Selon Le Figaro, la santé mentale reste un sujet souvent mal compris en France. Pourtant, 13 millions de personnes présentent un trouble psychique dans l’Hexagone, dont 3 millions souffrent de troubles sévères. Dans une série dédiée, le quotidien interroge des personnes ayant surmonté des années de difficultés pour trouver un équilibre et une vie épanouie. Parmi elles, Louise et Maya, diagnostiquées d’un trouble anxieux généralisé (TAG), partagent leur parcours et leurs solutions au quotidien.

Ce qu'il faut retenir

  • 13 millions de personnes souffrent d’un trouble psychique en France, dont 3 millions de troubles sévères.
  • Le trouble anxieux généralisé (TAG) touche 6,3 % des adultes de 18 à 79 ans en 2024.
  • Louise, 30 ans, diagnostiquée en 2022, vit à Paris avec son mari et son enfant, et attend un second bébé.
  • Le TAG se caractérise par une anxiété persistante, ressentie presque quotidiennement pendant au moins six mois.
  • Les antécédents familiaux et le stress jouent un rôle clé dans l’apparition des troubles anxieux.
  • Les personnes concernées peuvent mener une vie épanouie grâce à un accompagnement adapté et une hygiène de vie rigoureuse.

En 2022, Louise, consultante parisienne de 30 ans, mère d’un enfant et enceinte de son deuxième, a reçu un diagnostic de trouble anxieux généralisé (TAG). Cette pathologie, parfois réduite à une simple « angoisse », se révèle bien plus complexe : « Ce n’est pas une simple angoisse, explique le psychiatre Antoine Pelissolo, chef de service au CHU Henri-Mondor à Créteil et auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet. C’est une anxiété qui dure au moins six mois, ressentie un jour sur deux au minimum, et qui a des répercussions sur la vie quotidienne ainsi que sur l’entourage. » Selon les données de 2024, 6,3 % des adultes de 18 à 79 ans en France sont concernés par ce trouble.

Pour Louise, les racines de son anxiété remontent à l’enfance. « J’ai toujours eu des phases d’angoisse, c’était là en toile de fond. Plusieurs membres de ma famille sont également touchés par ces troubles », confie-t-elle. Les antécédents familiaux, le tempérament, le stress ou encore des traumatismes jouent un rôle dans le développement d’un TAG. Mais malgré ces défis, elle affirme avoir trouvé des solutions pour mener une vie équilibrée.

Un trouble sous-estimé mais handicapant au quotidien

Le trouble anxieux généralisé se distingue des angoisses ponctuelles par sa persistance et son intensité. « On ne parle pas d’une inquiétude passagère, mais d’une peur diffuse qui s’installe dans la durée », précise le Dr Pelissolo. Cette maladie mentale, souvent méconnue, peut impacter significativement la qualité de vie : difficultés de concentration, troubles du sommeil, évitement de certaines situations sociales ou professionnelles. En 2024, 6,3 % de la population adulte française en souffre, soit près de 3,3 millions de personnes.

Les causes du TAG sont multifactorielles. Outre les prédispositions génétiques, les facteurs environnementaux, comme un environnement familial anxieux ou un stress chronique, jouent un rôle majeur. « Les traumatismes précoces ou les événements marquants peuvent aussi déclencher ou aggraver ce trouble », souligne le spécialiste. Pour Louise, c’est une combinaison de ces éléments qui a conduit à son diagnostic, mais elle refuse de laisser la maladie définir son existence.

Trouver un équilibre : hygiène de vie et accompagnement

Depuis son diagnostic, Louise a mis en place une hygiène de vie rigoureuse pour mieux vivre avec son TAG. « J’ai appris à écouter mon corps et à respecter ses limites, explique-t-elle. Cela passe par une alimentation équilibrée, un sommeil régulier et des techniques de relaxation comme la méditation ou le sport. » Ces mesures, combinées à un suivi médical, lui ont permis de retrouver une certaine sérénité. « Aujourd’hui, je gère mieux mes angoisses, même si elles restent présentes. L’important, c’est de ne pas les laisser prendre le dessus. »

Le psychiatre Antoine Pelissolo insiste sur l’importance d’une prise en charge globale. « Le TAG ne se soigne pas avec une seule solution, mais avec une combinaison de thérapies, de médicaments si nécessaire, et de changements de mode de vie. L’accompagnement par un professionnel de santé mentale est essentiel pour éviter l’isolement et les complications. » Selon lui, l’enjeu est de transformer une contrainte en opportunité : « Avec les bons outils, les patients peuvent apprendre à vivre avec leur trouble sans qu’il ne les empêche de réaliser leurs projets. »

Le témoignage de Maya : l’indépendance comme clé de la résilience

À l’instar de Louise, Maya, une autre patiente interrogée par Le Figaro, a fait de son trouble anxieux un levier pour mieux structurer son existence. Diagnostiquée il y a quelques années, cette jeune femme a choisi de prendre son indépendance comme boussole. « J’ai compris que je devais reprendre le contrôle de ma vie, même par petits pas. Aujourd’hui, je travaille à mon rythme, j’organise mon temps comme je l’entends, et ça change tout », explique-t-elle. Son parcours illustre une tendance croissante : l’autonomie comme outil de gestion du TAG.

Maya insiste sur l’importance de s’entourer de personnes bienveillantes. « Mon entourage m’a aidée à dédramatiser mes peurs et à me concentrer sur mes forces plutôt que sur mes faiblesses. Sans eux, je ne serais pas là où j’en suis aujourd’hui. » Son témoignage rejoint celui de Louise : malgré les défis, une vie heureuse et épanouie est possible. « Le TAG fait partie de moi, mais il ne me définit pas. J’ai appris à vivre avec, sans le laisser me limiter. »

Et maintenant ?

La prise de conscience autour des troubles anxieux généralisés continue de progresser en France. Les prochaines années pourraient voir une augmentation des dispositifs d’accompagnement, notamment dans les entreprises et les écoles, où le stress chronique est un facteur aggravant. Les autorités sanitaires devraient également renforcer les campagnes de sensibilisation, comme le suggère le plan « Santé mentale et psychiatrie » lancé en 2023. Reste à voir si ces mesures suffiront à réduire le délai entre les premiers symptômes et le diagnostic, souvent trop long pour les patients.

Ces récits de Louise et Maya rappellent que les troubles anxieux, bien que difficiles, ne condamnent pas à une existence limitée. Avec un accompagnement adapté et une volonté affirmée, il est possible de construire une vie équilibrée. Comme le souligne Le Figaro dans sa série, « malgré des années d’enfer, l’équilibre et le bonheur restent à portée de main ». Une leçon d’espoir pour les millions de Français concernés.

Une angoisse ponctuelle est une réaction normale face à une situation stressante, tandis qu’un trouble anxieux généralisé se caractérise par une anxiété persistante, ressentie presque quotidiennement pendant au moins six mois, et qui impacte significativement la vie quotidienne. Selon le psychiatre Antoine Pelissolo, cité par Le Figaro, ce trouble se distingue par sa durée et son intensité.