Alors que la France subit des températures records à la fin juin 2026, certaines pratiques agricoles prennent tout leur sens. Selon Ouest France, des agriculteurs mettent en avant les bénéfices concrets des haies plantées sur leurs exploitations pour atténuer les effets de la canicule.
Ce qu'il faut retenir
- Les haies offrent de l’ombre et une légère fraîcheur malgré les températures extrêmes.
- Les agriculteurs interrogés soulignent leur rôle dans le bien-être des animaux et des cultures.
- Ces plantations, souvent négligées, gagnent en importance face aux épisodes caniculaires répétés.
- Les haies agissent comme des brise-vent et favorisent la biodiversité.
Des haies qui protègent malgré la canicule
Avec des températures dépassant les records saisonniers à la fin juin 2026, les haies deviennent des alliées indispensables pour les agriculteurs. Même si elles ne suffisent pas à protéger entièrement les animaux de la chaleur intense, elles apportent une ombre salvatrice et une sensation de fraîcheur. « Les vaches se regroupent sous les haies dès midi pour échapper aux rayons du soleil », explique Jean Martin, éleveur en Bretagne. Un témoignage parmi d’autres qui illustre l’utilité de ces plantations, souvent sous-estimées.
Des bénéfices concrets pour les exploitations
Les agriculteurs interrogés par Ouest France confirment que les haies jouent un rôle multiple. Elles limitent l’érosion des sols, abritent une faune auxiliaire et réduisent l’évaporation de l’eau dans les parcelles. « Une haie bien entretenue peut faire baisser la température de 2 à 3°C au niveau du sol », précise Sophie Leroy, agricultrice en Normandie. Ces observations s’ajoutent à celles des chercheurs, qui soulignent depuis des années l’intérêt agroécologique de ces structures linéaires.
Autant dire que leur utilité dépasse largement le simple cadre paysager. Pour les éleveurs, elles représentent aussi un rempart contre le stress thermique des animaux, un enjeu crucial en période de canicule. « Quand les vaches sont en souffrance, leur production laitière chute. Les haies atténuent ce phénomène », ajoute Jean Martin.
Une pratique ancienne remise au goût du jour
Les haies ne sont pas une innovation récente. Utilisées depuis des siècles pour délimiter les parcelles, elles avaient progressivement disparu avec la mécanisation de l’agriculture. Pourtant, face aux défis climatiques actuels, elles reviennent sur le devant de la scène. « On replante des haies depuis cinq ans, et les résultats sont là », témoigne Sophie Leroy. Les agriculteurs soulignent aussi le soutien des politiques publiques, comme les aides à la plantation dans le cadre des mesures agroenvironnementales.
Les haies sont d’ailleurs encouragées par la Pac (Politique agricole commune) pour leur rôle dans la préservation de la biodiversité et la lutte contre l’érosion. « C’est un investissement à long terme, mais qui porte ses fruits », confirme l’agricultrice.
« Les haies sont devenues un outil de résilience face au changement climatique. Sans elles, nos exploitations seraient encore plus vulnérables. »
— Sophie Leroy, agricultrice en Normandie
Pour l’heure, les services de l’État et les chambres d’agriculture continuent de promouvoir ces solutions, dans l’attente d’une éventuelle intégration dans les prochains plans climatiques.
Les agriculteurs peuvent bénéficier d’aides dans le cadre de la Pac (Politique agricole commune) ou des programmes régionaux dédiés à l’agroécologie. Ces subventions couvrent jusqu’à 80 % des coûts de plantation sous certaines conditions.