Avec 18 260 visiteurs français en mai 2026, soit une hausse de plus de 12 % en un an, le Brésil enregistre sa meilleure performance pour ce mois depuis deux décennies. Selon Le Figaro, cette dynamique s’inscrit dans une tendance de fond qui dépasse le simple rebond conjoncturel, confirmant le retour marqué des voyageurs français vers la destination.
Sur les cinq premiers mois de l’année, plus de 127 000 Français se sont rendus au Brésil, une progression de 7 % par rapport à 2025. À l’échelle européenne, la hausse atteint même 17 %, avec près de 100 000 visiteurs issus du continent enregistrés en mai. Pour les professionnels du secteur, ces chiffres ne reflètent pas un simple pic saisonnier, mais bien une tendance structurelle. « Le Brésil ne vit pas un simple pic de mai : il change de nature », observe Evaneos, une agence spécialisée dans les voyages sur mesure.
Ce qu'il faut retenir
- 18 260 visiteurs français en mai 2026, soit une progression de 12 % sur un an, un record depuis vingt ans.
- Plus de 127 000 Français ont voyagé vers le Brésil entre janvier et mai 2026, en hausse de 7 % par rapport à 2025.
- L’Europe affiche une progression de 17 % sur cinq mois, avec près de 100 000 visiteurs en mai.
- Les réservations pour 2026 sont en hausse de 16 %, avec un budget moyen en augmentation de 20 %.
- Air France et GOL renforcent leurs liaisons aériennes vers le Brésil, avec de nouvelles routes directes depuis Paris.
- Les autorités brésiliennes misent sur une stratégie de promotion ciblée pour attirer une clientèle plus qualitative.
Une dynamique enclenchée depuis 2025
Cette affluence record s’explique par une tendance déjà bien engagée depuis l’année dernière. « Toute l’année 2025 a marqué un retour très fort du Brésil auprès de la clientèle française », explique Anne-Carole Coupin, directrice Amérique latine chez Comptoir des Voyages. Les réservations pour le premier semestre 2026 confirment cette orientation, avec une demande en hausse de 16 % et un budget moyen en progression de 20 %.
Pour Evaneos, ces chiffres « correspondent à des voyages réservés six à douze mois à l’avance et photographient l’engouement de 2025 ». Les professionnels soulignent que la hausse observée en mai n’est pas un phénomène isolé, mais la continuité d’une stratégie de long terme portée par les autorités brésiliennes. « Ce n’est pas un pic isolé, mais bien une dynamique de fond », insiste l’opérateur.
Un contexte géopolitique et aérien favorable
Plusieurs facteurs expliquent ce regain d’intérêt. D’abord, la montée en désirabilité de l’Amérique latine, perçue comme une alternative plus stable face aux tensions géopolitiques en Europe et dans d’autres régions du monde. Ensuite, le renforcement des liaisons aériennes, essentiel pour faciliter l’accès à la destination. « Quand les compagnies aériennes investissent et développent de nouvelles liaisons, c’est qu’il existe une demande solide et durable derrière », souligne Anne-Carole Coupin.
Air France a ainsi renforcé son réseau vers le Brésil avec l’ouverture d’une liaison supplémentaire vers Salvador de Bahia et la mise en place d’un vol direct Paris-Fortaleza. Le transporteur brésilien GOL a de son côté annoncé l’ouverture d’une ligne entre Paris et Rio de Janeiro, tandis que les connexions vers les aéroports régionaux se multiplient. Ces initiatives visent à accompagner une demande estivale en pleine expansion.
Une nouvelle façon de voyager vers le Brésil
Au-delà des volumes, c’est la nature même des séjours qui évolue. Les voyageurs recherchent désormais des expériences plus longues et plus authentiques. « Le voyageur veut partir plus longtemps et cherche des expériences plus authentiques », indique Evaneos. Les itinéraires s’allongent, avec des circuits d’une quinzaine de jours, voire davantage, combinant plusieurs régions comme l’Amazonie, le Pantanal, Rio ou le Nordeste.
Cette tendance s’aligne avec la stratégie des autorités touristiques brésiliennes, qui misent sur une clientèle plus qualitative. « Nous maintenons un flux de visiteurs internationaux équivalent au record historique de l’année dernière, désormais accompagné d’indicateurs plus qualitatifs », explique Bruno Reis, président de Visit Brasil, l’agence brésilienne de promotion internationale du tourisme (Embratur). Parmi ces indicateurs figurent une durée de séjour plus longue, un panier moyen plus élevé et une meilleure répartition géographique des visiteurs sur le territoire.
Une stratégie nationale pour séduire les voyageurs français
Ce renouveau du tourisme brésilien auprès des Français s’appuie sur une politique volontariste menée par Embratur depuis le retour au pouvoir de Luiz Inácio Lula da Silva. « Ils ont remis beaucoup d’énergie dans le développement du tourisme international », observe Anne-Carole Coupin. Les actions de promotion menées depuis un an et demi ont permis de positionner le Brésil comme une destination incontournable en Europe.
« Les atouts tels que la biodiversité, la culture, le patrimoine, la gastronomie, les expériences urbaines et une nature mondialement reconnue » sont désormais mis en avant pour attirer une clientèle en quête d’authenticité. Selon Bruno Reis, cette orientation vise à privilégier la valeur du tourisme plutôt que sa seule volumétrie, en s’appuyant sur une promotion ciblée et une offre diversifiée.
Alors que le Brésil s’impose progressivement comme une destination phare pour les voyageurs français, les acteurs du tourisme misent sur la durabilité de cette tendance. Entre renforcement des liaisons aériennes, diversification de l’offre et promotion ciblée, tout est mis en œuvre pour transformer l’essai et faire de cette dynamique un nouveau chapitre pour le tourisme en Amérique latine.
Les voyageurs français privilégient des circuits combinant plusieurs régions emblématiques, comme l’Amazonie, le Pantanal, Rio de Janeiro et le Nordeste. Ces itinéraires, souvent d’une quinzaine de jours, reflètent une recherche d’expériences authentiques et de diversité géographique.
L’augmentation des budgets s’explique par plusieurs facteurs : allongement de la durée des séjours, choix d’expériences haut de gamme (écolodges, circuits privés), et hausse des prix des billets d’avion dans un contexte de forte demande. Les professionnels notent également une préférence pour des voyages plus élaborés et personnalisés.