La cour d’appel de Poitiers a confirmé, mercredi 1er juillet 2026, une partie des condamnations prononcées à l’encontre de quatre organisateurs de la manifestation contre les mégabassines de Sainte-Soline, survenue le 25 mars 2023 dans les Deux-Sèvres, comme le rapporte Reporterre.
Ce qu'il faut retenir
- Six mois de prison avec sursis pour Julien Le Guet, co-porte-parole de l’association Bassines non merci.
- Trois mois de prison avec sursis pour Benoît Feuillu, membre des Soulèvements de la Terre.
- Une interdiction de port d’arme prononcée contre les deux hommes.
- La décision de la cour d’appel de Poitiers porte uniquement sur une partie des condamnations initiales.
- La manifestation de Sainte-Soline avait réuni des milliers de personnes pour protester contre le projet de construction de mégabassines.
Une décision judiciaire attendue
Le 1er juillet 2026, la cour d’appel de Poitiers a statué sur les recours formés par quatre organisateurs de la manifestation du 25 mars 2023 à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres. Parmi eux, Julien Le Guet, co-porte-parole de l’association Bassines non merci, et Benoît Feuillu, militant des Soulèvements de la Terre, ont vu leurs condamnations partiellement confirmées. Selon Reporterre, le premier écope de six mois de prison avec sursis, tandis que le second doit purger trois mois de la même peine.
Outre la condamnation à une peine de prison, les deux hommes se voient également interdire le port d’arme pour une durée déterminée. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’un procès initié après les violences qui avaient marqué la manifestation de 2023, opposant les opposants aux mégabassines aux forces de l’ordre. Les organisateurs avaient alors dénoncé une répression disproportionnée.
Un contexte de tensions persistantes autour des mégabassines
La manifestation de Sainte-Soline, organisée en mars 2023, s’inscrivait dans le cadre d’une opposition massive au projet de construction de seize mégabassines en Deux-Sèvres et dans les départements voisins. Ces infrastructures, destinées au stockage d’eau pour l’agriculture intensive, avaient cristallisé les tensions entre partisans du projet, souvent soutenus par les autorités locales, et ses détracteurs, qui y voyaient une menace pour les ressources en eau et les écosystèmes locaux.
Selon les organisateurs, la manifestation avait rassemblé entre 30 000 et 60 000 personnes, un chiffre contesté par les autorités. Les affrontements avec les forces de l’ordre avaient conduit à l’interpellation de centaines de manifestants et à des condamnations ultérieures. Parmi les organisateurs poursuivis, certains avaient déjà écopé de peines de prison ferme lors du premier procès, en 2024. La décision de la cour d’appel de Poitiers confirme donc partiellement les condamnations initiales, sans pour autant trancher l’intégralité des recours.
Des réactions contrastées dans le camp des opposants
Côté militants, la décision de la cour d’appel a suscité des réactions mitigées. Benoît Feuillu a déclaré à Reporterre : « Cette condamnation est une nouvelle tentative de museler la contestation écologique. Nous continuerons à nous battre contre ce projet destructeur pour nos territoires. » De son côté, Julien Le Guet a souligné : « La justice confirme une fois de plus que la répression est la réponse privilégiée de l’État face à la mobilisation citoyenne. »
Les associations impliquées dans la lutte contre les mégabassines, telles que Bassines non merci ou les Soulèvements de la Terre, ont réaffirmé leur détermination à poursuivre le combat. Pour elles, cette condamnation illustre une stratégie plus large de criminalisation des mouvements écologistes, une accusation régulièrement formulée par les défenseurs des droits humains et de l’environnement.
Cette décision judiciaire intervient alors que le débat sur la gestion de l’eau en France s’intensifie, notamment dans un contexte de changement climatique. Les mégabassines, symboles d’un modèle agricole controversé, restent au cœur des discussions sur l’avenir des ressources hydriques et de la transition écologique.
La cour d’appel de Poitiers a examiné les recours formés par les quatre organisateurs condamnés en première instance. Certaines peines ont été confirmées, tandis que d’autres pourraient faire l’objet d’un nouvel examen ou d’un pourvoi en cassation. La décision ne porte donc pas sur l’intégralité des condamnations initiales, mais seulement sur les éléments contestés par les appelants.