Un Espagnol victime d’un accident du travail a failli perdre près de 50 000 € d’indemnisation après avoir suivi un conseil de l’agent conversationnel ChatGPT. Selon nos confrères de Ouest France, l’homme avait été licencié quelques mois après l’accident. Convaincu par la réponse de l’outil d’intelligence artificielle, il pensait ne plus pouvoir prétendre à aucune compensation financière.

Ce qu'il faut retenir

  • Un salarié espagnol a failli perdre 50 000 € d’indemnités après un accident du travail.
  • ChatGPT lui a indiqué à tort qu’il n’avait droit à aucune compensation après son licenciement.
  • Il s’est finalement tourné vers un cabinet d’avocats, qui l’a correctement orienté.
  • L’affaire illustre les risques liés à l’utilisation de conseils juridiques automatisés.

L’incident survient alors que les outils d’intelligence artificielle, comme ChatGPT, sont de plus en plus utilisés pour obtenir des conseils rapides, y compris dans des domaines complexes comme le droit du travail. Dans ce cas précis, l’Espagnol avait subi un accident professionnel avant d’être licencié. Après avoir consulté l’agent conversationnel, il avait reçu une réponse catégorique : « Vous ne pouvez pas prétendre à une indemnisation après un licenciement. » Persuadé par cette affirmation, il n’avait pas engagé de recours.

Ce n’est que plus tard, en prenant contact avec un cabinet d’avocats spécialisé, qu’il a découvert qu’il pouvait effectivement faire valoir ses droits. Les professionnels du droit ont pu lui expliquer que son licenciement, survenu dans un délai rapproché après l’accident, pouvait être considéré comme abusif. Ils ont également souligné que les indemnités liées à un accident du travail restaient dues, indépendamment du licenciement.

« Les conseils automatisés ne remplacent pas l’expertise d’un professionnel », a précisé Me Elena Martinez, avocate en droit du travail à Madrid. « Dans ce cas, ChatGPT a fait une erreur d’interprétation des textes légaux espagnols. Un avocat aurait pu analyser les circonstances précises de l’accident et du licenciement pour déterminer la meilleure stratégie. » Elle ajoute que « les algorithmes peuvent fournir des réponses plausibles, mais ils ne garantissent ni leur exactitude ni leur adéquation à une situation particulière. »

L’affaire soulève des questions sur la fiabilité des outils d’IA dans le domaine juridique. Selon une étude publiée en 2025 par l’Université de Barcelone, près de 30 % des utilisateurs ayant recours à des assistants juridiques automatisés commettent des erreurs en interprétant les réponses fournies. Les experts rappellent que ces outils, bien que performants, ne peuvent remplacer une analyse humaine, surtout dans des contextes où les textes de loi et la jurisprudence jouent un rôle clé.

Et maintenant ?

Cette situation pourrait inciter les plateformes d’IA à renforcer les mises en garde concernant l’utilisation de leurs outils dans des domaines sensibles comme le droit. Plusieurs cabinets d’avocats espagnols ont déjà commencé à publier des mises en garde sur leurs sites, recommandant aux salariés de ne pas se fier exclusivement à des conseils automatisés en cas de litige professionnel. Une réflexion est également en cours au niveau européen pour encadrer l’utilisation de l’IA dans l’accès au droit, avec une possible directive prévue pour 2027.

Reste à voir si d’autres cas similaires émergeront, poussant les pouvoirs publics à intervenir plus directement. En attendant, cette affaire rappelle l’importance de croiser les sources et de consulter un professionnel lorsque les enjeux financiers ou juridiques sont importants.

Non. Les outils d’IA comme ChatGPT sont considérés comme des services automatisés et leur éditeur n’est pas juridiquement responsable des conseils fournis, sauf en cas de négligence avérée dans la conception de l’algorithme. En revanche, l’utilisateur reste responsable des conséquences de l’utilisation de ces outils, d’où l’importance de les considérer comme des compléments et non des substituts à un avis professionnel.