Alors que les cours mondiaux du cacao enregistrent un rebond marqué, la Côte d’Ivoire a choisi de maintenir inchangé le prix minimum garanti aux producteurs pour la nouvelle campagne. Comme l’a indiqué mardi 1er septembre 2026 le ministre ivoirien de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, le kilogramme de cacao sera toujours acheté à 1 200 francs CFA au bord des champs, un tarif identique à celui de la campagne précédente qui s’est achevée il y a quelques semaines.
Cette annonce a été faite à l’occasion de l’ouverture de la 10e édition des Journées nationales du cacao et du chocolat, un événement dédié à la filière qui rassemble chaque année producteurs, industriels et experts. Selon nos confreres de RFI, cette décision s’inscrit dans une stratégie visant à préserver la stabilité du secteur, malgré les fluctuations récentes des prix sur les marchés internationaux.
Ce qu'il faut retenir
- Le prix minimum bord champ du kilogramme de cacao reste fixé à 1 200 francs CFA pour la campagne 2026-2027.
- Cette décision a été officiellement annoncée par le ministre ivoirien de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, lors de l’ouverture des Journées nationales du cacao et du chocolat le 1er septembre 2026.
- Le maintien de ce tarif intervient alors que les cours mondiaux du cacao connaissent une hausse significative.
Un choix stratégique malgré la remontée des cours
L’ajustement à la hausse des cours du cacao sur les marchés internationaux pourrait laisser penser à une revalorisation des revenus des producteurs. Pourtant, Abidjan a opté pour la continuité. Bruno Nabagné Koné a justifié cette position en soulignant l’importance de « sécuriser les moyens de subsistance des planteurs » et de « garantir une transition progressive vers des prix plus rémunérateurs ».
Cette stabilité tarifaire s’accompagne d’un engagement à soutenir la filière via des mécanismes de compensation, notamment pour les producteurs les plus vulnérables. Le ministre a rappelé que cette politique s’inscrit dans le cadre du Plan cacao durable ivoirien, lancé en 2019 pour moderniser la production et améliorer les revenus des agriculteurs.
Des défis persistants pour la filière
Malgré cette mesure, le secteur reste confronté à des enjeux majeurs. La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao avec une part de marché estimée à 40 %, doit composer avec des coûts de production élevés et une pression accrue pour une production plus respectueuse de l’environnement. Les Journées nationales du cacao et du chocolat devraient justement aborder ces questions, avec des ateliers dédiés à l’agroforesterie et à la lutte contre la déforestation illégale.
Par ailleurs, les producteurs locaux restent sensibles aux variations des cours, même si la fixation d’un prix plancher limite leur exposition aux aléas du marché. « Nous avons fait le choix de la stabilité pour éviter les chocs brutaux », a précisé le ministre, tout en reconnaissant que « cette mesure ne suffira pas à résoudre tous les défis structurels de la filière ».
Cette stabilité tarifaire laisse également planer des interrogations sur la compétitivité de la Côte d’Ivoire face à ses concurrents, comme le Ghana ou l’Équateur, où les prix d’achat peuvent varier selon les campagnes. Enfin, la question de la transparence dans la redistribution des revenus aux producteurs devrait revenir au cœur des débats lors des prochaines assises de la filière.