La wilaya de Jijel, dans le nord-est de l’Algérie, pleure plus de deux cents victimes des incendies qui ont ravagé la région fin août 2026. Selon nos confrères du Courrier International, les sinistres ont atteint une violence inédite, réduisant en cendres des zones forestières et des villages entiers. Les autorités locales ont enterré 39 corps dans une fosse commune à Jijel, en présence du Premier ministre, Sifi Ghrieb, dépêché sur place par le président Abdelmadjid Tebboune. À Djemaa Beni Habibi, une localité particulièrement touchée, le bilan s’élève à 73 morts.
Ces feux, concentrés sur la bande côtière et montagneuse du centre et de l’est du pays, ont frappé des zones densément peuplées. 80 % du territoire forestier de Jijel a été détruit, une région connue pour ses paysages verdoyants et son attractivité touristique. Les autorités algériennes assurent que la majorité des incendies ont été maîtrisés, mais le bilan humain et écologique continue de s’alourdir. Une journaliste spécialisée dans l’analyse des données, Nezha Khellaf, a recensé 200 morts en croisant les avis de décès, les publications des proches sur les réseaux sociaux et les listes locales, selon le site Twala. Ce chiffre, déjà dramatique, pourrait encore augmenter.
Ce qu'il faut retenir
- 200 morts recensés à ce stade, selon les données compilées par Nezha Khellaf via Twala, un chiffre provisoire qui pourrait s’alourdir
- 73 morts à Djemaa Beni Habibi, une localité particulièrement sinistrée, et 39 victimes enterrées en fosse commune à Jijel
- 80 % du territoire forestier de Jijel ravagé par les incendies, mettant en péril un écosystème clé pour l’Algérie
- Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a demandé le rétablissement de la peine de mort pour les pyromanes, actuellement sous moratoire depuis 1993
- Un appel aux dons lancé par le Croissant-Rouge algérien pour soutenir les régions de Skikda, Jijel et Annaba
Un bilan humain qui s’alourdit et des responsabilités pointées du doigt
Le 28 août 2026, les habitants de Jijel ont enterré leurs proches dans une atmosphère de deuil collectif. Le Premier ministre Sifi Ghrieb, envoyé sur place par le président Tebboune, a assisté aux funérailles. Les villages de la région, où la densité de population est élevée, ont payé un tribut particulièrement lourd. Selon le site Twala, les listes locales et les témoignages des proches indiquent que le bilan réel pourrait dépasser les 200 victimes. « Le bilan est loin d’être définitif », souligne le média, qui publie régulièrement des mises à jour des victimes.
Sur le terrain, les autorités locales et le Croissant-Rouge algérien ont lancé un appel aux dons pour venir en aide aux populations sinistrées. Des convois humanitaires se sont dirigés vers les régions de Skikda, Jijel et Annaba, où les besoins en nourriture, eau et soins médicaux restent immenses. Le drame révèle aussi des failles dans la gestion de la crise, selon des observateurs locaux. Le site Twala estime que ces incendies « révèlent la vulnérabilité des régions touchées » et met en lumière l’absence de coordination entre les niveaux locaux et nationaux.
« Il n’est plus possible d’attribuer au sommet le mérite de chaque initiative lorsque l’action réussit, puis de disperser les responsabilités lorsque la crise révèle des défaillances. »
— Twala, site d’information indépendant
Un drame écologique aux conséquences durables pour l’Algérie
Jijel n’est pas seulement une région endeuillée : c’est aussi le « poumon vert » de l’Algérie. Les incendies de fin août 2026 ont détruit 80 % de ses forêts, un écosystème essentiel pour la biodiversité et le tourisme. Selon le journal Le Provincial, « le préjudice écologique s’étendra encore sur des années ». Les fumées, les sols calcinés et la disparition d’espèces animales et végétales locales laisseront des traces bien au-delà des prochaines saisons.
Les experts s’accordent à dire que ces incendies, d’une intensité exceptionnelle, sont liés à des conditions climatiques extrêmes. La région, habituellement verdoyante, a subi des vagues de chaleur prolongées avant que les flammes ne se déclarent. Ces événements s’inscrivent dans une série de catastrophes climatiques qui touchent l’Algérie depuis plusieurs années, rappelant la nécessité d’adapter les politiques de prévention et de gestion des risques.
Peine de mort pour les pyromanes : une réponse politique forte mais controversée
Face à l’ampleur du désastre, le président Abdelmadjid Tebboune a durci le ton. Lors d’une visite à l’hôpital des grands brûlés de Zéralda le 29 août, il a déclaré : « Il y a quelque chose de criminel dans ces incendies. Que le feu démarre avec cette force, ce n’est pas normal. » Le 30 août, il a annoncé son intention de rétablir l’application de la peine de mort contre les pyromanes, actuellement suspendue depuis 1993 en Algérie.
Cette décision, bien que symboliquement forte, divise. Si elle vise à dissuader les actes de malveillance, certains observateurs soulignent que l’urgence immédiate réside dans l’indemnisation des victimes et la reconstruction des zones sinistrées. « La justice doit identifier les éventuels incendiaires, mais elle doit aussi établir, sans considération de rang ou de fonction, les responsabilités résultant de manquements dans la chaîne de prévention et de gestion de la crise », commente le site d’information TSA.
Les questions restent nombreuses : comment éviter de tels drames à l’avenir ? Les ressources allouées à la prévention des incendies seront-elles suffisantes ? Et surtout, le rétablissement de la peine de mort pour les pyromanes suffira-t-il à dissuader les actes criminels ? Autant de défis que l’Algérie devra relever dans les mois à venir.
Plusieurs facteurs expliquent l’ampleur du bilan humain. D’abord, les incendies se sont déclarés dans des zones densément peuplées, où les villages sont souvent encerclés par des forêts. Ensuite, les flammes se sont propagées avec une rapidité exceptionnelle en raison des conditions climatiques extrêmes (vagues de chaleur, vent fort). Enfin, l’accès difficile à certaines zones a retardé l’évacuation des populations, aggravant le bilan.
Le gouvernement algérien a promis un plan d’indemnisation pour les familles des victimes et les populations ayant tout perdu. Des convois humanitaires continuent d’acheminer des vivres et des soins dans les zones sinistrées. Par ailleurs, une commission d’enquête doit être mise en place pour établir les responsabilités et éviter de nouveaux drames.