Deux personnalités proches de l’opposition ivoirienne, Lida Kouassi et Ibrahim Zigui, ont été libérées après des mois de détention, annonce RFI. Tous deux figuraient parmi les figures emprisonnées avant l’élection présidentielle d’octobre 2025. Lida Kouassi, cadre du Parti des peuples africains – Côte d'Ivoire (PPA-CI), parti de l’ex-président Laurent Gbagbo, était notamment poursuivi pour « acte de terrorisme ». Ibrahim Zigui, cyber-activiste réputé proche de l’opposition, avait quant à lui été condamné en mai 2025 à cinq ans de prison ferme pour « trouble à l’ordre public ».
Ce qu'il faut retenir
- Lida Kouassi, cadre du PPA-CI et ancien ministre sous Laurent Gbagbo, a été libéré après une détention liée à une accusation de « terrorisme ».
- Ibrahim Zigui, cyber-activiste, purgeait une peine de cinq ans de prison pour « trouble à l’ordre public » avant d’être libéré.
- Tous deux étaient incarcérés au pôle pénitentiaire d’Abidjan avant leur remise en liberté.
- Malgré ces libérations, le PPA-CI affirme que plusieurs de ses cadres et militants restent encore détenus.
Une détention liée à un contexte politique tendu
Les arrestations de Lida Kouassi et Ibrahim Zigui sont intervenues dans un contexte préélectoral marqué par une forte polarisation politique en Côte d’Ivoire. Le scrutin présidentiel d’octobre 2025 avait vu s’affronter plusieurs figures de l’opposition, dont Laurent Gbagbo, dont le parti, le PPA-CI, est aujourd’hui en première ligne pour dénoncer les arrestations arbitraires. La détention de Kouassi pour « acte de terrorisme » avait suscité des interrogations sur la politisation des poursuites judiciaires.
Quant à Ibrahim Zigui, son engagement actif sur les réseaux sociaux en faveur de l’opposition lui avait valu une condamnation ferme en mai 2025. Son cas illustre la répression ciblée des voix critiques envers le pouvoir en place à cette période.
Le PPA-CI exige la libération des autres détenus politiques
Dès leur libération, le PPA-CI a réagi en exigeant la libération des autres cadres et militants encore incarcérés. « Nous saluons la libération de nos camarades, mais cela ne doit pas faire oublier que d’autres restent derrière les barreaux », a déclaré un porte-parole du parti. Le collectif dénonce une justice instrumentalisée et demande la révision des dossiers de plusieurs de ses membres.
Cette libération partielle intervient alors que des organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International, avaient déjà pointé du doigt les conditions de détention et les procédures judiciaires jugées opaques. RFI rappelle que la Côte d’Ivoire a été critiquée à plusieurs reprises pour l’utilisation de la détention provisoire prolongée dans des affaires politiques.
« La libération de Lida Kouassi et Ibrahim Zigui est une avancée, mais elle reste insuffisante tant que des dizaines d’autres militants restent enfermés. »
— Un cadre du PPA-CI, sous couvert d’anonymat
Pour l’instant, le gouvernement ivoirien n’a pas réagi publiquement à ces appels. La question de la réconciliation nationale, souvent évoquée depuis l’élection de 2025, pourrait se trouver au cœur des débats dans les prochains mois. Les observateurs attendent avec attention les prochaines décisions judiciaires et les gestes politiques qui pourraient apaiser les tensions.