Le gouvernement peut compter sur le soutien des géants de l'agroalimentaire pour son projet de consigne des bouteilles plastiques. Selon BFM Business, le Syndicat des boissons sans alcool (SBSA), qui regroupe des entreprises comme Coca-Cola, Orangina, PepsiCo, Red Bull, Tropicana, Lorina ou Nestlé Waters, s'est déclaré « très impliqué et en soutien » à cette initiative relancée fin mai par l'exécutif.
Ce qu'il faut retenir
- Le SBSA, représentant les grands acteurs du secteur, soutient le projet gouvernemental de consigne pour recyclage des bouteilles plastiques, qualifié de « greenwashing » par ses détracteurs.
- Les élus locaux et associations environnementales dénoncent un système de « consigne » qui ne prévoit pas de réemploi des bouteilles, mais seulement leur recyclage.
- Un décret doit être présenté d'ici mars 2027, avec une mise en œuvre obligatoire au 1er janvier 2029 si les objectifs de recyclage ne sont pas atteints.
- Le projet coûterait environ 1 milliard d'euros aux metteurs en marché, selon Inès Boulant, directrice générale du SBSA.
- Les élus locaux menacent de suspendre le paiement de la Taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) si le gouvernement maintient son projet.
Un projet gouvernemental soutenu par l'industrie, mais contesté par les élus locaux
Le Syndicat des boissons sans alcool (SBSA) a confirmé mardi 30 juin, via l'AFP, son « plein engagement » dans la démarche de « coconstruction » du projet de consigne des bouteilles plastiques, lancé par Emmanuel Macron fin mai. « Les vendeurs des bouteilles destinées à devenir des déchets plastiques sont pleinement engagés dans cette démarche », a précisé Inès Boulant, directrice générale du syndicat, lors d'une réunion de concertation organisée par le ministère de la Transition écologique.
Ce projet, qui vise à améliorer le taux de recyclage des bouteilles en plastique et des canettes – seulement 58,4 % en 2024 contre un objectif de 90 % –, suscite une vive opposition. Plusieurs associations d'élus locaux, rejointes par des ONG environnementales comme France Nature Environnement (FNE), Zero Waste France, le Cercle national du recyclage ou Federrec, dénoncent un système qu'ils qualifient de « greenwashing ». « Ce n'est pas un système de consigne pour réemploi, mais un dispositif qui va permettre aux industriels de récupérer ces bouteilles pour produire encore plus de plastique », a critiqué Axèle Gibert, représentante de FNE.
Les élus locaux prêts à un « bras de fer » contre le gouvernement
Les représentants des collectivités locales, inquiets de voir 400 millions d'euros de recettes liées à la revente des matériaux à recycler transférés aux grands industriels, ont quitté la réunion de concertation organisée mardi par le ministère. « Nous ne nous laisserons pas faire contre cette absurdité », a lancé Jean-François Vigier, vice-président de l'Association des maires de France (AMF) et maire de Bures-sur-Yvette (Essonne).
Ces élus, qui menacent de suspendre le paiement de la Taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), espèrent que le Premier ministre Sébastien Lecornu, élu local en Normandie, prendra la mesure de leurs craintes. « Nous nous en remettons à lui et à sa qualité d'élu local », a indiqué Jean-François Vigier, président du Syndicat mixte des ordures ménagères (Siom), qui gère les déchets de 21 communes du sud de Paris.
Un décret attendu pour mars 2027 et une mise en œuvre obligatoire en 2029
Le gouvernement prévoit de présenter un décret sur la consigne d'ici mars 2027, avec une application obligatoire au 1er janvier 2029 si les objectifs de recyclage ne sont pas atteints. « Il faut deux ans de préparation pour mettre en œuvre un système de consigne », a souligné Inès Boulant, estimant que la réunion de mardi avait été « très complète » et avait « permis de rentrer dans le fond des sujets à arbitrer ».
Selon elle, le dispositif coûterait « à peu près 1 milliard d'euros » aux metteurs en marché. Les associations de collectivités craignent que cette somme soit répercutée sur les consommateurs. Interrogée sur le départ des associations de la concertation, Inès Boulant a indiqué espérer leur retour « dans les prochaines semaines », soulignant que « tout le monde a intérêt collectivement à ce que la consigne soit mise en place, car elle sera obligatoire en vertu d'un règlement européen ».
Le ministre de la Transition écologique regrette l'absence des associations à la concertation
Sur le réseau social X, le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a regretté « le choix fait par les associations de représentants d'élus de ne pas accepter la concertation » proposée par le gouvernement. Il a appelé au « dialogue », tout en rappelant que « le taux de collecte et de recyclage des bouteilles en plastique et des canettes n'était que de 58,4 % en 2024, contre un objectif de 90 % ».
« La mise en œuvre de la consigne pour recyclage sera obligatoire au 1er janvier 2029 », a-t-il rappelé, insistant sur la nécessité d'atteindre ces objectifs pour éviter des sanctions européennes.
Quoi qu'il en soit, l'enjeu reste de taille : atteindre un taux de recyclage de 90 % pour les bouteilles en plastique et les canettes, sous peine de voir s'appliquer des mesures contraignantes imposées par Bruxelles.
Ils dénoncent un système qui, selon eux, ne prévoit pas de réemploi des bouteilles, mais seulement leur recyclage. De plus, ils craignent que les recettes liées à la revente des matériaux à recycler (400 millions d'euros) ne profitent aux grands industriels plutôt qu'aux collectivités locales.
Le gouvernement prévoit de présenter un décret d'ici mars 2027, avec une application obligatoire au 1er janvier 2029 si les objectifs de recyclage ne sont pas atteints.