet indice limite l’impact des chocs sectoriels. Enfin, la demande persistante pour des actifs moins volatils, notamment dans les secteurs de l’industrie ou de la santé, soutient ces valorisations.