Le Collet d’Allevard, niché dans le massif de Belledonne, a accueilli le 1er juillet 2026 une édition renouvelée de la Fête de la transhumance. Selon Euronews FR, cette manifestation traditionnelle a réuni plusieurs dizaines de participants autour d’un rituel pastoral toujours aussi ancré dans les Alpes françaises.
Ce qu'il faut retenir
- Quelque 700 brebis, agneaux, béliers et chèvres ont entamé leur ascension vers les pâturages d’altitude du Collet d’Allevard
- Les troupeaux, guidés par des bergers originaires de la région de Gap, rejoignent leurs quartiers d’été dans le massif de Belledonne
- Cette transhumance, pratique millénaire, s’inscrit dans un mouvement de redécouverte des traditions alpines en déclin depuis quelques décennies
- Au-delà de sa dimension culturelle, elle joue un rôle écologique clé : entretien des paysages, préservation de la biodiversité et réduction des risques d’incendie
- Les organisateurs soulignent un regain d’intérêt pour cette pratique, tant auprès des éleveurs que du grand public
Les images diffusées par Euronews FR montrent des animaux traversant les sentiers pentus du Collet d’Allevard, suivis par des bergers expérimentés. Ces derniers viennent de la région de Gap, dans les Hautes-Alpes, où certains troupeaux passent l’hiver avant de migrer vers les alpages dès les premiers jours de juillet. La transhumance, explique-t-on, suit un calendrier immuable dicté par les saisons : les troupeaux quittent les plaines pour les montagnes au printemps, puis redescendent à l’automne.
Cette tradition, bien que millénaire, a connu un certain déclin au cours des dernières décennies. L’évolution des pratiques agricoles, la modernisation des élevages et l’urbanisation progressive ont contribué à marginaliser ce mode de pastoralisme. Pourtant, depuis quelques années, on observe un regain d’intérêt pour la transhumance dans l’ensemble des régions alpines. Les raisons en sont multiples : renouveau des circuits courts, prise de conscience écologique et volonté de préserver un patrimoine culturel en voie de disparition.
Un héritage pastoral remis au goût du jour
La Fête de la transhumance organisée au Collet d’Allevard s’inscrit dans cette dynamique. L’événement, qui rassemble éleveurs, familles et curieux, permet de redécouvrir une pratique à la fois utile et spectaculaire. Selon les organisateurs, la manifestation a pour objectif de « transmettre aux jeunes générations le savoir-faire des bergers » et de « valoriser le rôle des éleveurs dans la gestion des espaces naturels ».
Les troupeaux, composés de 700 têtes au total, ont quitté les vallées pour gagner les pâturages d’altitude. Parmi eux, on compte des brebis de race locale, des agneaux nés au printemps et des béliers destinés à la reproduction. Leur progression, lente et méthodique, s’effectue sous la surveillance constante des bergers, qui veillent à leur sécurité et à leur bien-être.
La transhumance n’est pas qu’une simple migration. C’est aussi un moment clé pour les éleveurs, qui en profitent pour vérifier l’état de santé des animaux, adapter leur alimentation et préparer la période estivale. « C’est une étape cruciale pour nous », confie un berger présent sur place. « Les alpages offrent une nourriture abondante et variée, idéale pour les brebis qui donneront du lait jusqu’à l’automne. »
Un enjeu écologique et paysager
Au-delà de son aspect traditionnel, la transhumance joue un rôle environnemental majeur. En déambulant dans les alpages, les troupeaux contribuent à l’entretien des paysages et à la préservation de la biodiversité. Leurs déjections fertilisent les sols, tandis que leur piétinement limite la progression de la broussaille. Autant dire que sans eux, une partie des montagnes françaises risquerait de se transformer en forêt dense, augmentant ainsi les risques d’incendie en période estivale.
Cette fonction écologique est aujourd’hui reconnue par les autorités locales et les associations de protection de la nature. Plusieurs communes alpines, dont celle du Collet d’Allevard, encouragent désormais les éleveurs à poursuivre cette pratique. « La transhumance est un allié précieux pour lutter contre la désertification des zones de montagne », souligne un responsable municipal. « Elle permet aussi de maintenir des paysages ouverts, qui attirent les touristes et soutiennent l’économie locale. »
Selon Euronews FR, cette édition 2026 s’inscrit dans une politique plus large de soutien aux pratiques pastorales durables. Plusieurs projets sont en cours pour faciliter le retour des troupeaux en montagne, notamment via des subventions destinées aux jeunes éleveurs ou des aménagements de sentiers dédiés.
En conclusion, la Fête de la transhumance du Collet d’Allevard illustre la vitalité d’une tradition ancestrale, aujourd’hui réinvestie pour ses vertus culturelles, économiques et écologiques. Alors que les Alpes font face à des défis climatiques et sociaux, cette pratique millénaire pourrait bien offrir des solutions adaptées aux enjeux de demain.
La transhumance permet de maintenir des paysages ouverts en limitant la progression de la broussaille, de fertiliser les sols grâce aux déjections des animaux, et de réduire les risques d’incendie en préservant des espaces dégagés. Elle contribue aussi à la biodiversité en favorisant la diversité des milieux.