Avec des températures records ayant dépassé les 42 °C à Vannes et 41 °C à Rennes au mois de juin, la Bretagne a connu un épisode de canicule sans précédent. Selon Reporterre, les conséquences pour le secteur de l’élevage ont été dramatiques : près de 5 000 tonnes de cadavres d’animaux ont dû être enfouis dans des sites dispersés à travers la région. Une situation qui illustre l’impact des vagues de chaleur extrême sur les élevages intensifs.
Ce qu’il faut retenir
- La Bretagne, première région française pour l’élevage, a subi des températures jamais enregistrées en juin, avec des pics à 42 °C à Vannes et 41 °C à Rennes.
- 5 000 tonnes de cadavres d’animaux ont été enfouies après avoir succombé à la chaleur, selon Reporterre.
- Les stations d’équarrissage, comme celles de Secanim, n’ont pas pu absorber le volume de dépouilles, contraignant les éleveurs à des solutions d’urgence.
- Cette crise révèle les limites des infrastructures face aux canicules récurrentes, un phénomène appelé à s’aggraver avec le changement climatique.
Un épisode de chaleur historique en Bretagne
Les 5 000 tonnes de cadavres d’animaux enfouis en Bretagne au cours du mois de juin s’inscrivent dans un contexte météorologique exceptionnel. Les données de Météo-France confirment que les températures ont battu des records dans plusieurs villes bretonnes. À Vannes, le thermomètre a atteint 42 °C, tandis qu’à Rennes, le seuil des 41 °C a été franchi – des valeurs inédites pour un mois de juin. Autant dire que la Bretagne, région concentrant le plus grand nombre d’élevages porcins et avicoles de France, n’a pas été épargnée.
Des stations d’équarrissage saturées, des éleveurs en détresse
Dès les premiers jours de canicule, les stations d’équarrissage, chargées de traiter les cadavres d’animaux issus des élevages, se sont retrouvées dans l’incapacité d’absorber le volume de dépouilles. Secanim, l’entreprise agréée par l’État pour cette mission, a rapidement atteint ses limites. « Les capacités d’accueil étaient dépassées, et les délais d’enlèvement se sont allongés », explique un responsable de l’entreprise cité par Reporterre. Face à cette situation, les éleveurs n’ont eu d’autre choix que d’enfouir les cadavres sur place ou dans des sites dédiés, faute de solutions alternatives.
Un secteur sous tension, fragilisé par les aléas climatiques
La Bretagne compte plus de 12 000 élevages, dont une majorité dédiée à la production porcine et avicole. Or, ces filières sont particulièrement vulnérables aux vagues de chaleur, les animaux supportant mal des températures dépassant les 30 °C sur de longues périodes. « Les pertes sont colossales, tant sur le plan économique qu’en termes de bien-être animal », souligne un représentant du syndicat agricole Jeunes Agriculteurs. Les éleveurs doivent désormais faire face à des coûts supplémentaires pour évacuer les cadavres, alors que leurs marges sont déjà mises à rude épreuve.
Cette situation met en lumière les défis croissants auxquels est confronté l’élevage breton, pris en étau entre les impératifs économiques et les contraintes environnementales. Alors que les températures continuent de grimper, la question de la viabilité à long terme de ces modèles intensifs se pose avec une urgence accrue.
Selon Reporterre, les élevages porcins et avicoles ont été les plus affectés, représentant la majorité des 5 000 tonnes de cadavres enfouis. Les volailles, notamment les poulets de chair, sont particulièrement sensibles aux températures extrêmes.