À compter de ce mercredi 9 juillet 2026, les parents d’enfants nés depuis le 1er janvier 2026 peuvent désormais bénéficier d’un nouveau congé de naissance, a annoncé Emmanuel Macron en janvier 2024 dans le cadre d’une réforme visant à soutenir la natalité en France. Selon BFM Business, cette mesure permet à chaque parent de prendre un ou deux mois supplémentaires après le congé maternité et paternité, indemnisés à hauteur de 70 % du salaire net le premier mois, puis 60 % le second.

Ce qu'il faut retenir

  • Le nouveau congé de naissance s’ajoute aux congés maternité (16 semaines) et paternité (4 semaines) pour les parents d’enfants nés à partir du 1er janvier 2026.
  • Chaque parent peut prendre un ou deux mois, simultanément ou en alternance, avec une indemnisation de 70 % du salaire net le premier mois et 60 % le second.
  • Cette réforme, présentée comme un « réarmement démographique », vise à faciliter la conciliation entre vie professionnelle et familiale.
  • Les associations féministes critiquent une indemnisation jugée insuffisante, susceptible de décourager les pères de prendre ce congé.

Une mesure attendue par les jeunes parents

Pour Angela, 30 ans, coiffeuse à Rennes, le nouveau congé de naissance tombe à point nommé. Son congé maternité s’achevant fin juin, elle enchaînera directement avec deux mois de congé de naissance. « Mon fils est si petit, l’idée de le confier à deux mois et demi me donnait la nausée », confie-t-elle à l’AFP, citée par BFM Business. Malgré une perte de salaire, elle se réjouit de pouvoir assister aux premiers « areuh » et à l’apparition des premières dents. Son mari, quant à lui, ne prendra qu’un seul mois, par souci financier.

Célia, 26 ans, caissière en Occitanie et mère d’un deuxième enfant né en février, partage son expérience. Pour éviter un mois de travail avant de prendre le congé de naissance, son médecin lui a prescrit un congé pathologique et un arrêt maladie. « C’était compliqué et stressant de s’organiser », explique-t-elle. L’indemnisation de 60 % de son salaire, bien que supérieure au congé parental actuel (environ 450 euros mensuels), reste modeste à ses yeux.

Des débuts perturbés par des incertitudes administratives

Marie-Anne, 37 ans, infirmière en Bretagne, fait partie des premiers parents à bénéficier de ce nouveau dispositif. Le décret précisant les règles n’ayant été publié que le 31 mai, elle a dû gérer une période d’incertitude, multipliant les échanges avec sa direction. Finalement, après son congé maternité, elle a combiné des jours de récupération et de congés pour entamer son congé de naissance début juillet. « Une chance de récupérer physiquement et mentalement », souligne-t-elle, tout en reconnaissant que les premiers bénéficiaires « essuient les plâtres ».

Marie, cadre logistique de 30 ans, n’a pas pu en profiter malgré son éligibilité. Son congé maternité s’étant terminé avant juillet, elle a opté pour un congé parental à temps plein. Elle souhaite désormais le poursuivre à temps partiel à son retour en septembre, mais ne peut scinder ce congé pour prendre le congé de naissance. « C’est frustrant pour moi, mais c’est super pour les futurs parents », admet-elle avec philosophie.

Des mesures transitoires pour les parents d’enfants nés en début d’année

Le gouvernement a mis en place des « mesures transitoires spécifiques » pour les parents dont l’enfant est né entre le 1er janvier et le 30 juin 2026. Ces derniers disposent d’un délai plus long pour démarrer leur congé et peuvent, à titre exceptionnel, cumuler leur indemnité avec le complément du libre choix du mode de garde (CMG), une aide financière pour les familles employant une assistante maternelle. Rémy, 42 ans, consultant en Île-de-France, illustre ce cas : il maintient le contrat avec sa nounou tout en prenant un mois de congé de naissance. « Je ne voulais pas rater ce moment, j’ai envie de profiter de mes garçons », explique-t-il. Plutôt que de prendre le second mois, il prolongera son absence en août avec trois semaines de congés pour limiter la perte de salaire.

Un outil de conciliation vie familiale-vie professionnelle, mais des critiques sur l’égalité femmes-hommes

Avec cette réforme, l’exécutif souhaite renforcer l’implication des deux parents dans l’accueil de l’enfant et faciliter la conciliation entre vie professionnelle et familiale. Pourtant, les associations féministes, comme Nous Toutes, se déclarent « déçues » par une mesure qualifiée de « minimaliste ». Nahilé de Nous Toutes met en garde : « Vu le montant de l’indemnisation, dans les couples, ce sera la personne au plus faible revenu qui prendra le congé, donc la femme ». Une analyse qui rappelle que l’égalité salariale et la répartition des congés restent des enjeux majeurs.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront de l’évaluation de cette réforme, prévue pour 2027. Si son impact sur la natalité et l’équilibre familial se révèle positif, d’autres ajustements pourraient être envisagés. En attendant, les parents concernés devront continuer à s’organiser autour de ces nouvelles dispositions, dans un contexte où les incertitudes administratives ont déjà marqué les premiers mois d’application.

Pour rappel, cette mesure s’inscrit dans une série d’initiatives gouvernementales visant à soutenir les familles, alors que la France enregistre un déclin démographique marqué depuis plusieurs années.

Le congé de naissance est accessible à tous les parents (mères et pères) d’un enfant né ou dont la naissance était prévue à partir du 1er janvier 2026. Il s’ajoute aux congés maternité (16 semaines) et paternité (4 semaines) déjà existants.

Le premier mois est indemnisé à 70 % du salaire net, et le second mois à 60 %. Cette indemnisation est versée par la Sécurité sociale, sous conditions de cotisations suffisantes. Les parents dont le salaire est inférieur à un certain plafond peuvent prétendre à une indemnisation minimale.