Alors que la Coupe du monde 2026 bat son plein aux États-Unis, au Canada et au Mexique, les critiques envers Gianni Infantino, président de la FIFA, s’intensifient. Selon RMC Sport, l’ONG de défense des droits humains FairSquare a annoncé, mercredi 8 juillet 2026, son intention de saisir la commission d’éthique du Comité international olympique (CIO) d’une plainte visant les « violations répétées de la neutralité politique » par le dirigeant du football mondial.

Cette initiative intervient dans un contexte où les liens entre Gianni Infantino et Donald Trump, président des États-Unis, sont particulièrement scrutés. En février 2026, le CIO avait déjà été interpellé après la présence d’Infantino au « Conseil de paix » convoqué par Trump, coiffé d’une casquette arborant les mentions « USA » et « 45-47 », en référence aux deux mandats du président républicain. À l’époque, un porte-parole du CIO avait justifié cette participation en soulignant le rôle de la FIFA dans le développement du sport à Gaza, sans évoquer explicitement le couvre-chef controversé.

Ce qu'il faut retenir

  • L’ONG FairSquare a annoncé, mercredi 8 juillet 2026, le dépôt d’une plainte contre Gianni Infantino auprès de la commission d’éthique du CIO pour « violations répétées de la neutralité politique ».
  • Cette démarche s’inscrit dans un contexte de proximité affichée entre Infantino et le président américain Donald Trump, notamment lors d’événements publics.
  • En février 2026, le CIO avait déjà été saisi d’une polémique liée à la participation d’Infantino à un « Conseil de paix » organisé par Trump, sans que des sanctions ne soient prises.
  • FairSquare avait également déposé une plainte similaire devant la commission d’éthique de la FIFA en décembre 2025, sans qu’aucune enquête n’ait été ouverte à ce jour.
  • Le serment des membres du CIO, dont fait partie Infantino, impose une « indépendance totale vis-à-vis des intérêts commerciaux et politiques », selon la Charte olympique.

Une plainte motivée par des entorses répétées à la neutralité politique

Selon RMC Sport, FairSquare justifie sa plainte par les « violations répétées de la neutralité politique » commises par Gianni Infantino, notamment à travers ses déclarations et ses prises de position en faveur des politiques intérieures de Donald Trump. L’ONG rappelle que le serment des membres du CIO, inscrit dans la Charte olympique, exige une totale indépendance par rapport aux intérêts politiques ou commerciaux. Or, ces dernières années, Infantino a multiplié les gestes symboliques en faveur du président américain, comme sa présence remarquée lors du « Conseil de paix » de février 2026.

À cette occasion, le porte-parole du CIO avait minimisé la polémique en déclarant : « Nous comprenons que la FIFA soutient, à travers le football, un vaste programme d’investissement pour la relance du sport à Gaza, en Palestine, en apportant des infrastructures sportives, des actions éducatives et des projets de développement de haut niveau ». Cette déclaration avait éludé la question du couvre-chef porté par Infantino, qui avait choqué une partie de l’opinion publique.

Les relations entre Infantino et Trump au cœur des critiques

Les tensions autour des relations entre Gianni Infantino et Donald Trump ne sont pas nouvelles. En juin 2026, la proximité entre les deux hommes s’est encore illustrée par un appel téléphonique passé par Trump à Infantino, quelques jours avant que la FIFA ne lève la suspension infligée à l’attaquant américain Folarin Balogun. Interrogée sur ce sujet lors d’une conférence de presse, la présidente du CIO, Kirsty Coventry, avait alors répondu : « À ma connaissance, la commission d’éthique n’a reçu aucune plainte à ce sujet. Évidemment, si elle en recevait, elle se pencherait dessus ». Elle avait également rappelé que « toute personne peut transmettre des informations sur un soupçon de manquement aux principes éthiques de l’organisation ».

Cette réponse laisse entendre que le CIO pourrait être amené à examiner les faits si une plainte formelle lui était adressée. Pour l’heure, aucune enquête n’a été ouverte, malgré les appels répétés à la transparence émanant de plusieurs ONG et fédérations sportives.

FairSquare multiplie les actions contre Infantino

Cette plainte déposée auprès du CIO s’ajoute à une première initiative de FairSquare, qui avait saisi en décembre 2025 la commission d’éthique de la FIFA. L’ONG accusait alors Gianni Infantino d’avoir enfreint à plusieurs reprises le principe de neutralité politique, pourtant inscrit dans les statuts de l’instance dirigeante du football. À ce jour, FairSquare indique qu’« aucune enquête n’a été ouverte » sur cette plainte, malgré l’urgence que l’organisation prétend donner à la situation.

Cette multiplication des actions contre Infantino reflète une défiance croissante envers sa gestion, perçue comme trop alignée sur des intérêts politiques ou économiques. FairSquare, rejointe en juin 2026 par la fédération norvégienne de football, semble déterminée à faire pression sur les instances dirigeantes pour obtenir des clarifications sur la conduite du président de la FIFA.

Un débat récurrent sur l’éthique dans le sport

Cette affaire intervient dans un contexte où la question de l’éthique dans le sport est de plus en plus discutée. Le CIO, comme la FIFA, se retrouve sous le feu des projecteurs pour son manque de fermeté présumé face aux violations des principes de neutralité et d’indépendance. Pourtant, la Charte olympique est claire : les membres du CIO doivent agir « indépendamment des intérêts commerciaux et politiques ». Une règle qui, dans les faits, semble souvent contournée, comme en témoignent les controverses récurrentes autour des liens entre dirigeants sportifs et personnalités politiques.

Les récentes polémiques autour de la Coupe du monde 2026, marquées par des accusations d’arbitrage biaisé et des protestations de fédérations comme celle de l’Égypte, ont encore accru la pression sur les instances dirigeantes. Si les règles éthiques ne sont pas respectées, c’est toute la crédibilité du sport mondial qui pourrait être remise en cause.

Et maintenant ?

La commission d’éthique du CIO dispose désormais d’un délai pour examiner la plainte déposée par FairSquare. Selon les statuts du CIO, toute personne peut transmettre des informations sur un manquement présumé aux principes éthiques, ce qui ouvre la voie à une possible enquête. Si une procédure est engagée, ses conclusions pourraient être rendues d’ici quelques semaines, voire quelques mois. Par ailleurs, la FIFA, déjà saisie par FairSquare en décembre 2025, pourrait également être contrainte de se prononcer sur les agissements de son président.

Enfin, la proximité affichée entre Gianni Infantino et Donald Trump pourrait donner lieu à de nouvelles interpellations, notamment lors des prochains sommets internationaux où les deux hommes pourraient se retrouver. La Coupe du monde 2026, qui se poursuit jusqu’au 19 juillet, restera sous haute surveillance médiatique et judiciaire.

Reste à voir si ces pressions aboutiront à des sanctions ou à des réformes structurelles au sein des instances dirigeantes du sport mondial. Une chose est sûre : la question de l’éthique et de la neutralité politique dans le football et au-delà ne pourra plus être ignorée.

FairSquare accuse Gianni Infantino de « violations répétées de la neutralité politique », notamment à travers ses prises de position en faveur des politiques intérieures de Donald Trump et sa participation à des événements organisés par le président américain, comme le « Conseil de paix » de février 2026. L’ONG s’appuie sur le serment des membres du CIO, qui impose une indépendance totale par rapport aux intérêts politiques.

Si une enquête est ouverte, le CIO ou la FIFA pourraient théoriquement sanctionner Infantino pour manquement à l’éthique. Les sanctions possibles vont de l’avertissement à la suspension, voire à la destitution dans les cas les plus graves. Cependant, aucune procédure n’a encore abouti à ce jour, malgré les multiples plaintes déposées par FairSquare.